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Road trip en Israel et en Palestine

Après avoir passé 10 jours en Jordanie, j’ai passé la frontière au Sud du pays, près d’Aqaba, sur les bords de la mer rouge. C’est à pied avec mon sac sur le dos que j’ai traversé entre les préfabriqués du « Goodbye Jordan » et ceux de « Welcome Israel », une centaine de mètre entourée de barbelés entre 2 pays.

La frontière passée, je suis allée à la station de bus d’Eilat, la 1ère ville israélienne, où j’ai pris un billet pour Be’er Sheva. Au guichet, on m’indique que le bus pour Be’er Sheva est complet et que je dois prendre le suivant (à 1h du matin…). Je n’en fait rien, je prends le 1er qui passe par cette ville, le chauffeur m’accepte et j’ai bien eu raison car il n’était pas complet…

JOUR 1-2: Be’er Sheva – Jerusalem

Je suis arrivée à Be’er Sheva de nuit et j’ai rejoint à pieds un logement situé près de l’Université, une chambre chez l’habitant en AirBnB. Le lendemain matin, j’échange un peu avec mon hôte, étudiante, nous marchons ensemble puis je pars vers le soit disant fameux marché bédouin, qui n’a lieu que le jeudi matin, ce que nous sommes. Partout, les guides en parle, avec « les odeurs d’épices, les plats traditionnels… », il n’en est rien… Que des habits, des jouets en plastique, des cosmétiques… Aucun intérêt.

Direction Jerusalem en bus. Ici, ce n’est pas comme en Jordanie (ou les autres pays du Moyen Orient d’ailleurs), il y a des horaires fixes, des compagnies de bus et des arrêts. Ca me fait bizarre. Je découvre avec surprise en arrivant à Jerusalem qu’il y a un tramway, pratique pour relier la station de bus et la vieille ville. Mon auberge est située dans le quartier musulman de Jerusalem Est, à l’entrée du Mont du Temple. Etant donné l’importance politico-religieuse des lieux, le quartier est bouclé par la police. Pendant 3 jours, matin et soir, je vais passer des barrières de sécurité et saluer ces policiers pour accéder à mon auberge.

A ce moment, je comprends qu’on ne peut pas venir en Israel, et plus encore à Jerusalem, sans se renseigner un minimum sur la situation locale. Parfois il faut faire un peu de géopolitique quand on voyage. Le conflit Israelo-Palestinien m’était totalement inconnu, je n’y connaissais rien, je ne savais rien des uns et des autres, du pourquoi et du comment. Et en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, c’est devenu le fil rouge de mon périple à travers le pays.

Ainsi donc, mon auberge se trouve au pied du lieu le plus emblématique de la ville, le Mont du Temple, où d’après la tradition Abraham monta avec son fils pour l’offrir en sacrifice à Dieu et où Salomon bâtit le Temple de Jerusalem, qui abrita l’arche d’alliance. Dessus fut érigé le Dôme du Rocher, 3ème lieu saint musulman et abritant le rocher où Mahomet serait arrivé depuis La Mecque, et la mosquée al-Aqsa. Un endroit d’une importance majeur pour Juifs et Musulmans.

Pendant près de 3 jours, je vais découvrir les multiples facettes de Jerusalem, la ville la plus importante des 3 principales religions monothéistes. Chaque rue, chaque événement, chaque lieu de la vieille ville a un lien avec une communauté religieuse, qui vit sa foi dans une extrême proximité avec ceux qui n’ont pas les mêmes croyances. J’ai suivi le chemin de croix de Jesus mené par les franciscains et avec des centaines de pèlerins chrétiens, pendant que le muezzin faisait l’appel à la prière et entourée de juifs en tenue traditionnelle. Des religions qui se croisent, qui se cherchent, qui perdurent dans un climat relativement tendu.

On fait assez vite le tour de Jerusalem. Après la vieille ville, faire un tour sur Jaffa street et au marché Mahaneh Yehuda, une visite du musée et mémorial Yad Vashem et une balade sur le Mont des Oliviers. Après 2 jours 1/2, je me repérais dans le labyrinthe de Jerusalem Est sans plan et sympathisais avec des marchands, tant je repassais souvent au même endroit.

Jerusalem

JOUR 3 : JERUSALEM – BETHLEHEM

Bethlehem n’est qu’à une dizaine de km de Jerusalem et au delà de l’aspect historico-religieux, cela représentait ma 1ère étape en Palestine. Partout j’avais lu de ne pas prendre les transports en commun pour s’y rendre, à cause du côté « imprévisible » lié à certaines « attaques » de bus. Y aller via une excursion organisée (ce que je déteste) ou comme les locaux a été un vrai moment de réflexion, alimenté de recherches. Après m’être assuré des modalités (ligne de bus, passage du check point…), j’ai pris les transports en commun.

Pour se rendre à Bethlehem en bus, 2 solutions : prendre un bus israélien qui s’arrêtera au check point, puis prendre un taxi jusque dans le centre ou prendre un bus arabe qui va jusque dans le centre. Vous vous doutez bien que j’ai opté pour la 2eme solution. Il m’a suffit de prendre le bus n°21 depuis la Porte de Damas, aucun stop au check point, et en moins d’une demi heure j’étais dans Bethlehem.

La tradition juive fait de Bethlehem le lieu de naissance et de couronnement du roi David et les chrétiens la considère comme le lieu de naissance de Jésus. Ce lieu est marqué d’une étoile, dans une grotte, abritée dans la Basilique de la Nativité, une des plus vieilles églises du monde. Plus loin, on trouve la Grotte du Lait, où serait venue souvent Marie pour y allaiter Jesus et changer ses langes. La légende dit que la grotte apporte la fertilité aux femmes qui y viennent. Je vous en dirai des nouvelles… 😉

Après avoir passé l’après midi à Bethlehem, je prends le même bus pour le retour. Apparemment, sortir d’Israel ne pose pas de problème, y re rentrer est une autre histoire. Le bus marque donc un arrêt au check point, à la demande des militaires. Presque mécaniquement, le 3/4 des passagers descendent du bus et se mettent en file indienne sur le bord de la route. Je ne comprends pas et au moment où je me lève pour faire de même, le chauffeur m’indique que comme les quelques autres « étrangers/touristes », je dois rester dans le bus. Les militaires montent, jètent un oeil à mon passeport et passent leur chemin. Tous ceux qui sont dehors sont des palestiniens… Ils ne remonteront dans le bus que si l’armée les y autorise. Un par un, ils sont contrôlés, questionnés, et fouillés. A travers la vitre, je regarde cette étrange scène où moi, étrangère, je suis assise confortablement dans le bus et eux, chez eux, sont contrôlés sur le trottoir. Après une petite demi heure, le bus repart vers Jerusalem et l’armée arrête le bus suivant…

Bethlehem

JOUR 4 : JERICHO – MER MORTE

Pour avoir un peu de liberté et aller dans des endroits où les transports ne vont pas, j’ai loué une voiture pendant 2 jours. Circuler en voiture de location en Israel n’est pas forcément le moyen recommandé du fait des diverses complications liées à la situation locale. Mais en fait, tout ça c’est est un peu exagéré. Le loueur demande où je veux aller, et comme je comptais aller à Jericho (Palestine), je le mentionne. Avec une voiture à plaque israélienne, le loueur m’indique que je ne peux pas aller à Jericho car l’assurance du véhicule ne le permet pas. Je demande où je peux la garer pour m’y rendre en taxi, aucune réponse. En fait tout est fait pour dissuader de vous rendre en Palestine et vous faire peur (« si vous laissez la voiture sans surveillance, elle brulera »). Loupé, il n’en faut pas moins pour me donner envie d’y aller.

