islande

Préserver l’Islande du tourisme de masse

Le tourisme en Islande a littéralement changé le pays et impacté la vie de ses habitants. L’afflux de touristes en masse a commencé en 2010, lors de l’éruption du volcan Eyjafjallajökull. Le monde avait alors (re)découvert la beauté des paysages d’Islande. Depuis, le nombre de visiteur n’a fait que croître. Bien que le tourisme contribue à développer l’activité économique du pays, les sites naturels pourtant relativement préservés jusque là pourraient être menacés à l’avenir. Depuis 2000, le nombre de visiteurs étrangers a dépassé le nombre d’habitants sur l’île.

En 2016, l’Islande a accueilli 1,7 millions de touristes, soit 2x plus qu’en 2010 ! Sachant que la population de l’île est de 330 000 habitants. Le tourisme est devenu une industrie plus rentable que la pêche et la production d’aluminium : en 2015, il a rapporté 208,4 milliards de couronnes (1,6 milliard d’euros) au pays.

Pourtant, 75% de la population estiment que la pression du tourisme sur la nature est trop élevé, selon un sondage réalisé par l’Université d’Islande et l’Office du tourisme islandais. Ils souhaitent que leur pays améliore les infrastructures et les transports en commun pour mieux canaliser le trafic des visiteurs. Conséquence inévitable : la fréquentation se concentre autour de certains lieux stratégiques et du coup, en change radicalement le visage. À cette allure, les globe-trotters qui rêvent de la nature islandaise pourraient bien en modifier durablement le paysage.

L’augmentation touristique est si soudaine que les autorités n’ont pas le temps de s’organiser pour faire face à l’afflux. Ainsi, les sites naturels particulièrement prisés comme les geysers manquent cruellement de structures d’accueil et ne peuvent recevoir autant de personnes qu’actuellement sans que cela ait un impact direct. De nombreux experts s’inquiètent des conséquences d’une telle hausse du tourisme sur l’environnement. Anna Dora Saeporsdottir, responsable du département des sciences environnementales de l’université d’Islande, déclare :

« 80 % des touristes viennent ici pour profiter de la nature. Cela crée une pression énorme sur nos sites naturels. Les visiteurs piétinent la végétation, des formations géologiques ou encore des sols qui sont très fragiles. D’ailleurs, nous constatons déjà des effets très visibles sur notre environnement. Bien sûr, cela nous inquiète. »

Si l’Islande a pris des mesures pour concilier le tourisme et la préservation de la nature en mettant en place un instrument qui permet de mesurer les ressources énergétiques à préserver et à exploiter, l’OCDE notait dans une étude en 2014 que « le tourisme fait peser des pressions sur les écosystèmes fragiles. » Concilier un développement économique et une protection majeure reste donc un enjeu majeur pour l’île.

Les paysages grandioses et une nature à l’état brut, c’est ce qui attire les voyageurs en Islande, mais c’est une richesse fragile et difficile à protéger. Avec les 4×4 de plus en plus nombreux sur les pistes à l’intérieur du pays et le camping sauvage dans la nature, la virginité de ces écosystèmes est menacée. Ces personnes qui affluent du monde entier pour visiter les glaciers islandais, se promener à cheval le long des fjords ou observer les aurores boréales durant l’hiver influent sur la nature et les ressources de l’île.

Afin de gérer la nouvelle popularité de l’Islande, certains suggèrent que le nombre de touristes soit limité aux destinations les plus populaires. Certains professionnels du tourisme de l’île préconisent notamment de se concentrer sur ceux qui sont prêts à payer un “prix réaliste” pour visiter les sites protégés. En somme, moins de touristes, mais des touristes qui dépensent davantage. De nouvelles liaisons aériennes depuis l’étranger vers les zones les moins visitées de l’île, notamment dans l’Est, pourraient, aussi, permettre de mieux répartir les visiteurs. Reste à trouver les financements pour que l’île s’adapte et puisse continuer à accueillir ses nouveaux admirateurs.

Le boom touristique incite aujourd’hui le gouvernement islandais à repenser ses politiques environnementales. La faune et la flore, notamment, doivent être protégées. Un des parcs nationaux les plus fréquentés a d’ailleurs décidé d’interdire l’utilisation des drones dans son enceinte. Les responsables du parc de Vatnajökull ont en effet jugé que ceux-ci portaient préjudice à la vie animale, notamment à celle des faucons présents sur le site.

Mon point de vue, c’est que la communication qui est fait autour de l’Islande se concentre uniquement sur certaines zones, alors que le pays regorge de surprises qui ne demandent qu’à être vues ! Le golden circle n’a pas plus d’intérêt que d’autres points à l’opposé de l’île. Aussi, la question est celle de la répartition de la masse touristique sur le territoire, pour éviter d’en concentrer les effets négatifs, et que les effets positifs puissent bénéficier à tous les habitants. L’Islande a de la place pour tout le monde. Reste maintenant à en modifier la promotion et à sensibiliser les étrangers à l’impact de leurs gestes sur le territoire.

2 réflexions sur “Préserver l’Islande du tourisme de masse

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *