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Faire un road trip au Liban

Après avoir entamé la découverte du Moyen Orient avec la Turquie l’année dernière, je suis partie faire le tour du Liban pendant une semaine. J’ai beaucoup et surtout voyagé à travers l’Europe (lire : Tour de l’Europe), ce périple était donc un nouveau défi dans mon palmarès de trip en solitaire. Autant dire que ce n’était pas de tout repos !

Le Liban est le 166ème pays du monde pour sa superficie, le plus petit d’Asie continentale. Il est bordé de tout son long par la méditerranée mais est surtout un pays de montagnes, qui occupent la plus grande partie du territoire. Le Liban a la particularité d’être multiconfessionnel et dont le système politique est basé sur une répartition du pouvoir selon le poids des communautés religieuses. La France, qui a créé le Liban en 1920, a une histoire forte avec ce pays, et ce, depuis St Louis. Le français est la 2nde langue internationale (devant l’anglais), elle n’est toutefois parlée que partiellement, surtout si l’on sort de Beyrouth. 55% des libanais ignorent totalement le français…

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Formalités d’entrées

Avant de partir sur les routes, il faut déjà arriver et rentrer dans le pays. Autant vous le dire : j’ai réalisé un coup de poker énorme sur mes billets d’avion. Sur certains blogs, j’ai lu qu’il était POSSIBLE de dénicher des billets à 350/400€ A/R en se débrouillant bien. Accrochez vous. Je suis allée à Beyrouth pour… 198€ ALLER/RETOUR ! La condition pour ce tarif imbattable ? Une escale (à Istanbul), 9h de voyage (dont un avion retour qui part à 5h45, dur…), et une compagnie ultra low cost (mes 4 vols étaient en retard, supplément parce que mon bagage pesait + de 8kg…). Il faut ce qu’il faut. Ma chance, c’est de ne pas avoir loupé les correspondances malgré les retards, pour cela, prévoyez large niveau timing (min. 3h) entre 2 vols, pour être sur.

Pour venir au Liban veillez à avoir un passeport valable 6 mois après la date retour et ATTENTION, il ne doit porter AUCUN visa d’Israël ! Sinon, c’est retour à Paris direct. Après une heure d’attente du fait de l’affluence à ce moment là, j’ai ensuite mis moins de 5 min à avoir mon VISA (obligatoire, valable un mois et gratuit), après avoir rempli une fiche d’informations. Tout ce que vous lisez sur les forums ou le site de l’ambassade est FAUX et pas nécessaire pour un visa touristique (demande de paperasse, délai d’obtention, 39€ à payer…). Même en faisant la demande seulement à l’aéroport de Beyrouth, je n’ai eu aucun documents ou justificatifs à fournir.

La monnaie utilisée est la livre libanaise (LBP) mais le dollar est couramment utilisé. En tant que touriste, il est fréquent que l’on vous propose des prix en $, notamment dans les taxis. Possible même de payer en LBP et que la monnaie soit rendue en $ ou vice versa. Trouvant ça peu « local », j’insistais pour payer et négocier toujours en livres, sachant que 1000 LBP = 0,60ct € (1€ = 1700 LPB). Attention, prévoyez de faire la majorité de vos transactions en liquide car d’une part, il s’agit souvent de sortir des petites sommes (ex : un trajet de bus dans Beyrouth coute 1000 LBP), et surtout, la carte de crédit n’est quasi pas acceptée (je ne l’ai jamais utilisé en une semaine), si ce n’est à Beyrouth. Donc habituez vous à vous promener avec des liasses de billets…

 

Les transports

Les transports au Liban, ma partie préférée 😀 Il existe 3 catégories de transports en communs sur le pays : les bus, les mini bus (même forme que les bus), et les « services » (taxis collectifs). Dans tous les cas, le principe est le même : il n’y a pas d’arrêt, si vous voulez que l’un de ces transports vous prenne, il suffit de faire signe pour qu’il s’arrête et vous amène à votre destination.

Bus / mini bus : j’ai adoré me déplacer de cette manière, à la fois parce que c’est typique (j’étais la seule touriste à chaque trajet) et utilisé par les locaux mais aussi parce que c’est le moyen le moins cher de se déplacer. Ce sont des sortes de vannes qui datent des années 80, où l’on peut s’entasser jusqu’à 20 selon certains trajets prisés, sans la clim, et qui relient les principales villes du pays. Ils roulent vite, dangereusement parfois, la porte ouverte (pour récupérer du monde en route), et vous dépose là où vous dites « stop » sur leur chemin. Dans chaque ville, il y a un point de rdv où le bus passe, très facile de demander « bus stop » pour venir et repartir d’une ville à l’autre. En une semaine, je n’ai jamais attendu un bus plus de 15min, quelque soit le lieu où je me trouvais dans le pays. En dehors des points de RDV, le moyen sur d’avoir un bus en quelques minutes, c’est la voie rapide. Alors oui, ça paraît foufou de notre point de vue français, mais il est « normal » de marcher le long de « l’autoroute » (et des voitures qui roulent comme des malades) jusqu’à ce qu’un bus passe et vous récupère. D’ailleurs, la plupart des gens demandent à être arrêtés à des embranchements de voie rapide (et continuent à pieds jusqu’à leur village).

