cinque terre

Visiter les Cinque Terre en hiver

D’origine italienne, la « botte » est un pays que je connais bien. Du nord au sud, en passant par la Sicile je suis allée un peu partout. Il y a pourtant un endroit magnifique et largement connu que je ne connaissais pas : les Cinque Terre. Une des plus belles régions d’Italie.

vernazza

OÙ ?

Les Cinque Terre, situées en Ligurie, au nord ouest du pays, sont un regroupement de 5 villages, au sein d’un Parc National. Ils ont la particularité de se jeter dans la mer, tant ils ont l’air sculptés dans la roche et sont à flanc de falaise ou dans le creux de la montagne. Ces villages se nomment : Monterosso al Mare, Vernazza, Corniglia, Manarola et Riomaggiore. Inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO, ils sont reliés les uns aux autres par des chemins de randonnées. Cette destination est très prisée des amoureux de la nature et du charme de l’architecture typiquement italienne. On y est la bas les pieds dans l’eau tant les bâtiments font corps avec la mer, un rocher ou une crique.

Comment s’y rendre ?

cinque terre

Avion : il est possible d’arriver par Milan, le plus important aéroport aux alentours (situé à environ 180km). A partir de 45€ le vol direct depuis Nantes et 30€ depuis Paris. Il faut ensuite rejoindre Gènes (train, bus ou covoiturage), d’où partent les trains pour les Cinque Terre. Vous également arriver à Gènes directement mais c’est un petit aéroport, avec des vols directs depuis Paris uniquement, à partir de 50€. La dernière option, c’est d’atterrir à l’aéroport de Pise, situé à 80km, où Ryannair propose des vols directs depuis Paris à partir de 10€ ! Il vous faudra ensuite rejoindre La Spezia, où les trains partent pour les Cinque Terre.

Train : c’est le moyen de transport le mieux adapté à la région. Depuis la France, c’est la ligne qui fait Gènes/Rome ou Gènes/Pise et passe par les Cinque Terre. Il est possible d’arriver à Gènes par le train depuis Nice ou Turin par exemple. Sur place, le train régional dessert chaque village en 3min, avec un train / heure en hiver.

Voiture : Si vous êtes adepte du low budget (et pas pressé), vous pouvez rejoindre Gènes en covoiturage depuis la France (par la côte d’Azur ou par Lyon). Trajets sur : blablacar.it Si vous venez avec votre propre voiture, suivez l’Autoroute jusqu’à Gènes puis Levanto. Ensuite, des petites routes de montagne rejoignent les villages, mais les voitures y sont interdites à l’intérieur.   Je n’ai personnellement pas aperçu de parking, sauf pour les locaux. Je vous recommande de laisser votre voiture à endroit sécurisé dans une ville proche puis de profiter du Parc National sans celle ci. En été il est inenvisageable s’approcher le Parc en voiture…

LA RANDONNÉE

Le but d’un séjour au Cinque Terre est de profiter d’un grand bol de nature et de calme (impossible en haute saison) avec des paysages magnifiques. La randonnée peut être pratiquée toute l’année. J’y suis allée fin décembre, et si à l’ombre et la nuit les températures sont fraiches, les journées étaient ensoleillées et je me suis retrouvée en t-shirt pour marcher ! L’été, imaginez être à la file indienne dans les sentiers étroits tant il y a du monde…

Bien entendu, selon la période de l’année, veillez à vous renseigner sur les conditions météo et sur la praticien des chemins, qui ne sont pas tous ouverts tout le temps. Toutes les infos sur le site du Parc National des Cinque Terre. À ce jour, à cause d’intempéries, les sentiers entre Corniglia et Manarola et entre Manarola et Riomaggiore sont fermés. L’hiver vous permettra d’ailleurs de découvrir à Manarola la plus grande crèche du monde, installée en plein air sur toute une colline au dessus du village !

manarola

En hiver, l’accès aux sentiers bleus, ceux qui relient les village entre eux, est gratuit (tandis qu’il est payant en été). L’on peut faire ce chemin et traverser les 5 villages d’une seule traite (environ 5h de marche). Cependant, l’intérêt réside bien dans le fait de prendre son temps pour aller de l’un à l’autre, puis dormir sur place, avant de découvrir le suivant.

