10 jours à New York City

Des années que je voulais aller aux Etats Unis, et spécialement à New York. Le hasard a fait qu’il y a quelques semaines, j’ai pu avoir un 1er avant gout du « nouveau monde » en me rendant 4 jours à Austin, au Texas, pour le festival South by South West. Puis en Avril, j’ai donc passé 10 jours de vacances à big apple, au moins ce qu’il faut pour une vraie immersion dans la ville. J’y ai découvert une métropole cosmopolite, qui ne dort jamais, remplie de citadins pressés (mais sympa ! ça change de Paris…), avec cette impression de toujours foncer vers un but. Tout est à faire et tout est à voir, pas un cm2 n’est épargné. Les promeneurs nonchalants, ce n’est pas le genre.

New York, c’est la ville des superlatifs : plus grand, plus gros, plus rapide… Rien n’est jamais « too much ». Ce n’est pas grave de passer sa journée à manger du gras à n’importe quelle heure car tout le monde se retrouve à la salle de sport ou à boire des jus vegan. Ce n’est pas grave de conduire des 4×4 de la taille d’un camion en ville, car tout le monde se rue sur le moindre carré d’herbe pour échapper aux rejets de CO2… New York c’est aussi des dizaines de coins du monde en un seul lieu, c’est une diversité ethnique et sociale, c’est à chaque quartier une ambiance différente, presque une ville dans la ville, autonome, qui dégage ses traditions. Chaque citoyen y trouve son compte dans cet espace bouillonnant, mais jamais oppressant. Malgré toutes ces « catégories » de populations différentes, l’esprit commun « new yorkais », est bien présent : l’identité américaine, qui que l’on soit, se porte haut et fort, et ils ne s’en cachent pas. New York est une ville à part, créative et vivante, une « île » qui ressemble parfois plus à Londres ou Berlin qu’à ses sœurs américaines. L’immigration, l’environnement, les armes… tout est traité différemment.

La boboïsation est partout. Il suffit d’un bloc de quelques immeubles collés pour se sentir dans une nouvelle atmosphère, un lieu en mutation. Tout bouge, très vite. Il est loin le temps où Harlem était considéré comme un ghetto, et bienvenu à la bourgeoisie qui s’installe dans les « browstones » et les immeubles fraîchement refaits. Loin le temps où Brooklyn était… loin justement. Les hypsters ont pris place à Williamsburg, au milieu des bars tendances et des brocantes, les familles et les yoguistes se retrouvent dans le parc du Brooklyn bridge, les clubs et bars à la mode s’accumulent… Chinatown est le repaire des curieux et des bobos qui viennent trouver de la cuisine saine, greenwich est le repère des étudiants, soho des jeunes couples à fort pouvoir d’achat… Bref, on trouve de tout, partout, pour tous les goûts, et tout ça vie ensemble dans une certaine harmonie. Au delà des lieux touristiques incontournables, musées et autre, il convient de revenir à New York et devenir l’espace de quelques jours, un vrai New Yorkais…

Conseils :

> ATTENTION aux taxes et aux pourboires, qui ne sont pas indiqués mais à rajouter à l’addition (+20% environ).

> A faire = monter en haut de l’Empire State Building, passer une soirée sur un Rooftop, aller à l’eglise un dimanche à Harlem (meilleure messe de ma vie), faire le marché à Union Square et dégustation de produits locaux (et bio), se poser sur un transat en bois de la High Line face à l’Hudson River, faire du shopping chez Macy’s (le plus grand magasin du monde), flaner dans les galeries d’art dans Chelsea (et faire genre on s’y connait), traverser le pont de Brooklyn, à pieds, manger les frites / burgers de chez Nathan’s sur la plage de Coney Island…

