Jordanie

Road trip en Jordanie

J’ai passé 10 jours en Jordanie, sac sur le dos et en solo. Enfin presque solo, car je ne me suis jamais sentie seule. Ce pays, j’en rêvais depuis longtemps et il ne m’a pas déçue.

Avant toute chose : la Jordanie n’est pas touchée (en tout cas directement) par les conflits dont elle est entourée. Il n’y a pas la guerre et il n’y a pas de lieux d’affrontements. Le pays est malheureusement confondu avec ses voisins et en souffre (baisse significative du tourisme). C’est un pays sur, dans lequel je n’ai jamais eu un seul problème, ni me suis sentie en insécurité. Les précautions d’usage lorsqu’on est une fille qui voyage seule sont bien sur à prendre, comme dans d’autres pays. J’insiste car ce pays en a besoin et qu’il ne mérite pas de pâtir des conflits qui sont autour. La Jordanie a été pour moi une magnifique découverte, et l’accueil et la gentillesse des jordaniens y a largement contribué.

La plupart des touristes qui viennent en Jordanie se contentent de louer une voiture et d’aller de points en points avec leur véhicule. J’ai préféré me confronter à la population locale en me déplaçant comme eux. La véritable aventure ! Si les trajets en bus sont très abordables, certaines zones ne sont accessibles que par voiture, et là, le compteur monte vite pour demander à un jordanien de vous y emmener !

JOUR 1 : JERASH – AMMAN

Arrivée dans la nuit à l’aéroport d’Amman, j’ai comme souvent, attendu patiemment sur place le petit jour pour le quitter. Le moyen le plus économique ? Un bus qui vous amène à « Amman Bus Station » au nord de la ville pour 3 JOD (4€). D’ici, vous trouverez des bus qui partent pour tout le pays ou des taxis pour aller downtown (l’hyper centre d’Amman).

Aller à Jerash de là ne cout qu’1 JOD (1,5€) par le bus, si on est patient (j’ai attendu 1h, vu qu’il ne part que quand il est plein). Les chauffeurs de taxi vous feront croire qu’il n’y a pas de bus pour vous faire payer la course ! Le site archéologique de Jerash est situé en entrée de ville, gardez l’œil ouvert et dès que vous apercevez les ruines, demandez au chauffeur de vous arrêter.

Jerash est un site immense. Il ne faut pas moins de 3h pour en faire le tour. C’est l’une des villes provinciales romaines les mieux conservées au monde, avec des vestiges vraiment impressionnants. Rues pavées, colonnades, temples, théâtres, thermes… La totale. A chaque point d’intérêt, la police touristique est là pour veiller, assise tranquillement à l’ombre à vous observer.

Jerash

Jerash

L’après midi, je suis à Amman, la capitale de 2 millions d’habitants. Je loge downtown, dans un dortoir, d’où je peux à la fois « profiter » de l’effervescence de la ville (même la nuit…) et tout faire à pieds. Le principal internet est la Citadelle, qui offre une superbe vue sur la capitale. Il faudra grimper un peu pour y accéder.

Puis vous pouvez prendre une bière au Book@café, le 1er internet café du Moyen Orient et à avoir affiché hommes et femmes assis ensemble pour un verre. Mêlez vous au brouhaha qui règne dans le Souk, imprégniez vous de l’ambiance agitée et *légèrement* bordélique 😉

Le soir, les guides recommandent de prendre Rainbow street, mais je n’y ai trouvé que peu d’intérêt. Une succession de bars et de restau, pour la jeunesse qui s’occidentalise et les touristes. J’ai plutôt «diné » dans un bouiboui caché derrière un immeuble, dans une petite cour, où se retrouve les familles du quartier pour partager du Houmous avec du thé.

Amman

Amman

JOUR 2 : AMMAN – MADABA

Le matin, visite de l’autre site touristique qui mérite le détour à Amman, c’est l’immense amphithéâtre romain. Situé en plein centre ville, c’est le plus grand de Jordanie et accueille encore jusqu’à 6000 spectateurs.

