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Road trip au Liban : l’itinéraire

Le Liban, bordé par la Méditerranée et traversé par 2 chaines de montagnes parallèles, semble suspendu entre ciel et mer. C’est ce petit pays mais pour autant plein de diversité que j’ai eu envie de visiter, en le parcourant avec les moyens du bord, seule (à lire : voyager seule au Liban quand on est une fille). Décrire le Liban est une chose vaine tant ce pays est riche et offre des contrastes surprenants. Le Liban ne se décrit pas, il se vit.

Pour vous donner envie à votre tour d’aller le parcourir, voici mon itinéraire d’une semaine aux quatre coins du pays.

JOUR 1 : Aeroport > Beyrouth > Ain El Kabou > Bsharre

Alors oui, ca fait beaucoup pour un seul jour. Mais dans les faits, je suis arrivée à l’aéroport dans la nuit puis j’ai « dormi » (3h…) à Beyrouth. C’est d’ici qu’au petit matin j’avais rdv avec Amine, Directeur Général de l’entreprise Mymoune. Nous avons pris la route des montagnes jusqu’au village Ain El Kabou, là où sont fabriqués les produits (confitures et sirops naturels de qualité) de Mymoune depuis sa création. J’y ai passé la matinée et ce fut une très belle entrée en matière du Liban (à lire : Mymoune, le gout du Liban traditionnel).
Amine m’a ensuite emmené déjeuner dans la marina de la baie de Jounieh, surplombée par Notre Dame du Liban. Je découvre les Mezze, spécialité libanaise qui est un ensemble de plats traditionnels à partager et à mélanger.
Puis 1ère expérience de déplacement « local », je monte dans un bus pour Bsharre, à environ 3h de route, dans la montagne. Pendant le trajet, je fais la connaissance d’Elie qui se propose d’être mon guide pour le lendemain.
Nuit chez l’habitant, dans une famille qui m’accueille bras ouverts avec de la citronnade maison. Il n’y a pas l’eau chaude mais j’ai le wifi 😉

JOUR 2 : Bsharre – Vallée Qadisha

Comme promis la veille, Elie vient me chercher pour me servir de guide dans la vallée Qadisha, ou vallée Sainte. Chrétien maronite, habitant de Bsharre, il me raconte l’histoire de cette région qui a servi de refuge aux patriarches pendant des siècles de persécution. Elle regorge de couvents et de monastères incrustés dans la roche, dans un cadre naturel préservé et classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Elie me conduit au monastère St Antoine, incroyablement greffé à la montagne, au milieu de la foret. Le calme et le silence donne à l’endroit un air de sainteté et de paix.
Puis visite du couvent St Elisée, construit dans une enclave rocheuse. Son eglise est taillée à même la pierre de la montagne, tout comme les cellules aménagées par et pour les ermites.
Randonnée dans la vallée, dans un silence apaisant, au milieu de la nature sauvage et grandiose. Au bout du chemin (1h30 de marche), Notre Dame de Qannoubin, un monastère qui a servi de résidence patriarcale maronite. Construite dans le creux du rocher, l’église compte une fresque remarquable du couronnement de la Vierge par la Trinité.
Après le chemin retour, je laisse Elie et m’en vais découvrir la foret des cèdres de Dieu, symbole du pays, qui compte des arbres millénaires.
Nuit à Bsharre, chez la famille qui m’accueille.

qadisha

bsharre

JOUR 3 : Batroun – Byblos

Après un petit déjeuner traditionnel et dit au revoir à mes hôtes après 2 nuits chez eux, je prends le bus à la « station », sur la place de l’église principale de Bsharre. De la montagne à la mer, je m’arrete à Batroun. Ville portuaire fondée par les phéniciens, elle en garde l’emprunte. A voir donc, le mur phénicien se lequel se jettent les vagues et que l’on aperçoit depuis l’église Notre Dame de la Mer. Les autres sites sont le fort de Mseilha, le théatre romain (ou ce qu’il en reste), et l’église Estephan qui donne sur le port. Après m’être baladée/perdue au hasard des rues, nouveau bus pour Byblos, une étape touristique indispensable.
Il faut se promener dans le souk, quoi que très attrape touriste, jusqu’à l’église St Jean Marc, bâtie par les croisés et le vieux port pittoresque. Puis, consacrez 2h pour découvrir le fameux site antique qui se dresse face à mer avec une vue imprenable sur la baie, jusqu’à Beyrouth. Ce sont les restes d’une cité phénicienne, autour d’un château, d’un temple, d’un amphithéâtre romain et de sarcophages. Bref un condensé d’histoire de Byblos, où serait né l’alphabet. La vue depuis le toit du château est incroyable et reste un moment fort de mon voyage au Liban.
Fin de journée, retour à Beyrouth par le bus.

Batroun

byblos

JOUR 4 : Beiteddine – Réserve du Chouf

Bus matinal depuis Beyrouth pour le Palais de Beiteddine, chef d’œuvre de l’architecture libanaise. Attention, aucun bus direct, il faut indiquer sa destination au chauffeur qui vous lâchera à l’angle entre la route principale et celle emmenant au Palais. Le stop ou la marche est ensuite votre ami pour 2km. Beiteddine, c’est le Versailles du Liban, le Palais des Emirs, avec ses cours, ses fontaines, ses jardins et ses nombreuses pièces. Entre marbre, balcons, boiseries, vitraux et portes imposantes.
Puis direction Barouk (en stop) et la montagne du même nom pour aller dans la réserve naturelle du Chouf, qui couvre 5% de la superficie du Liban. C’est une zone importante pour sa densité de cèdres, la conservation des oiseaux et l’éco-tourisme. Je pars en montagne et pleine nature en randonnée pendant plus de 4h, profitant d’une vue sur toute la vallée. L’occasion de respirer à plein poumons et profiter de la quiétude des lieux donnant l’impression d’être seul au monde.
Fin de journée, retour sur Beyrouth en bus.

chouf

JOUR 5 : Tyr – Saïda

Toujours en bus depuis la capitale, direction Tyr (Sour en libanais) au sud du pays. Cette ville portuaire maintes fois citée dans la Bible a rayonné sur toute la Méditerranée et fût la convoitise de Nabuchodonosor et Alexandre le Grand. Le site antique de la cité romaine offre quelques vestiges, mal préservés (on peut marcher sur les pierres…) et une allée de colonnes qui semblent se plonger dans la mer. Balade dans les rues de Tyr, du port jusqu’à la nécropole qui compte des sarcophages et un arc de triomphe donnant sur un hippodrome romain. Mieux vaut savoir avant où aller car personne ne vous l’indiquera. Je n’ai trouvé aucun habitant pour me renseigner ou savoir de quoi je parlais. Sachant que le site est à côté d’un camp de réfugiés palestiniens où il est interdit aux étrangers d’approcher, éclipsant l’aspect touristique de l’endroit.
Puis à nouveau en bus pour aller à Saïda (Sidon en libanais), un peu plus au Nord. Le vestige le plus significatif est le château de la Mer, datant des croisades, qui se dresse fièrement à l’épreuve des vagues à l’entrée du port. On parle aussi du château de la Terre, ou château St Louis, ayant été sa demeure lors de sa venue au Liban. Il n’en reste que la muraille, étouffée au milieu des barres d’immeubles. Voir aussi le Khan el Franj (caravanserail), le long des souks des artisants aux voutes médiévales, et la Grande Mosquée.
Reprise du bus pour retourner vers Beyrouth.

tyr

Saida

JOUR 6 : Beyrouth

Après avoir vagabondé toute la semaine aux 4 coins du pays, je consacre une journée pour découvrir la capitale. Par chance, je suis logée (chez les Sœurs) dans le quartier central et animé de Hamra, je me balade donc qu’à pieds. Beyrouth, c’est la ville de tous les contrastes, la ville aux 1000 visages, dont celui encore visible, de la guerre. Bruyante, effervescente, sale dans certains quartiers, immaculée dans d’autres, entre marchands ambulants et boutiques de luxe, entre bâtiments délabrés et tours de verre miroitantes. A voir, la place de l’étoile, où il règne un calme plat du fait des barrages militaires autour qui empêchent toute circulation. A côté, l’église orthodoxe, qui fait face à l’église maronite, elle même à côté de la grande mosquée au magnifique dôme bleu. Il y a aussi le grand sérail, la promenade le long de la corniche Raouché (2km) jusqu’à la grotte aux pigeons, un immense arc rocheux qui sort de la mer. Le soir, la ville change de couleurs. J’ai découvert la nuit beyrouthine en allant au Music Hall, un club en extérieur au milieu des conteneurs, un des plus célèbres de la capitale notamment pour les stars locales qui s’y produisent. Mon cousin joue dans le brass band qui y anime les soirées 3 fois par semaine, alors j’en profite. Et c’est à guichet fermé.

Beyrouth

Beyrouth

JOUR 7 : Jezzine – Beyrouth

Au petit matin, je prends un bus pour Saïda, puis un taxi pour Jezzine (20LL), une des rares villes chrétiennes du sud Liban. Située à 1000m d’altitude, Jezzine est connue pour sa cascade (un filet d’eau plutot) de 40m, son artisanat (la coutellerie) et la statue de la Vierge qui domine la vallée à l’entrée de la ville. Jezzine est à flanc de falaise, ce qui offre une vue parfaite sur les villages alentours, la foret de pins pignons de Bkassine, la plus grande de Méditerranée, et les montagnes.
Retour à Beyrouth après des péripéties en stop, taxi et bus. Je profite de mes derniers moments au Liban pour tester la mer, dans laquelle je n’ai toujours pas mis un doigt ! Ne comptez pas sur les plages, il n’y en a pas. Ou alors mal fréquentées et sales. Pour pouvoir poser sa serviette en toute tranquillité et profiter d’une zone d’eau propre, je suis allée au Sporting Club. En plus des transats et de la piscine, se baigner dans la mer à côté du rocher aux pigeons est extra. Le cadre idéal jusqu’au coucher de soleil…
Mes aventures libanaises se terminent, et après un dernier diner de mezze, je file à l’aéroport.

Jezzine

A lire : Faire un Road Trip au Liban (conseils et mode d’emploi)

2 réflexions sur “Road trip au Liban : l’itinéraire

  1. Caro dit :

    Merci pour ce beau compte-rendu. T’es-tu sentie en sécurité dans ce pays ? Nous hésitons à y aller cet été en famille pour rendre visite à des amis.

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