On me donne une carte du pays avec un code couleur selon qui « contrôle » les routes. La plupart des axes routiers de Palestine sont aux mains des israéliens, jusqu’aux entrées de ville. Et d’autres où les israéliens ont interdiction de se rendre… Je roule jusqu’aux rives du Jourdain, frontière naturelle avec la Jordanie, pour aller à Qasr El Yahud, le site du baptême. Gratuit, ouvert 7jrs/7, aménagé avec des rampes pour permettre d’accéder à l’eau, c’est ici que selon la tradition chrétienne, Jean le Baptiste a baptisé Jesus. Le lieu a ouvert au public en 2011 suite à un accord entre Israel et la Jordanie, celui ci étant fermé depuis 60 ans étant une zone militarisée. Il faut d’ailleurs bien rester sur la route puisque le coin est parsemé de mines anti personnel. Des militaires israéliens de mon côté surveillent le site pendant que je descends dans l’eau calme du Jourdain. A 3 mètres en face de nous, des militaires jordaniens de l’autre côté de la rive et des pèlerins qui comme moi, sourient d’être si proches et pourtant si « loin » implicitement…

Je me dirige vers le poste de frontière proche de là, Allenby bridge, me disant que je pourrai garer la voiture sous la surveillance des militaires et prendre un taxi pour aller à Jericho. Loupé, je me fais refouler par l’armée, qui non seulement n’en a rien faire de où je gare ma voiture, mais se fiche bien de savoir comment je peux me rendre à Jericho. Un taxi palestinien passe, je l’arrête et lui demande si il peut me conduire à Jericho pendant que je laisse ma voiture ici. Il refuse et veut que je le suive à Jericho avec ma voiture ! Je lui explique que c’est dangereux, que je n’ai pas s’assurance,  que je le payerai ce qu’il faut. Rien à faire, il refuse mon argent et propose de me guider et de me montrer que c’est « peace, no problem ». Un peu stressée par l’idée, j’accepte. Le taxi m’ouvre la route jusqu’au centre de Jericho sans aucun problème (pas de check point). Je suis la seule voiture avec une plaque israélienne, autant vous dire que je m’arroche au volant comme une moule à son rocher.

Jericho est l’une des plus vieilles villes du monde (10 000 ans av. J.C.) et selon la bible, où Jesus y guérit 2 aveugles et rencontra Zachée. Je me rends au Monastère de la Tentation sur le Mont du même nom, où toujours selon la tradition chrétienne, Jesus fut tenté par le diable, après 40 jours et 40 nuits de jeun. Le téléphérique est réactivé pour moi, étant la seule touriste. D’en haut, on a une vue magnifique sur Jericho jusqu’à la Jordanie et la Mer Morte. Le monastère grec orthodoxe est taillé à même la montagne, autour de la grotte où séjourna Jesus.

Après une pause déjeuner, je quitte Jericho sans encombre et file vers la Mer Morte par la route 90. Un paysage magnifique et désertique longe la mer, calme, plane, avec la Jordanie en face. En plein après midi, sous 45°, je m’arrête au milieu de cette fournaise pour me baigner dans une eau chaude. Il n’y a rien n’y personne autour, le calme, la chaleur. Il est impossible de mettre le pieds au sol à moins de se bruler la plante des pieds. Je me baigne donc en sandales… Quelques jours plus tôt, c’est côté Jordanien que je découvrais la Mer Morte !

Je passerai la nuit dans une tente, à flanc de montagne, au dessus de la mer avec une vue imprenable…

Jericho

Jericho

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JOUR 5 : MASSADA – EIN GEDI

Au petit matin, je prends la route pour Massada, au sud, au bout de la mer morte. C’est un des lieux les plus touristiques du pays, les restes d’une forteresse antique perchée sur un socle de granit, au sommet d’une montagne dans le désert de Judée. La falaise surplombe la Mer Morte et le désert, avec une vue depuis le plateau où se trouve les ruines, imprenable. Massada est accessible par téléphérique ou à pied avec le sentier du serpent pour les plus téméraires (compter une petite heure).

Après avoir fondu comme neige au soleil en parcourant le site, je reprends la voiture pour un endroit un peu plus « frais » : Ein Gedi. Je remonte la route 90 vers le nord et m’arrête à cette oasis dont il est fait référence dans la bible, notamment comme lieu où se cacha David. Ce parc national est un lieu TRES touristique et malheureusement, perd du coup tout son charme. Il est possible d’effectuer plusieurs marches, allant plus ou moins loin dans la montagne. Le 1er chemin que j’emprunte est tellement fréquenté que je ne peux pas avancer… Que des jeunes américains qui débarquent en maillot de bain pour passer la journée dans la rivière et sous les cascade. Je peine à profiter des lieux, d’autant que je suis en tenue de rando, pas de plage.

J’emprunte un 2eme chemin, plus éloigné et là, il n’y a personne. Je profite de la balade sous le soleil cuisant, les pieds (avec les Converse) dans l’eau fraiche. La chaleur est telle que je m’allonge dans l’eau, habillée, avec comme seul bruit de fond celui des cascades. Il faudrait plus de temps et moins de chaleur pour découvrir les 25km2 de cette réserve naturelle, et je n’ai ni l’un ni l’autre. Je reprends la route et fais le chemin inverse jusqu’à Jerusalem.

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Ein Gedi

JOUR 6 : TIBERIADE

Depuis Jerusalem, je prends le bus 961 pour la Galilée, et plus précisément, Tibériade (Tiberias ici), où j’arrive 3h plus tard. Située tout au Nord d’Israel, c’est sur la rive ouest du Lac de Tibériade que je pose mon sac dans cette ville devenue station balnéaire. Elle a peu d’intérêt touristique, comparé à ce qui l’entoure (de nombreux sites archéologiques dans la région). Il est agréable de s’y balader et de se baigner dans le lac depuis la seule « plage » en ville. C’est un lieu important du judaïsme, avec les tombeaux des sages de l’histoire juive. Ce serait sur les eaux du Lac Tibériade que Jesus aurait marché, de nombreuses églises ont donc été érigés dans les environs.

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JOUR 7 : TIBERIADE

Depuis Tibériade, je prends un bus qui longe le lac et me lache à un croisement, à côté de Tabgha. J’y arrive après 2km de marche au bord de la route. Situé sur la rive nord du Lac de Tibériade, la tradition biblique y localise le miracle de la multiplication des pains et l’apparition du Christ ressuscité.

Mon 1er stop est donc l’église de la multiplication. Profanée par des juifs d’extreme droite en 2014 puis incendiée par de nouveaux extrémistes juifs en 2015, elle est en cours de reconstruction mais conserve cependant ses mosaïques de l’époque byzantine, dont la plus célèbre représente la multiplication des pains et des poissons.

En face, se trouve le Mont des Béatitudes, où Jesus aurait prononcé le Sermon sur la montagne. Je me faufile par un chemin de sable au milieu de l’herbe desséchée par le soleil et arrivée épuisée en haut du sommet, qui – et c’est cocasse- est le plus bas du monde (25m SOUS le niveau de la mer). Une magnifique église y a été construite, entourée d’un parc et avec une vue remarquable sur le Lac de Tibériade. Epuisée par la chaleur, le gardien, qui doit fermer pour la pause déjeuner, propose de me conduire à Capharnaüm, où je veux me rendre.

C’est la ville la plus citée dans la bible, après Jerusalem, notamment pour être la ville de Jesus. Autrefois un village de pêcheurs, c’est aujourd’hui un site où l’on trouve les vestiges d’une synagogue, de la maison de l’apôtre Pierre et une église grec orthodoxe aux dômes rose, un peu en retrait de l’ancienne ville. A ce moment là, je suis à moins de 5km du plateau du Golan, un territoire syrien occupé par Israel depuis la guerre des 6 jours. Israel a annexé le Golan à son territoire mais celle ci a été condamnée par le Conseil de Sécurité, notamment parce que les 120 000 syriens qui y vivaient à l’époque en ont été chassés ou ont du fuir. Zone sensible donc.

Je marche ensuite sur 3km en bord de route pour aller à l’église de la Primauté, où Jesus ressuscité apparu à  l’apôtre Pierre la garde de son Eglise. On y trouve un rocher à la forme particulière, appelé « Mensa Christi », c’est à dire la table qui aurait servi au repas préparé par le Christ pour ses apôtres. Un vêtement de Jean Paul II y est conservé, vénéré par les nombreux pèlerins et les moins franciscains qui ont en charge l’église.

Je repars à pied vers le croisement où le bus m’avait arrêté. Marchant le long de la route, une voiture s’arrête près de moi alors que je suis pratiquement arrivée à l’intersection. Une jeune israelienne propose de me ramener à Tibériade. Apparemment, le stop est une pratique très courante dans la région. Elle m’explique qu’elle ne peut pas allumer la radio pour mettre de la musique car nous sommes dans les derniers 9 jours de la période des 3 semaines qui marquent le deuil de la destruction du Temple de Jerusalem. Elle habite sur le Golan, qui pour elle en plus d’être bien sur israélien, n’a pas de problème de sécurité. Nous passons par un kibboutz, une particularité d’Israel qu’elle m’explique : un village collectiviste où la notion de propriété privé n’existe pas, censé pourvoir aux besoins de ses habitants.

Rentrée à Tibériade, je prends le bus 431 pour Nazareth.

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JOUR 8 : NAZARETH

Nazareth est la plus grande ville arabe d’Israel, avec 70% de musulmans et 30% de chrétiens. D’après la tradition de ces derniers, c’est la ville de Joseph et de Marie. On y trouve la Basilique de l’Annonciation, la plus grande église du Moyen Orient et qui est magnifique. Elle a été construite sur la grotte associée à l’apparition de l’ange Gabriel à Marie, que l’on trouve au rdc de l’église. A l’étage (oui c’est assez curieux une église à étage) se réunit la communauté, entourée de fresques contemporaines qui viennent du monde entier et représentent la Vierge et l’enfant Jesus.

Tout à Nazareth est lié à l’histoire de Marie. A côté de la basilique, on trouve l’église St Joseph, à l’emplacement de son atelier de charpentier, et en sortant, le Centre international Marie de Nazareth, conçu par un français. Les meilleurs spécialistes se sont réunis pour proposer au grand public un lieu pour découvrir ce mystère qu’est la Mère de Dieu. Le parcours multimédia est intéressant à visionner, tout comme les échanges avec les bénévoles (catholiques et musulmans) du lieu.

Il est intéressant de se rendre à l’église St Gabriel, considérée par les orthodoxes comme le vrai lieu de l’Annonciation, proche de la fontaine de Marie. Il faut aussi arpenter les rues de la vieille ville et du souk, entre la synagogue et la mosquée, et monter jusqu’à l’église Salisian qui offre une belle vue sur tout Nazareth.

Ambiance conviviale à mon auberge le soir, avec une séance de cinéma improvisée ouverte à tous. Un drap est tendu entre 2 portes, le salon ouvert sur la rue, les habitants invités à venir s’assoir dans de vieux fauteuils pour profiter de la projection. C’est un film de Banksy sur le street art… Cocasse (ou volontaire) quand on sait que Banksy est allé à Gaza en 2015 pour dénoncer la vie quotidienne des palestiniens, 10 ans après qu’il ait réalisé plusieurs oeuvres sur le mur construit par Israel entourant Bethlehem.

Nazareth

JOUR 9-10-11 : TEL AVIV

C’est la ville où je voulais le moins aller dans mon voyage, je n’en avais vraiment pas hâte. Et je n’avais pas l’intention d’y passer 2 jours 1/2, mais je n’ai pas eu le choix. J’ai voulu partir de Nazareth en sheirut, un mini bus collectif qui ne part que quand il est plein. J’ai attendu 1h30 avant qu’il se décide à partir pour Tel Aviv, où je suis arrivée en tout début d’après midi. A mon auberge, je me renseigne sur les transports pour aller à Acre le lendemain, mais voilà, c’est samedi. Pire, c’est la fin des 9 jours, il n’y a donc rien. Déçue, me voilà à Tel Aviv pour le WE.

Ma consolation, c’est qu’en ce vendredi soir, je vais faire Shabbat chez des compatriotes français que je ne connais pas encore, expatriés ici, au sud de Tel Aviv. C’est la 1ère fois que je fais Shabbat. Il débute un peu avant le coucher du soleil par l’allumage de 2 bougies par l’épouse et est avant tout un moment de convivialité, entre amis ou en famille. L’hospitalité, et j’en bénéficie, est donc un élément fort. Est récité la sanctification du jour du Shabbat (Kidouch) sur une coupe de vin kasher, pendant laquelle nous sommes debout autour de la table sur où se trouve 2 Halot (pain traditionnel) recouverts d’un linge.