Monterosso <=> Vernazza (4 km – facile- 2h)

Je suis partie de Vernazza en suivant une pancarte depuis la rue principale, puis c’était partie pour la grimpette. D’abord dans les escaliers du village, jusqu’à en sortir pour finalement avoir la meilleure vue qui soit : apercevoir Vernazza d’en haut depuis la montagne d’en face. Puis on traverse foret et oliviers, à flanc de montagne et vue incroyable sur la mer. A l’arrivée sur Monterosso, 130 marches hautes descendent jusqu’au village (je n’ose imaginer en montée).

Vernazza <=> Corniglia (4 km – facile – 2h)

Depuis Cornigla, il faut suivre une pancarte au pieds de l’église qui permet de quitter le village. On traverse alors une route avant de s’enfoncer dans la nature et les oliviers. La vue sur Corniglia, perché sur sa colline, est incroyable. Ca monte, ça descend, et on recommence. Heureusement que le sentier offre une vue magnifique qui change à chaque tournant. L’arrivée sur Vernazza permet un panorama incroyable sur sa plage et sa tour.

Corniglia <=> Manarola (3 km – facile – 1h30)

Ce sentier est pour l’instant fermé.

Manarola <=> Riomaggiore (Via dell’amore) (1 km – très facile – 1h)

Cette balade (chemin plat en dur) est pour l’instant fermée.

Au delà de ces villages, le Parc des Cinque Terre propose d’autres chemins de randonnées, en montagne, pour rejoindre des villes ou des monastères… A vous de faire votre sélection !

Riomaggiore

La Cinque Terre Card

Pour profiter au mieux du Parc et de ses richesses, vous pouvez vous procure un pass, la Cinque Terre Card ou la Cinque Terre Card Treno.

La 1ère permet d’accéder à tous les sentiers du Parc National, et de bénéficier d’un service de mini bus qui relient les villages. De 7,5€ la journée à 14,5€ les 2 jours.

La 2ème est le fruit d’un partenariat avec Trenitalia. Elle offre les mêmes accès que la Cinque Terre Card, avec en plus, le train en illimité entre Levanto et la Spezia. Pratique si vous logez sur une de ces villes et devez prendre le train chaque jour pour vous rendre dans les villages. De 16€ la journée à 29€ pour 2 jours.

ATTENTION, si vous vous rendez dans la région en hiver, et que vous comptez marcher un peu, ces cartes ne sont pas rentables ! En effet, l’accès au parc est alors gratuit, et même si vous deviez prendre le train pour rejoindre un village, un trajet coute entre 1,8€ et 2,5€ ! Après calcul, vous vous rendrez compte que les cartes ne valent pas le coup.

corniglia

OÙ DORMIR ?

L’été, les hôtels, pensions ou autre location chez les particuliers, sont hors de prix. Il est nécessaire de réserver des mois à l’avance ! L’hiver, beaucoup d’établissements sont effectivement fermés, mais ceux qui sont ouverts bradent leurs prix.

L’idée, c’est de dormir dans l’un des villages, et de rejoindre les autre en train ou à pieds, selon le temps que vous avez. J’ai personnellement passé 3 jours dans la région, en mixant train et randonnées pour découvrir les 5 villages et j’ai pu découvrir Gènes. J’ai logé à Riomaggiore, le plus à l’est, pour optimiser les trajets. Comptez 50€ la nuit pour une chambre double en basse saison.

manarola

Le budget

L’Italie est un pays cher pour les backpackers, aussi les Cinque Terre n’échappent pas à la règle.

Transports : 220€

Logement  (4 nuits) : 100€

Alimentation : 70€

TOTAL = 390€

jerusalem

Faire un voyage à Jérusalem

Quelle ville au monde ne fait pas autant débat que Jérusalem ? Jérusalem est une destination passionnante à visiter, plus encore si on s’intéresse à l’histoire et l’origine des religions.  Un séjour la bas ne vous laisse pas indifférent, quel que soit votre avis géopolitique, tant les découvertes sont nombreuses et riches. Qu’on y aille en mode backpack ou en pèlerinage, des milliers de gens font le chemin vers Jerusalem. C’était donc une étape incontournable dans mon voyage en Israel et Palestine. Lorsque j’ai préparé mon itinéraire en Terre Sainte, je n’ai trouvé que peu de récits sur les blogs de voyage. Comment croire que cette destination soit peu fréquentée par les voyageurs ?