Amman

Je quitte la capitale en bus pour Madaba, située à une trentaine de km et mon point de chute pour les jours qui suivent pour visiter aux alentours. La ville est connue pour ses mosaïques, notamment celle de l’église St George : la plus vieille carte de la Terre Sainte au monde (VIème siècle). J’ai fait un tour à l’école de mosaïques, où j’ai eu la chance de visiter les ateliers et d’échanger avec une professeure qui m’a expliqué le processus de création et de restauration d’œuvres.

Avec un taxi (pas le choix), je suis allée au Mont Nébo, mentionné dans la bible comme étant le lieu où Dieu amena Moise pour qu’il contemple la Terre Sainte qu’il offrait aux hébreux, avant d’y mourir. La vue est impressionnante, jusqu’à la Mer Morte et toute la vallée du Jourdain.

Madaba

JOUR 3 : MADABA – MER MORTE

Le seul moyen d’aller à la Mer Morte depuis Madaba, c’est le taxi/chauffeur. Autant dire que les prix sont élevés. J’ai donc fait du porte à porte aux hôtels la veille en quête de touristes qui veulent se rendre joindre à moi. C’est après avoir pris le thé avec un chrétien syrien dans sa boutique, qu’en ce 3eme jour je reçois un message de son cousin qui m’a trouvé un taxi avec 2 Suissesses. Parfait !

Je fais donc le trajet avec 2 supers Suissesses qui voyagent entre copines pendant que leurs maris font de même. Elles ne font que l’aller, nous nous quittons devant leur hôtel et je me remets en route avec mon chauffeur, Ahmad. Le peu d’endroits aménagés pour se baigner sont payants, ce qui n’est pas dans mes plans. Compréhensif, Ahmad me trouve un endroit où il n’y a rien, ni personne, si ce n’est une flaque d’eau douce pour pouvoir se rincer. Je profite pendant 2h de cette eau ultra salée (oui on flotte vraiment), du silence et du fameux gommage à la boue qui rend la peau toute douce !

Mer morte

mer morte

Au retour, Ahmad passe par le desert et me laisse conduire ! Mais chut, il ne veut surtout pas que ça se sache… 😉

JOUR 4 : MADABA – WADI MUJIB

La veille j’ai fait la connaissance de Nicolas, un québécois qui fait le tour du monde. Cherchant à partager le cout du taxi pour aller au Wadi Mujib, et lui aussi dans un souci d’économie, nous décidons d’y aller ensemble.

Le Wadi Mujib est un canyon superbe, face à la Mer Morte. Le Siq Trail est un itinéraire de 2km dans l’eau, de la cheville au cou ! Il est indispensable de prévoir un sac étanche (par chance Nicolas en avait un) si vous voulez prendre avec vous un appareil photo. Prévoyez des chaussures qui peuvent aller dans l’eau (exit les grosses paires de randonneurs) : pour ma part, les Converse ont très bien fait l’affaire. La marche se fait au milieu des hautes parois étroites et rouges. Attention, c’est un parcours parfois difficile ! Certains obstacles, avec le courant fort de la rivière, ne sont pas évidents. Parfois, il y a des employés sur le parcours qui aident à passer, ce qui s’avère utile.

Arrivée au bout du parcours (la cascade), il n’y a plus qu’à refaire le chemin inverse. Quitte à se laisser porter par le courant sur quelques mètres en étant intégralement dans l’eau… Prévoir 2h-3h aller retour.

Wadi Mujib

Mardi Mujib

JOUR 5 : MADABA-AMMAN-DANA

Pour nous rendre à Dana, avec Nicolas, nous prenons un 1er bus qui nous ramène à Amman, à la station sud « Al Janoob ». Puis depuis Al Janoob, prendre un bus vers Qadisyya, en précisant au chauffeur que vous allez à Dana après et qu’il faudra vous arrêter à l’intersection qu’il faut.

Après plus de 2h de bus, il nous largue à un rond point. Ni une ni deux, sans trop que l’on comprenne, l’un des passagers descend et nous embarque dans la voiture d’un de ses amis. A 5 dans la voiture, vitres fermés et clopes au bec des jordaniens, nos sacs sur les genou, c’est assez folklorique. Après quelques minutes, 2eme largage, à un angle de rue. On nous emmène dans une nouvelle voiture qui nous emmène à Dana. Tout est parfaitement synchronisé et c’est là que l’on comprend la sympathie des jordaniens qui se sont organisés sans qu’on le sache pour que l’on arrive à destination.

Dana est un village plus ou moins abandonné, plus ou moins en ruines, qui trône au dessus de la magnifique vallée de Dana, une réserve naturelle. Nos paquetages posés, nous partons dès le début d’aprèm en randonnée. Le silence et le chemin au milieu des montagnes est assez génial à faire, bien que difficile. Le retour (la montée) est d’une certaine difficulté, surtout sous le soleil. Près de 4h de randonnée dans la nature, c’est exténuant mais ca fait du bien.

Superbe diner à l’hôtel, avec un large choix de plats traditionnels que l’on mange sous les étoiles. Les loups et chacals se font entendre et hurleront toute la nuit…

Dana

Dana

JOUR 6 : DANA – PETRA

Marche en solitaire autour du village au petit matin, à flanc de montagne. Je croise un jeune berger qui bouge son troupeau en jouant de la flute. Au milieu de la vallée et avec l’écho, c’est assez enchanteur.

En rentrant à Dana, je tombe sur mes amies les Suissesses ! Elles aussi doivent se rendre à Petra, nous décidons donc de faire à nouveau chauffeur commun, ce qui reviendra même moins cher que le bus ! Elles décident de venir dans le même hôtel que nous.

Après le check in, nous arrivons à Petra, enfin ! Un rêve depuis tellement longtemps. Cette 1ere demi journée nous offre un beau 1er aperçu de l’étendue de la Cité nabatéenne. L’entrée se fait par un canyon, le Siq, sur 2km, et qui s’achève sur le Trésor, le temple le plus célèbre du site. Ensuite, de nombreux sentiers de marche partent de tous les côtés depuis l’allée centrale de la cité. Nous prenons celui qui permet de voir le Trésor vue d’en haut. Il est faisable en 1h30 A/R. Les premières marches du sentier offrent des vues magnifiques sur l’allée principale de la cité jusqu’aux montagnes.

Petra

Petra

JOUR 7 : PETRA

L’entrée de Petra étant chère (70€), autant en profiter 2 jours, d’autant plus que vous trouverez de quoi voir étant donnée la taille du site.

Si les ruines, les temples et les tombeaux ont leur importance, ce qui m’a le plus fasciné, c’est bien les sentiers en hauteur, les marches à grimper, pour atteindre des points à couper le souffle. Et le tout dans une solitude absolue ! Et oui parce que même dans le site le plus touristique du pays, je n’ai pas du croiser plus de 100 touristes sur le chemin principal. Alors imaginez le bonheur en sortant des sentiers battus… Le revers de la médaille, c’est que les locaux sont TRES insistants pour vous prendre tour en chameau ou en âne… Mais en grimpant dans les rochers vous serez tranquilles.

Après plus de 4h de marche autour du « funeral trail », jusqu’au lieu du Sacrifice et la descente dans la vallée d’à côté, nous avons entamé la montée des 800 marches qui mènent au Monastère, le bout de Petra. Un chemin épuisant mais qui vaut le coup, notamment jusqu’à la colline qui se revendique « plus beau point de vue de Jordanie ».

Marcher hors des sentiers battus, arpenter les temples et les tombeaux, flâner entre les rochers… Tout ça est possible à Petra, dans une grande liberté et pour des vues incroyables.

Petra

Petra

JOUR 8 : WADI RUM

Je quitte Petra avec Nicolas tôt le matin avec un couple espagnol pour toujours plus de partage des frais 😉 Nous avons rendez vous à l’entrée du Wadi Rum avec Majed, notre guide bédouin pour cette étape dans le désert. Il nous accueille chaleureusement, nous emmène chez lui pour le thé puis nous entrons dans le désert à bord de sa vieille Jeep.