> A manger = mexicain à Hell’s Kitchen, des meatballs à Greenwich, des pizzas immenses, un brunch Chez Juliette, un steak BBQ avec une patate fumée, des donuts chez… Dunkin’ Donuts, un burger bio chez Shake Shake, des cocktails aux épices chez Mace (tenu par un français), des brochettes de Kebabs au fromage dans la rue, de la soupe de crevette dans Chinatown…

Budget (hors souvenirs/shopping):

> Transports (avion, metro, taxi, train) = 701e

> Logement (10 nuits) = 290e

> Alimentation / boisson (10 jours) = 184e

> Tourisme / visites = 105e

TOTAL >> 1280e 

Road Trip en Transylvanie

L’année dernière, lors de mon Tour de l’Europe, je suis passée en Roumanie, par Bucarest. Après avoir découvert la capitale, je savais que j’allais revenir, pour voir le reste du pays. La Transylvanie est une grande région située au centre-ouest, entourée par la chaîne de montagne des Carpates, que tout le monde connait de nom, mais ou personne ne va. A tort bien sur. Je suis donc partie à la découverte de cette partie de la Roumanie, pendant 5 jours.

La Transylvanie est une des régions les plus développées de Roumanie, et qui dispose d’une grande richesse culturelle et historique. Le patrimoine est certes varié, mais souvent mal entretenu, non restauré ou peu mis en valeur. J’ai en tête l’exemple du Chateau de Hunedoara, le plus grand du pays, entouré de friches, de déchets ou d’habitations abandonnées. A contrario, certains sites ont été totalement réhabilités, comme la citadelle d’Alba Lulia, qui est dans un parfait état et refaite de A à Z. Beaucoup de villes ont préservés leurs allures médiévales, c’est aussi ce qui donne un cachet à cette region. L’on peut passer du moyen âge, aux palais baroques, aux églises orthodoxes, aux citadelles militaires…

J’ai commencé mon periple par Targoviste, porte d’entrée de la Transylvanie. La ville n’a en soit que très peu d’interet, mais elle permet aussi de se faire une idée du « décor » d’une ville moyenne en Roumanie. En gros, une situation économique difficile. A voir, le site de la Tour de Chindia, construit par Vlad III l’Empaleur, qui offre un beau panorama et quelques ruines d’un ancien chateau. C’est aussi à Targoviste qu’ont été jugés et exécutés le dictateur communiste Nicolae Ceausescu et sa femme. Puis j’ai entamé de la route de montagne, de nuit (oui à 17h30 il fait nuit noir, les routes ne sont pas éclairées, il n’y a pas de barrières de sécurité et parfois pas de ligne au sol) jusqu’à Bran. Le Chateau de Bran, un des lieux les plus touristiques de Roumanie, est celui qui a inspiré la légende de Dracula et est (à tort puisqu’il n’y a jamais habité) associé à Vlad III l’Empaleur.

Si on s’intéresse à la naissance de la légende, il faut savoir que Vlad III était, malgré ses « manières » d’exécuter, était considéré comme un héro local, un robin des bois de la Valachie, pour avoir toujours protégé son peuple. Son père, Vlad Dracul (« Diable » en Roumain), venant du latin Draco, faisait partie de l’Ordre du Dragon, un ordre de chevalerie noble. On est loin de Dracula. En réalité, des écrits sur la monstruosité de l’Empaleur ont été répandu par ses ennemis et rien ne prouvent qu’il ait été plus atroce dans ses pratiques que n’importe quel autre seigneur. Aussi, ce qui intéresse au Château de Bran, c’est plutôt qu’il ait abrité un certain temps la Reine Marie, personnage fort de la Roumanie.