La ville tient une place très importante dans les sentiments des 3 principales religions monothéistes que sont les Juifs, les Chrétiens et les Musulmans. Ceux ci vivent en cohabitation permanente et tentent de faire perdurer leur foi au regard des autres religions. Avec des lieux sacrés comme le Mur occidental (pour les juifs), l’église du St Sépulcre (pour les chrétiens) et l’esplanade des Mosquées (pour les musulmans), la ville est dite « 3 fois Sainte ».  Raison pour laquelle son statut est est le fruit de tant de débats à l’échelle internationale.

A VOIR

Le cas du Mont du Temple (appelé ainsi par les Juifs uniquement), situé dans Jérusalem Est, est le plus brulant exemple de cette cohabitation tendue, qu’on ne peut ignorer en se rendant à Jerusalem. Ce qui était mon cas en arrivant puisque j’ai naïvement choisi une auberge se situant devant l’entrée du lieu le plus emblématique de la ville, et donc entourée de forces de sécurité et sous surveillance H24… A chaque entrée ou sortie de l’hostel, situé devant les grilles du Mont du Temple, je passais devant 2 barrages de 2 policiers. En plein quartier musulman, ce lieu est le plus sujet aux tensions dans la vieille ville de Jerusalem (délimitée par des remparts).

D’après la tradition, Abraham monta sur ce Mont avec son fils pour l’offrir en sacrifice à Dieu et plus tard, Salomon y bâtit le Temple de Jerusalem, qui abrita l’arche d’alliance (et les tables de la Loi). Un 2nd Temple fut bâti (Temple d’Herode) dont le seul vestige est aujourd’hui le Mur occidental, ou Mur des Lamentations. C’est le lieu saint le plus important du peuple Juif. Or sur ce site fut aussi érigé le Dôme du Rocher, 3ème lieu saint de l’islam sunnite (après la Mecque et Médine) et abritant le rocher où Mahomet serait arrivé depuis La Mecque, et la mosquée al-Aqsa, d’où son appellation par les musulmans: l’esplanade des Mosquées (al-Haram as Sarif). L’accès au public est très surveillé et n’est possible que quelques heures par semaine. J’ai vu des Juifs faire une visite en groupe, escortés par des militaires israéliens et surveillés par le Waqf, l’institution islamique chargée d’administrer le lieu.

Le Mur des Lamentations est un peu comme un iceberg : la partie la plus significative est cachée sous nos pieds. A gauche du Mur se trouve l’entrée du Tunnel du Kotel, qui voit se dévoiler ses fondations en nous emmenant sous terre. On y voit les bases du Temple d’Herode, les vestiges antiques de cet édifice colossal et les couches de civilisations qui se sont succédées. Une synagogue souterraine permet aux Juifs de prier à proximité de ce qui était la partie la plus sacrée du Temple.

carte jerusalem

Outre le Mont du Temple/Esplanade des Moquées, la vieille ville est un vrai labyrinthe où j’ai aimé me perdre au début, puis j’ai vite trouvé mes repères dans les rues étroites et pavées. On se repère aux militaires à chaque angle, postés là en continu. Au bout de 3 jours, je faisais la causette avec ceux de ma rue. Entourée de remparts, il existe 5 portes pour entrer dans la vieille ville (aussi appelé Jerusalem Est) : les portes du Lion, d’Hérode, de Damas, de Jaffa et de Sion. On y compte 4 quartiers : musulman, chrétien, arménien et juif. C’est dans cette partie de Jerusalem que vous trouverez les lieux Saints (mentionnés plus haut).

J’y ai pour ma part fait le Chemin de la Croix, organisé et mené chaque vendredi à 16h par les franciscains. Des centaines de pèlerins prennent la « Via Dolorosa », qui selon la tradition, à été emprunté par Jésus portant sa croix, du jugement de Pilate (Porte des Lions) jusqu’à la crucifixion (Eglise St Sépulcre). La procession s’étend sur 500m et s’arrête à 9 stations (+ 5 dans l’église), en lien avec l’histoire biblique. A la fin, après un peu de d’attente, l’on peut se rendre dans la grotte où le corps du Christ aurait été déposé après sa mort, le tombeau de Jésus.