Puis vient le rituel du lavage des mains (Netilat Yadayim). Ecoutant les consignes, je verse 3 fois de l’eau sur ma main droite puis 3 fois sur ma main gauche avant de réciter en hébreu : Baroukh atah Ado-naï E-loheinou Melekh haolam achère kidechanou bemitsvotav vetsivanou al nétilat yadayim. [Béni sois-Tu Éternel notre Dieu, Roi de l’univers, qui nous a sanctifié par ses commandements et nous a prescrit le lavage des mains]. L’astuce, c’est que ce rituel n’intervient que si l’on mange plus de 56 (oui c’est précis) grammes de pain. Après mon « lavage », mon hôte ne dit plus rien. En fait, on ne peut pas parler après l’ablution des mains jusqu’à ce qu’à table, on ait mangé du pain. Viennent de délicieux et fastueux plats, préparés avant Shabbat car on ne peut pas cuisiner pendant. Les lumières de l’appartement sont allumées avant partout aussi, car on ne peut toucher un interrupteur. S’en suit un beau diner dans la bonne humeur !

Les 2 jours qui suivent, je flâne dans les rues de Tel Aviv. Le quartier de Jaffa vaut le détour, avec son port, son marché, la tour de l’horloge et l’église St Pierre. On a aussi une belle vue sur les plages de Tel Aviv et les buildings. Je me balade au Tel Aviv Museum of Art, arpente les quartiers de Florentin, Rothschild boulevard, le Carmel Market, les ruelles calmes de Neve Tsedeq… N’attendant pas grand chose de cette ville, je marche des heures, sans trop savoir où. C’est une bulle pour la jeunesse en quête de fêtes et de plages déconnectée du reste du pays. Mon auberge est remplie d’américains qui n’iront pas plus loin que Tel Aviv et diront « je connais Israel » alors qu’il n’en est rien. Je suis blasée devant la légèreté ambiante alors que la situation locale, à quelques km et dans tout le pays, mérite qu’on s’y attarde.

Tel Aviv

Avant d’y venir, j’avais discuté avec un Palestinien a qui j’ai dit : « Ce qui se passe à Tel Aviv, ça ne m’intéresse pas. C’est pour les touristes, les occidentaux et les expatriés qui n’osent pas se confronter aux réalités du pays. » Il avait répondu que c’est la 1ere fois qu’il entendait ça. Et c’est exactement ce que j’ai trouvé. C’est une des rares fois, parmi mes nombreux voyages, où j’avais hâte de quitter une ville. C’est avec le sourire que je suis allée à l’aéroport et que j’ai quitté Israel…

5 réflexions sur “Road trip en Israel et en Palestine

  1. Lauriane dit :

    Je vois que tu n’as tremblé qu’à Jericho, je t’imagine bien, tendue sur ton volant ! J’adore tes images de la route 90, c’est magnifique ! J’aurais peut-être l’occasion de découvrir ce véritable morceaux d’histoire puisque mon équipe collabore avec une équipe israëlienne… J’avoue me sentir moins timorée avec les conseils d’un local !

  2. Jon dit :

    Bravo pour ton blog qui me donne plein d’idées et d’adresses pour le voyage que nous allons faire la semaine prochaine (12 jours entre Israel et Jordanie : rapide mais intense !).
    Nous sommes 5 amis et allons passer 2 jours à Tel Aviv. J’ai vu que tu avais fais Shabbat avec des locaux, j’imagine que c’est une expérience extraordinaire. Comment avais-tu rencontré ces personnes ? Via un forum, des rencontres sur place ? J’aimerai bien proposer ça à mes amis, mais pas sur que ce soit simple à 5 personnes…

    • laplanneusesupertramp dit :

      Bonjour, merci de ce commentaire :)
      Concernant Shabbat, je ne connaissais mon hôte que via Twitter, une amie d’un ami, puis échanges sur WhatsApp. Pas simple à 5 mais faisable car Shabbat est un moment de partage, avec du monde ! Ne pas hésiter à demander autour de toi, si tu as des amis de confession juive. Bon voyage !

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