Et là, on en prend plein la vue. Du sable rouge, de la roche rouge, un paysage incroyable. Le Wadi Rum est un petit désert, lieu de passage de Lawrence d’Arabie, terre des bédouins. Majed met l’ambiance dans la voiture, la liberté est le mot d’ordre. On boit le thé au milieu de nul part, on escalade des rochers, on danse dans ce désert silencieux, on marche dans le sable brulant.

Toute la journée, déjeuner compris, Majed nous a baladé dans le Wadi Rum avec sa joie et nous en avons pris pleins les yeux. Jusqu’au coucher du soleil, où nous sommes montés sur un rocher et avons contemplé le soleil couchant seuls au monde, face au désert.

Le diner et la nuit se passe dans un campement aménagé, avec des tentes. Je conseille vivement de sortir le matelas, de l’installer dans le sable, et de contempler les étoiles. C’est parfois avec pas grand chose que l’on vit les meilleurs moments…

Wadi Rum

Wadi Rum

JOUR 9 : WADI RUM – AQABA

Quel plaisir de se lever (même très tôt) dans le désert… De prendre un petit déjeuner sous la tente, toujours entouré par les formations rocheuses et le sable. Majed nous ramène au village pour prendre un thé chez lui. C’est là que Mathias, rencontré à Petra, nous retrouve !

Comme il est en voiture, nous roulons ensemble jusqu’à Aqaba, la pointe sud de la Jordanie, le seul port du pays. Apres les adieux avec Nicolas (que je recroiserai en Israel, mais je ne le sais pas encore) qui remonte en bus vers Amman, Mathias et moi nous rendons dans la baie au sud de la ville, où se trouve notre hôtel.

Aqaba, c’est le paradis des plongeurs. Le corail, les épaves et la richesse des fonds marins de la mer rouge en font un endroit idéal pour ça. Et donc pour la détente… Après plus d’une semaine de vadrouille intense à travers le pays, c’est que je fais. Etant donné qu’il fait 47°, les activités sont limitées, je me contente donc de profiter de la piscine de l’hôtel, où nous sommes seuls… De même au restaurant pour diner, nous étions les seuls clients.

JOUR 10 : AQABA – EILAT (ISRAEL)

Après (courte) réflexion, j’ai craqué pour l’excursion plongée, un incontournable quand on est ici. Etant donné que nous sommes les seuls touristes, le tarif est imbattable et nous avons un guide par personne. Le luxe 😉

On embarque en fourgon avec nos guides et le matériel vers un site de plongée tout près de l’hôtel. Briefing sur la plage sur le matériel, les conditions, les gestes, les attitudes à avoir. Nous plongerons une grosse demi heure et jusqu’à 10M de profondeur.

Mon moniteur s’appelle Captain Mahmoud, il me prend par la main jusqu’à ce que je sois sous l’eau ! Et sous l’eau, c’est magique, dès la première respiration par la bouche, ce qui se fait finalement très naturellement. Au milieu du corail, des poissons, l’épave d’un tank ! La sensation est incroyable, et même si j’avais une appréhension avant, elle a totalement disparue sous l’eau.

Aqaba

Aqaba

Dans l’après midi, mon paquetage fait, c’est l’heure de quitter les lieux et la Jordanie. Nous partageons un taxi avec Mathias, qui m’emmène à la frontière israélienne, que je traverserai à pieds… Mais ca, c’est une autre histoire 😉

[Lire l’article sur les bonnes adresses, les conseils et le budget en Jordanie]

5 réflexions sur “Road trip en Jordanie

  1. Bel dit :

    Bonjour,
    Je vais en Jordanie au mois de septembre. Je me demandais si l’on pouvait porter des shorts, débardeurs, jupes?

    • laplanneusesupertramp dit :

      Bonjour, merci de ton commentaire. Oui bien sur tu peux ! Dans la limite du raisonnable, c’est à dire que de porter des vêtements courts/légers à cause de la chaleur, oui, mais pas de décolletés prononcés ou habits moulants. De toute façon quoi que tu porte, tu sera observée par les locaux 😉

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *