Mymoune

Mymouné, le goût du Liban traditionnel

Il est à peine 8h quand j’ouvre les yeux et réalise que je suis à Beyrouth. Je suis arrivée dans la nuit à l’aéroport et n’ai eu que 3-4h de sommeil. Pourtant à peine arrivée au Liban, mon programme est déjà chargé. J’ai rendez vous avec Amine.

Quand je prépare un voyage, j’enquête pour trouver des choses originales à voir ou à faire, qui ne sont pas dans les guides et me permettent de vraiment découvrir un pays au plus près de ses habitants. En regardant une émission consacrée à la cuisine libanaise, j’ai découvert Mymouné et je n’avais qu’une envie : contacter cette entreprise, créée par des femmes pour des femmes. En écrivant à Mymoune, c’est Amine qui m’a répondu et avec qui j’ai échangé. Dans mon esprit, il apparaissait évident qu’il s’agissait d’une femme, étant donné l’histoire de la structure.

Vers 9h, dans l’agitation beyrouthine du quartier Hamra, alors que je cherche une femme du regard, c’est un homme qui vient vers moi. Ca ne m’était même pas venu à l’esprit (Amine ne m’était pas apparu non plus comme un prénom masculin) mais c’est pourtant bien lui, Directeur Général de Mymoune, avec qui j’ai échangé. Nous montons en voiture direction Ain El Kabou, au pied du mont Sannine. Amine me parle de Beyrouth, du Liban, de sa famille, de sa vie qui l’a conduit à plusieurs endroits du monde dont plusieurs années à Paris.

Vous commencez par vous demander, mais qu’est ce que c’est Mymoune ? Et bien ce sont des bons produits, naturels, comme des confitures ou des sirops, fabriqués selon la tradition libanaise. La « mouné » c’est mise en conserve des fruits, des légumes et même des plantes, le fait de préparer en grande quantité pour pallier à l’hiver rude du Liban. Comme ça toute l’année on a les meilleurs produits cueillis à la meilleure saison. En 1989, en pleine guerre, les conditions sont difficiles et le moral est bas. Alors la mère et la tante d’Amine décident d’utiliser la tradition de la mouné pour créer de l’activité au village et emmènent les femmes qui comme elles, ne voulaient pas subir la guerre sans rien faire. De saisons en saisons, le village se mobilise autour des cuves et des chaudrons pour les préparations.

mymouné

Mymouné

Mymoune

Amine m’emmène dans sa maison de famille, où les 1ere confitures furent faites avec les ustensiles de cuisine des unes et des autres et où elles continuent toujours d’être créées, dans un laboratoire devenu plus moderne. Les premières cuves se sont transformées en matériel professionnel, mais c’est toujours à la main que le travail est réalisé. La spécialité, c’est la confiture de rose et l’eau de rose. Les Roses de Damas, nom de la variété, qui poussent dans le jardin, sont cueillies, triées, et chaque pétale est sélectionné à la main. Je regarde ces femmes trier tous ces pétales, d’autres qui louche après louche, remplissent les pots de confiture. Minutie et tradition. Des qualités qui font la réputation de Mymoune.

Amine me fait gouter l’eau de rose, c’est une 1ère pour moi. C’est très particulier d’avoir la sensation de boire une fleur et d’avoir en bouche ce parfum. Mais cette eau de rose a une histoire, ce n’est pas un produit comme les autres. Je profite du jardin, où se mêlent roses, arbres fruitiers, plantes aromatiques, le tout sur une terre sèche mais fertile. La vue sur la vallée jusqu’à la mer est saisissante, le lieu respire la sérénité. C’est pourtant de l’audace et de la pugnacité qu’il a fallu à Youmna et Layla Maalouf pour utiliser cette terre coriace pendant la guerre pour en extraire le meilleur.

Mymouné

Aujourd’hui, Mymoune est reconnue comme des produits de qualités, vendus dans les épiceries fines à New York, Londres ou Paris, mais avec le même savoir faire : que du naturel (sans additifs, ni colorants alimentaires, ni conservateurs chimiques), des recettes de grand mère, un respect des traditions, un attachement à la terre.

 

Tous les produits sur : http://www.mymoune.com

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