Lorsque l’on part / vient à Beyrouth : Comme la ville est grande et que les bus ne rentrent pas dans le centre (ce sont les mini bus qui prennent le relai pour les déplacements intra urbains), il y a des points de rdv à connaître pour se déplacer à travers le pays :

  • Vers la Bekaa = Hazmieh, rond point Al-Sayyad
  • Vers Saïda, Tyr, Mont Liban… = Cola
  • Vers Tripoli, Byblos, vallée Qadisha… = gare routière Charles Helou

Dans le Liban Nord, bon nombre des gens qui montaient dans le bus disaient « bonjour » et « merci » en français, ce qui n’est pas le cas dans le Sud. Clamez toujours votre direction au chauffeur en montant dans le bus. J’ai ainsi dit je ne sais combien de fois « Beyrouth Cola ! » pour être sure d’arriver au point de rdv pour entrer dans la ville. Un trajet de bus pour aller d’un bout à l’autre du pays n’excède pas 3h, c’est l’avantage. Renseignez vous sur le coût du trajet AVANT car ça ne le fait pas de demander « c’est combien svp ? » D’une part ça fait vraiment touriste qui ne sait pas prendre le bus, et ensuite, si le chauffeur voit que vous ne savez pas, il peut vous entourlouper ou vous rendre moins la monnaie.

A titre indicatif :

  • Beyrouth – Tyr = 5000 LL
  • Beyrouth – Saïda = 2000 LL
  • Beyrouth – Bsharre = 8000 LL
  • Batroun – Byblos – Beyrouth = 5000 LL
  • Beyrouth – Beittedine = 3000 LL

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Les « Services » : autrement appelé taxis collectifs MAIS, ne vous avisez pas de prononcer le mot « taxi » sinon il vous fera payer plus cher ! Je m’explique… Le service est un taxi reconnaissable grâce à sa plaque d’immatriculation rouge et qui permet de partager le trajet avec d’autres voyageurs. En gros, c’est du covoiturage. Si vous n’êtes pas pressé (le taxi dépose les passagers dans l’ordre de montée dans la voiture), ça permet de se déplacer de manière facile, économique et de découvrir la ville. Quelques subtilités cependant : ce moyen est très efficace et utile à Beyrouth pour aller d’un quartier à l’autre (faute d’apprendre toute les « lignes » de bus par cœur), si les distances ne sont pas trop longues. En gros, vous êtes dans la rue, vous arrêtez un taxi (de toute façon ils klaxonnent tous pour rameuter des passagers) et dites « service » de suite, suivi du quartier où vous allez. Si ce n’est pas trop loin (< 10min), il dit OK et vous emmène pour 2000 LBP (1,2€). Si c’est trop loin, il va péter un câble, dire que vous voulez l’arnaquer et voudra passer en mode « taxi » (plus cher donc). Raison pour laquelle il ne faut pas prononcer le mot « taxi » sinon le chauffeur saute sur l’occasion, dit OK, et vous fait payer triple. En se débrouillant bien, on peut même aller en « service » à l’aéroport (pour 6000 LBP). Pour en venir par contre, ce sera taxi obligé et la modique somme 20$ (touriste = pigeon)…

Dans le reste du pays, les véhicules à plaque rouge fonctionnent en taxi, sauf dans des grandes villes comme Saïda, où le déplacement intra urbain est possible (toujours pour 2000 LBP). Les taxis permettent de vous rendre dans des endroits reculés, non desservis par les bus. Il faut toujours négocier avant sa course (en ayant déjà en tête un prix approximatif pour ne pas se faire avoir) ! A titre d’exemple j’ai fait Saïda-Jezzine en taxi (40 min de route) pour 20 000 LBP (15€).

La location de voiture : c’est ce que je devais faire au départ. En fait, je suis RAVIE d’avoir oublié mon permis (oui oui) qui m’a donc forcé à improviser et vivre cette aventure à la libanaise ! Mais surtout, surtout… la conduite des libanais est inqualifiable. Vraiment, sauf si vous avez l’habitude de ne pas respecter le code de la route et de risquer votre vie à tous les tournants, ne conduisez pas au Liban… Les routes ont souffert de la guerre et sont irrégulières, les embouteillages fréquents sur la route côtière et du fait des nombreux barrages militaires (l’usage est de marquer l’arrêt, baisser la vitre/allumer le plafonnier). Pour les plus téméraires, la voiture offre une certaine liberté et vaut le coup lorsque l’on est plusieurs (le carburant n’est pas cher et la location possible à partir de 15€ / jour). Le permis international est obligatoire et les boites de vitesse sont principalement automatiques.

Un jour, un chauffeur de taxi (en mode « service », pour aller à Cola) me dit « Mais comment vous avez appris comment vous déplacer au Liban aussi vite ? » Ce qui veut dire que c’est d’apparence très galère, mais quand on a pigé les codes, on s’en sort comme un local 😉

 

Hébergement 

Au Liban, pays où le cout de la vie est plus cher que ses voisins, il y a plus d’hôtels à prix élevés qu’abordables… Mieux vaut se renseigner avant de partir du fait de la pauvreté de l’offre en dehors de Beyrouth. C’est un pays difficile pour les backpacker comme moi car le concept d’auberge de jeunesse ou de dortoirs n’existe pas ! Le mieux est de choisir Beyrouth comme point de chute et de bouger chaque jour vers un endroit du pays (sa taille permet de faire des A/R dans la journée). Exception peut être pour la vallée Qadisha et la réserve naturelle du Chouf, qui mérite qu’on s’y attarde 2 jours chacun. Je recommande de ne pas y aller en été, d’une part pour l’étouffante chaleur, ensuite pour l’invasion des touristes qui marque une hausse des prix (et des arnaques).

Pour la vallée Qadisha, vous trouverez des chambres chez l’habitant à Bsharre ou des petits hôtels (2 annonces sur AirBnB). Pour la région du Chouf, elle compte des campings ou écolodges en montagne et/ou en foret. A Beyrouth, le bon plan : les foyers et les couvents. J’ai personnellement dormi chez les Sœurs de St François (dans le quartier central de Hamra), qui m’ont gentiment hébergé au dernier moment. Il ne faut pas s’attendre à du grand confort, c’est sommaire mais avec le minimum vital. Attention, à Beyrouth, l’eau du robinet est salée ! Oui, pour la douche aussi… Et dans la majorité du pays, elle n’est pas potable.

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Cuisine

Une chose est sure, vous ne mourrez pas de faim… Au Liban, bien manger et une table bien fournie, c’est sacré ! C’est une cuisine riche, variée et même devenue très raffinée au fil du temps.

La spécialité traditionnelle, ce sont les Mezze, un ensemble de plusieurs plats à partager (de 6 à 100…) dans lequel on pioche avec du pain libanais. Parmi les portions (généreuses) proposées, il peut y avoir du tabouleh (attention, peu de semoule dedans contrairement au notre, ce n’est quasi que du persil haché) ou du fattouche, les salades phares. Le houmous, purée de pois chiches qui baigne dans l’huile d’olive, est un inconditionnel (auquel on peut ajouter des pignons frits). Il y a aussi le kebbé, viande fraiche battue avec du blé concassé, le labné, un délicieux fromage crémeux, les warak enab, feuilles de vignes farcies… La tradition, c’est une table chargée de mezze à partager en famille.

La base, c’est le pain arabe, sorte de grand disque fin comme une crepe qui s’ouvre en 2 et permet de piocher dans l’assiette (les couverts ne sont quasiment pas utilisés).

Dans le Sud du Liban, vous trouverez peu d’établissements qui proposent de l’alcool. Le peu de vin que j’ai pu gouter, c’est lors d’une dégustation sur un marché. La région viticole du Liban est surtout dans la plaine de la Bekaa. L’arak est l’alcool anisé servi avec de l’eau (aussi célèbre en Turquie) qui se boit avec les mezze. Leur pastis à eux !

 

Les libanais

Le caractère méditerranéen dans toute sa splendeur. Les libanais réservent un accueil chaleureux aux étrangers et n’hésitent pas à offrir l’hospitalité ou d’aider par tous les moyens que ce soit. Les français sont appréciés, ce qui m’a toujours été favorable et permet de « détendre » l’atmosphère (parfois certains se bloquent si l’on ne parle pas arabe). Partout où j’ai été, il était impossible de me perdre car toujours on est venu vers moi pour m’aider ou me renseigner. Même quand ils ne parlent pas la langue ou ne savent pas ce que je cherchais… J’ai été prise en stop sans le demander à plusieurs endroits et conduite gracieusement par un taxi dans la montagne jusqu’à la ville. Cependant, voyager seule quand on est une fille n’est pas aisé et il vaut mieux s’avoir ce qu’il en est avant (lire : Voyager seule au Liban).

J’ai été invitée à diner, j’ai vécu chez l’habitant, une entreprise familiale m’a ouvert ses portes, j’ai été guidé toute une journée… Les libanais ont toujours une envie : faire découvrir leur pays, sa cuisine, son patrimoine. Au Liban tout le monde se parle, le contact est simple (même si très direct), le tutoiement est usuel. La solidarité entre les uns et les autres naturelle et le partage omniprésent. J’ai vu des gens se passer des paquets entre les villes sur la bonne volonté des chauffeurs de bus, des vendeurs de bord de route offrir gratuitement de quoi manger aux passants.

Elie, que j’ai rencontré dans le bus et qui m’a gentiment accompagné dans la découverte de la vallée Qadisha, m’a dit : « En France, vous avez Liberté dans votre devise, mais vous n’êtes pas libre. Au Liban, on est libre. Tout ce qui n’est pas possible ailleurs est possible au Liban. »

Budget (7 jrs/ 7 nuits)

Transports (avion, bus, taxi) : 263€

Logement : 21€

Alimentation : 30€

Tourisme : 17€

TOTAL = 331€

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