Sur la route vers ma destination suivante, je me suis arrêtée à Rasnov, pour visiter la forteresse qui sort de la fôret pour dominer la ville. Je suis ensuite passée par Brasov, centre touristique et économique important, avec notamment la plus grande station de ski de l’Europe de l’Est. Une visite du centre historique est à faire, mais surtout, monter sur la colline Tampa, qui domine la ville. S’aventurer dans les sentiers en foret jusqu’à découvrir un panorama extraordinaire sur toute la vallée. Mémorable. Puis direction Sighisoara. Cette petite ville vaut le détour pour sa partie fortifiée, avec ses rues pavées, la tour de l’horloge, les maisons colorées, et l’ambiance médiévale. Puis, arrêt à Targu Mures, où l’essentiel à voir se situe entre le Palais de la culture et la forteresse.

Après une longue route, passant par Turda, les montagnes, les forets, les villages, je suis arrivée à Alba Lulia, capitale historique de la Transylvanie. Sa citadelle est un chef d’oeuvre de l’architecture militaire : une forme en étoile, avec remparts, bastions et 4 grandes portes. L’entrée avec les 2 églises, l’une Orthodoxe, l’autre Catholique, est aussi impressionnante. Puis je suis allée à Deva, d’où j’ai pu profiter d’une magnifique vue sur la région depuis son Fort, situé sur une colline volcanique. Non loin, un passage obligé au Chateau de Hunedoara, le plus grand de Roumanie. De loin, il m’a fait penser à Poudlard… Enfin, j’ai terminé mon periple par Sibiu, ville d’origine allemande, capitale européenne de la culture en 2007. Elle est riche d’une grande diversité de styles, aussi bien Renaissance, que Baroque ou Gothique. Tout en étant entourée par des remparts et des Tours, encore bien conservés à certains endroits.

Pour conclure, sachez que les Roumains sont des personnes très chaleureuses, et francophiles qui plus est. Même si ils savent que les français n’aiment pas les Roumains, notamment à cause de clichés et d’amalgames avec les Roms. C’est un pays qui a souffert du communisme et a encore du mal à s’en relever. Un article à venir spécifiquement sur le sujet à venir. Le road trip est le meilleur moyen de parcourir la Roumanie et de s’imprégner du pays. Les villages sont traversés par une route « rapide » unique, où il faut sans cesse être vigilent : animaux en tout genre, enfants, transports plus ou moins motorisés… Tout sort de nul part et n’importe quand ! Et de très nombreux animaux morts jalonnent les routes (j’ai du en voir une bonne cinquantaine en 5 jours, c’est réellement flagrant), allant du simple lapin, en passant par la biche ou le renard.

A savoir :

– La nourriture est peu chère (le vin aussi mais vraiment pas bon). A tester : le goulash et la soupe de boulettes de viande. Leur façon de faire du chocolat chaud est une tuerie. Sachez que l’on trouve aussi partout la polenta et la pomme de terre.

– Il fait nuit très tôt (17h-17h30), donc les journées s’arrêtent tôt (les monuments ferment à 16h). Prévoyez de visiter plutôt le matin, et de conduire l’après midi (afin d’éviter les routes tortueuses de montagne la nuit).

– Prévoyez large en terme de timing malgré la faible distance car pas d’Autoroute (sauf Pitesti-Bucarest, seule parcelle où j’ai dépassé les 90km), tout se fait sur des routes à une voie, où vous rencontrez tracteurs, vaches, charrettes, camions, bus, et j’en passe.

Budget :

– Transports (Avion A/R + Navette aeroport A/R + Loc. voiture + essence) > 350€

– Logement > 193 LEI soit 43€

– Alimentation > 238 LEI soit 53€

– Tourisme > 141 LEI soit 31€

TOTAL = 477€

Road trip estival : le tour de la Sicile

Mon périple à travers la Sicile a débuté lorsque j’ai quitté sa ville principale, Palerme, au volant d’une Fiat de location. Quel plaisir de prendre la route sous le soleil libre comme l’air, musique a fond dans le véhicule (et la clim aussi…), et admirer les paysages a sa guise. En 4 jours, intenses, j’ai parcouru 750km et traversé 7 des 9 provinces siciliennes. La voiture est incontestablement le meilleur moyen de faire le tour de l’île, permettant d’aller rapidement d’un point a l’autre, et surtout, s’aventurer comme bon vous semble dans des coins moins fréquentés. Munissez vous d’un GPS ! Si vous ne voulez pas tourner en rond, faire des détours, ou louper un sortie non indiquée… Les grandes villes sont balisées, les axes rapides aussi, mais après c’est plutôt le flou. Enfin, oubliez toute notion du code de la route. Chacun, maître de son véhicule, décide de sa conduite. Aussi que vous conduisiez a 160k/h ou que vous dépassiez par la droite : personne ne vous klaxonnera. Il faut avoir l’œil et la vigilance PARTOUT. Un troupeau de moutons sorti de nul part, un scooter qui slalome, une Ferrari qui déboule… L’avantage c’est que chacun conduit comme il veut, et on y prend vite goût…

Samedi matin, j’ai quitté Palerme pour Carini. Village de montagne, il n’est pas spécialement touristique, mais j’y faisais un arrêt car s’y trouve mes origines familiales. Puis j’ai pris la route pour le site antique de Segeste, connu pour son temple et son amphithéâtre. Une fois garée, j’ai naïvement commencé a grimper pour monter aux vestiges. Pendant près de 3/4 d’heure sous un soleil cuisant sur une route oú je ne croisais personne. Avant de me rendre compte, en haut, complètement lessivée, qu’une navette montait les touristes… Sachez le ! J’ai ensuite repris la route pour un autre site archéologique : Selinunte. Extrêmement mal indiqué, suivez « Marinella di Selinunte » et non « Triscina ». Ici, les les vieilles pierres donnent sur la mer, un point de vue a voir. J’ai ensuite repris la route SS115, passant par Sciacca (inutile de s’y arrêter, rien a voir), et jusqu’à Agrigente.

Ici, l’arrêt se fait a la vallée des temples : des colonnes et encore des colonnes. Très bien conservées, et avec une vue magnifique sur la mer. Prenez le temps de monter dans le centre historique d’Agrigente, voir sa cathderaĺe, son église grecque, et la via Atenea. L’arrêt suivant est a la ville de Ragusa. Attention, la ville moderne est d’un côté de la montagne, mais il faut aller de l’autre côté (Ragusa Ibla) pour constater le caractère unique de cette ville, détruite par un tremblement de terre au 17eme siècle : presque comme sculptée dans la roche, le style baroque et médiéval ressort de loin, avec son dôme et son palais. L’arrêt suivant se fait a la fameuse ville de Syracuse, beaucoup plus touristique. Un des attraits de la ville, c’est le parc archéologique (oui, encore), avec notamment l’immense théâtre grecque et la fameuse « oreille de Dionysos ». Puis c’est sur l’île Ortygia qu’il faut se rendre pour s’imprégner de l’ambiance de la ville, avec ses ruelles animées.

Ensuite, direction Catane, 2ème ville de Sicile. Contrairement a ce qui est dit, c’est une ville oú il y a des choses a voir ! Tout le long de l’avenue commerçante Atnea, avec ses grandes places, ses palais, ses églises… Prenez 2-3h pour en faire le tour. C’est aussi la porte de l’Etna, « attraction » immanquable : Prendre la direction de Nicolosi, sur le flanc sud, puis la route qui mène au refuge Sapienza. La, vous laissez votre voiture et une multitude de professionnels proposent des excursions. Pour ma part, j’ai choisi de passer par la compagnie qui gère le téléphérique, qui m’a emmené d’abord a 1900m, puis a 2900m, grâce a des bus tout terrains. La, un guide montagne nous fait continuer a pieds, notamment autour d’un cratère. A 3000m, la vue est extraordinaire, avec les grondements du volcan en fond…

Puis direction des terres plus « chaudes », en redescendant vers Taormina, station balnéaire ultra touristique. Le centre historique est situé en montagne, et vaut la peine de s’y balader et de profiter de la vue depuis les jardins publiques. Considéré comme le St Trop local, les milliers de touristes se marchent dessus, les boutiques affluent et les restaurants sont chers. Bref, pour un peu plus de calme et de mer, il faut redescendre et longer la route, elle même longeant des plages sur des km. La pause soleil-baignade terminée, dernier arrêt a Messine, oú je rends la voiture et principal port permettant de passer en italie via des lignes de ferry.

Autant dire qu’en 4 jours, je ne me suis pas ennuyée. J’y ai découvert des paysages superbes et des villes aux styles différents. Mais je reste marquée par « l’etat » dans lequel se trouve Palerme, qui je reflète pas du tout le reste de la Sicile ! Tout ce que j’ai vu pendant ce road trip est venu heurter et contredire mon inconscient pensant que la Sicile était une terre arride, dévastée, et dans un état critique. En revanche certains clichés persistent, et ça fait sourire : les vieux assis sur les bancs qui refont le monde entre eux, les bronzés-qui-prennent-soin-d’eux qui gueulent au téléphone en appelant la « mamma », les femmes qui passent a la caisse avec des dizaines de paquets de pâtes, le linge étendu entre les immeubles, les Vespa (anciennes) a tous les coins de rues… Sans oublier les spécialités, comme les arancini, le panino, la pizza, le piment, la pistache, l’huile d’olive, le poisson… La Sicile c’est tout ça, et encore beaucoup de autres choses ! Je sais que ce n’était pas la dernière fois que j’y mettais les pieds.

Budget :
– Transports > 420€ (loc. voiture + essence)
– Logement (3 nuits) > 40€
– Alimentation (7 repas) > 42,5€
– Tourisme > 83€ (dont 60€ excursion Etna)
TOTAL = 585,5€

Tour de l’Europe : chiffres, bilan et envers du décor

Le retour en France n’a pas été de tout repos. Le temps de réaliser que je ne suis pas dans un nouveau pays, dans une auberge, ou dans un train de nuit. Je suis de nouveau « chez moi », pourtant pendant les premiers jours je me surprenais à penser quand j’entendais parler français « tiens des français ! », avant de me dire « ah mais oui c’est normal… » Difficile gymnastique de l’esprit que de se dire que l’on est rentré, et qu’il faut maintenant reprendre une vie normale. Tellement d’images et de souvenirs dans la tête. Difficile également d’essayer de faire comprendre ce qu’on a vécu aux autres, car le voyage en solitaire fait que je suis la seule à savoir ce que j’ai vu, ressenti, appris… Bref, ce voyage a changé ma vie.

Certains d’entre vous m’ont suivie en continu, via Twitter, Facebook ou Instagram (MERCI !), permettant de connaitre quelques détails de mon voyage, la face cachée de ce beau parcours. Avec parfois ses aléas, ses soucis logistiques, ses petites galères… Par exemple, ce voyage en bus de nuit entre Berlin et Copenhague. Arrivée 2h à l’avance à la Gare Ferroviaire, j’attends. Un car non indiqué s’arrête, les gens montent et s’installent. Je ne bouge pas, je suppose que ce n’est pas le mien. Puis l’heure c’est l’heure et je ne vois pas mon car. Celui arrêté et plein a craquer va pour partir. Dans un moment de lucidité extreme, je me lève et me dirige vers le chauffeur lui dire « Je suppose que vous n’êtes pas le car pour Copenhague ? » Réponse : « Si si, et on part là » PANIQUE dans ma tête, j’attends depuis 2h et le car a failli me filer sous le nez. Je dépose mon sac en soute, vais pour monter dans le car : complet. Panique bis. Le chauffeur n°2 me cède son strapontin, ce fauteuil bancale situé près de la porte… J’étais ravie. Environ 8h de route. Arrivée à Copenhague à l’aube, c’est en allant dormir au fond du Mc Do de la gare que je patiente avant de pouvoir aller à l’auberge. Plusieurs fois, mes arrivées ont eu lieu très tôt le matin (6h généralement), après un voyage de nuit sans dormir. J’allais donc m’échouer où je pouvais, en attendant une heure décente pour faire mon check in. Qui dit voyage de nuit, dit des heures et des heures sans la possibilité d’aller aux toilettes. Mon record : 16h sans pouvoir faire le moindre pipi, ça relève de la force mentale. Record sans manger une miette : 36h.

Belgrade

Pour voyager, il faut être patient. Très patient. Des voyages interminables en transports plus ou moins douteux, à l’attente de son bus. Mon plus long trajet direct a été le Stockholm – Riga, en bateau : 18heures. Et le trajet le plus long indirectement était mon dernier, où j’ai fait Budapest-Prague-Paris-Nantes, en mettant (bus + voiture) en tout … 34heures. Attente toujours, j’ai eu le plaisir de découvrir que l’aéroport d’Oslo dans lequel j’arrivais était à 150km de la ville, me valant l’attente en pleine campagne (le néant j’vous dit), juste assise sur l’unique banc, d’un train pendant près de 2h. Mais le meilleur reste cette journée entière de perdue, pour avoir confondue AM et PM. Arrivée à 7h du matin à l’aéroport d’Oslo pensant prendre mon avion pour Stockholm à 8h20, qui se révélait être… 20h20… 12h d’attente, d’errance entre les toilettes pour recharger iphone et ipad, et le parking où je captais du free wifi par intermittence de 20min (selon les bus avec le wifi à bord). J’ai appris la patience, à me poser, à ne rien faire, et surtout, à ne plus m’en faire. Lorsque l’on voyage seul, toutes vos actions dépendent uniquement de votre ressort, ainsi impossible de rejeter la faute sur quelqu’un d’autre. Lorsque je vais à la gare de Vienne pour prendre mon train vers Bratislava, et que le contrôleur m’indique le plus naturellement du monde que vous vous êtes trompée de gare, vous apprenez à ne plus vous en faire. Quand vous arrivez à Odessa de nuit, que avez griffoné une adresse d’auberge sans avoir pris soin de noter un numero de téléphone, que cette auberge se révèle « inconnue à cette adresse », et que vous devez dormir dans la gare au milieu des SDF et des alcooliques, vous apprenez sur le tas. En attachant vos sacs à vos chevilles, et en priant pour que personne viennent vous parler.

Des anecdotes, j’en ai un paquet. Des rencontres, j’en ai fait des dizaines. Toutes uniques, que ce soit 5 min dans un quai de gare, ou toute une nuit dans un train, ou plusieurs jours à l’auberge. J’ai rencontré une générosité touchante en Moldavie que je n’oublierai jamais. J’ai rencontré une indifférence, voir une méchanceté, en Ukraine, que je n’oublierai jamais non plus. La surprise, la découverte, l’apprentissage, ont fait parti de mon quotidien pendant exactement 10 semaines de voyage. J’ai parcouru plus de 12 500km avec tous les transports possibles, et visité finalement 23 capitales du continent européen. Je pourrai écrire et écrire encore sur mon voyage tellement j’ai à dire. Mais je laisse les intéressés venir me questionner sur le sujet, je partagerai mon expérience avec plaisir.

Pour finir, ce que vous attendez surrement, le budget final de ce périple.

Total transports : 1443€

Total logement : 786€ (soit une moyenne de 9,8€ / nuit)

Total alimentation : 380€ (soit une moyenne de 4,75€ / jour)

Total tourisme : 130€

BUDGET GLOBAL : 2739€

Partie avec 3000€ en poche, je suis assez fière d’avoir réussi à ne pas le dépasser d’une part, mais surtout à dépenser moins que prévu. Sachant en plus que j’ai réalisé, je le dis maintenant avec le recul, plusieurs erreurs de parcours qui m’ont couté cher dans tous les sens du terme, et que je saurai pour la prochaine (ou pour vous conseiller !). Bref, ce voyage en présage d’autres, dans des terres plus ou moins lointaines… Le monde est grand et la vie est courte !

Étape #23 : Budapest

The last one. On peut dire que je termine en beauté avec Budapest, capitale de Hongrie, et considérée comme une des plus belles villes d’Europe. Située le long du Danube, elle est née de la fusion entre Buda d’un côté du fleuve, et Pest de l’autre côté. La ville attire près de 4,5 millions de touristes par an et est la ville la plus peuplée d’Europe de l’Est.

Il est difficile de s’ennuyer a Budapest. La ville compte 5 sites classés au patrimoine mondial de l’UNESCO, l’ambiance y est festive et conviviale, ses grandes rues piétonnes sont idéales pour mixer shopping ou terrasse, et ses nombreux points de vues offrent de magnifiques panoramas. La majorités des rues commerçantes se trouve côté Pest, entre le Chain Bridge et le White Bridge. En continuant, on arrive au fameux Marché Central, une halle immense qui réunit spécialités locales et savoir faire traditionnel sur fond de musique et d’ambiance typique.

Budapest voit les choses en grand, notamment dans son architecture. Cela m’a rappelé les bâtiments démesurés de Bucarest. On parlera forcément de la Basilique St. Stéphen, imposant édifice et le plus haut de la ville. Non loin, se trouve le Parlement, sur les bords du Danube, visible de loin. La capitale abrite également la Synagogue la plus grande d’Europe, et considérée comme la 2eme du monde. Classé, la Place des Heros et son grand monument sont aussi un élément fort de la ville. Et enfin, le surplombant Palais Royal, qui du haut de sa colline (côté Buda), peut être vu de toute la ville.

La ville est très propice a la balade. Tantôt grands boulevards a l’architecture baroque, comme l’avenue Andrassy, ou bien petites rues pavées, aux allures moyenâgeuses comme dans les hauteurs de Buda. C’est ici que vous trouverez le Bastion des pêcheurs (et l’église St. mathieu), avec ses tourelles donnant sur le célèbre Pont à Chaîne, le plus connu de la ville. Plus loin, montez la colline en passant par des sentiers de forêt jusqu’à la Statue de la Liberté et sa forteresse. La grimpette est rude mais le point de vue vaut le détour. Balade toujours, les runners ont rendez vous sur l’île Margitsziget, oú ils sont des centaines chaque cour a courir entre le fleuve et les arbres. Enfin, le Parc située au bout de l’avenue Andrassy abrite festivals, concerts, airs de jeux / sports, le tout autour d’un lac.

A voir :
– Le Bastion des pêcheurs et l’Eglise St. mathieu
– Le Palais Royal
– La statue de la liberté, son parc et sa forteresse
– Le marché central
– La Basilique St. Stéphen
– Le Parlement
– L’avenue Andrassy (avec l’Opera) jusqu’a la Place des Héros, puis le château Vajahunyad (parc)

Quelques conseils :
– Allez au marché central, a l’étage, pour manger des spécialités comme le Goulash, pour moins cher qu’en ville.
– Un lieu underground pour danser toute la nuit sur du bon son electro, avec rooftop : Le Corvinteto. Entree à 2,5€ et la pinte à 1,5€.
– Faites attention aux taxes de séjour ! Elle varie d’un hôtel a l’autre, de 0,5€ à 2€ / nuit / personne.

Le budget (3 jours / 4 nuits) :
– Transports : 130€
– Logement : 33€
– Alimentation : 15€
– Tourisme : 2,5€ (oui je compte l’entrée en boîte comme du tourisme)
TOTAL = 180,5€

Retrouvez toutes les photos ici -> http://flickr.com/LaPlanneuse
N’oubliez pas de liker la page facebook ici -> http://facebook.com/LaPlanneuseSupertramp