voyage zero déchet

Voyager et réduire ses déchets

Comment faire pour créer un minimum de déchets lors d’un road trip ou un voyage sac sur le dos ? L’écologie n’as pas de frontières, ce que l’on jète ici se ressent à l’autre bout du monde. Et donc ce que l’on ne produit / jète pas aussi. Si à titre personnel, je me suis lancée dans cette démarche qui à pour but de tendre vers le « zéro déchet », il s’agit de l’appliquer autant que possible lors de mes voyages. Car ce que je réduis chez moi n’a pas d’intérêt si je le créé ailleurs. La démarche est globale et à l’échelle de la planète.

Pourtant, voyager peut largement décourager ce que vous vous acharnez à faire chez vous. Quand vous en êtes à fabriquer vous même votre dentifrice pour éviter de jeter un tube en plastique tous les 4 mois et que vous longez des routes jonchées de bouteilles et de sacs plastiques, il y a de quoi être découragé. Et pourtant, il faut tenir, faire de la pédagogie, expliquer, tenter de convaincre… Se dire qu’il y autant, voir plus, de déchets chez nous sauf qu’ils sont enfouis, à l’abri des regards. Une manière de les ignorer alors qu’ils s’amoncellent.

Quelques actions simples peuvent pourtant réduire votre impact sur place et aider, à votre échelle, un peu cette planète.

L’EAU :

Qu’elle ne fut pas ma déception quand j’ai lu sur le blog d’un célèbre videaste voyage, que j’apprécie, qu’il n’est pas nécessaire de s’encombrer d’une gourde en voyage car « il suffit d’acheter des bouteilles d’eau sur place »… Car c’est bien l’inverse qu’il faut faire ! La gourde, ou poche à eau, est l’accessoire primordial d’un voyage « zéro déchet ». Je n’ai jamais acheté de bouteille d’eau en France, ce n’est pas à l’étranger que je vais commencer… L’idéal, c’est la gourde pliable : elle ne pèse RIEN, s’enroule et se clips avec un boutons pression pour ne prendre aucune place, et le best, elle a un mousqueton pour l’accrocher à la ceinture (idéal pour la rando, l’escalade, le canyoning… – cf photo ci dessous). La mienne est en plus BPA free 😉 Il n’y a plus qu’à remplir votre gourde chaque matin avant de partir en vadrouille !

jordanie

Concernant les pays où l’eau n’est pas potable, il est possible de filtrer l’eau avant de la boire via différentes méthodes. Afin de limiter les risques, quelques conseils :

  • Prélevez l’eau la plus claire possible
  • Prélevez l’eau le plus loin possible de toutes activités polluantes et le plus en amont d’activités humaines.
  • Evitez l’eau stagnante, les micro-organismes s’y développent plus facilement.

Pour filtrer l’eau, vous pouvez vous procurer un tube filtrant ou bien une gourde qui en intègre un. Le principe d’un filtre est simple : l’eau passe à travers des pores de petite taille qui retiennent les organismes et particules. La taille des pores varie – plus les pores sont petits plus le filtre est efficace. La plupart des filtres actuels ont des pores d’une taille de 0.1 à 0.3 microns  et retiennent tout ce qui a une taille supérieure à cela. Je précise que dans certains pays, l’eau est potable / bue par les locaux, mais indiquée comme déconseillée pour les occidentaux. À chacun de voir mais pour ma part, c’est ce qu’on m’avait dit en Jordanie, où j’ai bu l’eau du robinet pendant 10 jours sans problème. En Turquie, où l’eau n’est pas potable, j’ai bu beaucoup de Thé :) Renseignez vous bien sur la qualité de l’eau avant de vous lancer.

MANGER :

C’est quand on sort un peu de sa zone de confort et de ses habitudes que l’on se rend compte à quel point il est facile de trouver des produits en vrac. Votre principal allié ? Un ou 2 sacs en tissu, toujours avec vous, pour acheter au poids et sans emballage sur les marchés. Partout, vous vous rendrez compte qu’il est facile d’acheter à manger en vrac, sans aller au supermarché du coin. C’est d’ailleurs souvent de meilleurs produits et typiquement locaux ! Une pochette en tissu, votre sac à dos de journée, et hop, plus besoin de sacs plastiques pour vos courses :)

Une application mobile permet de repérer les supérettes atour de vous où vous pouvez trouver des produits en vrac (alimentation, hygiène, beauté…) : BULK. Sachant qu’elle ne recense pas tous les marchés, les souks, les bazar, les stands de rue…

Pour préparer à manger, si vous êtes en auberge ou chez l’habitant, vous utiliserez la cuisine et une vaisselle classique pour faire vos repas donc pas de problème. Si vous êtes en mode camping, en plus du réchaud, je ne peux que vous conseiller d’avoir une popote, avec des ustensiles réutilisables. J’y ajoute un couteau Opinel, un couteau suisse pouvant aussi faire l’affaire. Pensez à la serviette en tissu, au lieu d’un bout d’essuie tout ! Elle peut aussi servir à envelopper un reste de repas ou un sandwich pour remplacer l’allu :)

turquie

DANS LA VALISE :

Chaque femme à ses habitudes « beauté ». Pour ma part, j’ai fait une croix sur le maquillage quand je voyage. Je n’emporte donc aucun cosmétique dans ma valise. Si les règles d’hygiène de base sont essentielles en toutes circonstances, voyager est parfois synonyme de changement d’habitudes. Il s’agit alors de faire preuve d’ouverte d’esprit, en envisageant de se débarbouiller dans une rivière ou de se laver à l’eau salée (comme c’est le cas à Beyrouth, où l’eau des canalisations vient directement de la mer). Alors oubliez les produits de beauté, les fers à lisser et autre sèches cheveux ! Vous n’en voyagerez que plus léger.

Dans le choix des produits, il existe une multitude de solutions zéro déchet, que vous pouvez adopter selon votre degré d’implication. Le gel douche / shampoing peut être trouvé en vrac et transporté dans votre propre récipient (< 100ml en bagage cabine). Pour certains, un bon pain de savon de Marseille fait l’affaire. En effet, opter pour des produits solides peut être une bonne alternative, que ce soit la pierre d’Alun en déodorant ou un dentifrice solide / sec à la menthe poivrée. Vous pouvez opter pour une brosse à dent en bambou, compostable, biodegradable et vegan (295 millions de brosses à dents en plastique sont jetées chaque année en France…). Pour aller plus loin, il est possible d’utiliser un rasoir « durable », en métal auquel il faudra seulement changement la lame. Enfin, pour l’intime, certaines ont sans doute entendu parler de la cup en silicone et de ses avantages.

TRANSPORTS :

J’entends déjà certains dire : « prendre l’avion, c’est pas très écolo ». Je n’ai jamais dit que j’étais parfaite et sans reproche d’un point de vue environnemental. Je ne prétends pas l’être ! Je ne suis pas un ermite, je suis réaliste et je tente de faire du mieux possible, à mon échelle. Prendre l’avion est une étape par laquelle on doit passer pour voyager, j’assume pleinement le prendre régulièrement. Dans ma vie de tous les jours, je n’ai pas de voiture personelle et me déplace majoritairement à pieds (tram ou vélo électrique occasionnellement). Je fais mes trajets plus longs en covoiturage depuis des années (fière Ambassadrice de Blablacar, yeah !). Donc quand je n’ai pas le choix, je m’autorise à prendre l’avion. Fin du débat.

Lorsque l’on est en voyage, il n’y a rien de tel que les transports locaux pour découvrir vraiment un pays et sa population et réduire son impact sur l’environnement. J’aime le bordel organisé des Bus et de leurs relais les Dolmus, en Turquie, qui permettent de vadrouiller dans tout le pays. J’adore le bazar insoluble et bruyant des stations de Bus et de Taxis collectifs des abords de Beyrouth qui partent vers tout le pays quand ils sont pleins. Je sourie en repensant à ce chauffeur de « taxi » officieux qui m’a laissé le volant de sa voiture au milieu du désert de Moab (Jordanie) et m’a dit « secret, just you and me » de peur que ses collègues sachent qu’il a laissé une femme conduire. J’adore le vieux tram des années 30 de Lisbonne, toujours bondé et qui frôlent les bâtiments. J’ai aimé prendre le train de nuit entre Bucarest et Sofia (10h de voyage pour 350km), avec les couchettes improvisées, la lenteur, la possibilité de passer la tête dehors pour prendre l’air en pleine route. Passée par 48 pays, j’ai pleins d’exemples en tête de rencontres, d’anecdotes, de découvertes, en utilisant les moyens de transports des locaux. A ces arguments s’ajoutent l’aspect écologique et économique !

tram porto

Les règles de Béa Johnson, auteur du livre « zero déchet » :

  • Refuser -> stopper la demande de produits superflus et/ou à usage unique. Que ce soit les objets promo gratuits, les sacs plastiques, les prospectus ou même les échantillons individuels (fast food, hôtels…).
  • Réduire -> cela passe par plus de simplicité et donc un désencombrement de ce qui nous entoure. Si le minimalisme s’installe dans votre quotidien, il n’en sera que plus facile de faire votre valise ! C’est comme ça que j’arrive à voyager plusieurs semaines avec seulement un bagage cabine :)
  • Réutiliser -> donner plusieurs fonctions aux objets, les détourner, les fabriquer soi-même ou les acheter d’occasion. Une quantité phénoménale de marchandise circule déjà sur notre planète, avant d’acheter neuf, autant reprendre ce qui est déjà produit et marche.
  • Recycler -> où que vous soyez sur la planète, vous laissez une emprunte, le but étant qu’elle soit la plus minime possible. Si vous triez chez vous, alors triez ailleurs. Normalement si les conseils appliqués ci dessus sont appliquées, il reste peu à recycler. Certains pays ne proposent pas encore de tri direct dans les poubelles car les déchets sont triés manuellement à la décharge. Ceci dit, l’objectif n’est pas tant de plus ou mieux recycler mais de ne pas jeter du tout.
  • Composter -> comme vous le feriez chez vous, les restes de nourriture (trognons, épluchures…) peuvent retourner à la terre, si vous pique niquez ou mangez dans un parc.

Imprégnez vous de bonnes habitudes, qui deviendront des automatismes naturels : refuser la paille dans sa boisson (pour ne pas qu’elle ne finisse dans la narine d’une tortue) , ne pas toucher aux produits individuels dans les hôtels et venir avec les siens, arrêter les mouchoirs en papier, voyager avec une tasse en inox pour en finir avec les verres en plastique, avoir sa carte d’embarquement en version mobile pour ne pas avoir à l’imprimer…

Voyager est avant tout un plaisir, aussi l’objectif de cet article n’est pas de forcer la main ou de faire culpabiliser. Choisissez les actions qui vous semblent les plus réalisables, sans vous mettre de pression. Chaque geste, même petit, est déjà une bonne initiative ! Alors si chacun s’y met, mis bout à bout… :)

 

2 réflexions sur “Voyager et réduire ses déchets

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