La Porte du Lion est le chemin qui mène vers le Mont des Oliviers. Avant de le gravir, on passe par l’Eglise de Toutes-les-Nations, qui renferme le rocher au pieds duquel selon la tradition, Jésus pria dura son agonie avant son arrestation. A mi chemin, on trouve une église Russe orthodoxe ornée de bulbes dorés, Ste Marie Madeleine. En haut, la vue est imprenable sur Jerusalem Est, le Dôme du Rocher et au premier plan, le plus grand cimetière juif du monde.

jerusalem

Jérusalem, ce n’est pas que la vieille ville et ses lieux Saints, c’est aussi une ville de près de 900 000 habitants qui s’étend sur 200km2. Porte de Damas, vous pouvez prendre le Tram jusqu’au Mont Herzl, à l’autre bout de la ville, pour vous rendre au Musée et au Mémorial Yad Vashem, construit en mémoire des victimes de la Shoah. Comptez 3-4h pour faire le tour de ce complexe immense qui comprends plusieurs bâtiments et un parc avec des monuments commémoratifs.

Vous pouvez terminer votre visite de Jésursalem par le marché Yehuda, un grand « souk » où tout le monde se bouscule pour acheter de bons produits très variés. Ce grand marché ultra vivant où les vendeurs scandent leurs prix m’a rappelé l’ambiance des autres pays du Moyen Orient, que je n’ai pas trouvé ailleurs en Israel. Tout le monde s’y agite, surtout le vendredi, où c’est le meilleur endroit pour ses courses pour Shabbat. A la sortie, prenez Jaffa Street, LA rue du Jérusalem « moderne » pour faire son shopping et profiter des boutiques occidentales.

AMBIANCE / SECURITE

La situation « tendue » à Jérusalem est ainsi faite et il faut s’en accommoder, avec toutes les précautions nécessaires, sachant que les touristes sont peu concernés. Les faits divers existent bien, du petit incident au meurtre en pleine rue, mais entre les communautés religieuses locales. La vieille ville est ultra surveillée, je ne me suis jamais sentie en insécurité. Peu être un peu mal à l’aise la nuit tombée où les rues sont littéralement vides car peu de gens habitent à Jérusalem Est, dont les rues ne sont que des échoppes. Il est d’ailleurs impossible de trouver de quoi manger après 19h, tout étant fermé et désert.

Il convient d’être habillé convenablement pour TOUS les lieux religieux (à peu près partout où vous irez donc), à savoir jambes et épaules couvertes. Pour le Mur des Lamentations, les femmes doivent se couvrir totalement les bras et les cheveux et lorsque vous aurez terminé votre recueillement, il convient de ne PAS tourner le dos au Mur et de revenir sur vos pas en marche arrière. Inutile de préciser qu’hommes et femmes ont des accès séparés au Mur 😉

Le Ministère des Affaires Etrangères recommande une vigilance particulière dans et autour des Lieux Saints, et en particulier l’esplanade des Mosquées. Il déconseille d’aller à Jerusalem Est le vendredi après midi, temps des prières, mais non seulement je l’ai fait sans problème, mais j’ai marché avec d’autres chrétiens dans la Via Dolorosa pendant que le muezzin faisait son appel… De manière générale, tous les lieux publics sont surveillés, votre sac sera souvent contrôlé donc veillez à avoir toujours votre passeport et votre papier d’autorisation de séjour provisoire. Si cela peut apparaitre pénible, contentez vous de coopérer avec le sourire :)

jerusalem

SE DEPLACER

Pour venir à Jérusalem, il est possible d’utiliser plusieurs moyens de transports. Le plus classique est de prendre l’avion depuis Paris jusqu’à Tel Aviv pour lequel il existe des vols directs quotidiens, à partir de 200€ A/R. Depuis l’aéroport Ben Gourion, vous pouvez rejoindre Jerusalem en bus. A côté des portes d’embarquement 21 et 23, une navette fait la route jusqu’à la station de bus située au carrefour EIAI. D’ici, de nombreux bus partent vers Jerusalem et sa gare d’Autobus appelée Thanat Merkazit (les Egged 945 et 947), toutes les 30 minutes environ.

Un des moyens les plus accessibles, les plus confortables et les plus populaires est aussi d’utiliser le shérout (taxi collectif), qui stationne devant la porte de sortie en face de la rotonde des arrivées de l’aéroport Ben Gourion. Il faut savoir que le shérout de 10 places ne partira qu’une fois toutes les places occupées et que les passagers sont répartis dans les différents shérout suivant le quartier de leur destination à Jérusalem. 

Israel est très bien desservi niveau bus, avec des stations dans chaque ville et des horaires précis. On peut traverser tout le pays en utilisant la compagnie Egged. C’est donc comme ça je que je suis arrivée à Jerusalem, avec un bus pris depuis Eilat au sud du pays, après avoir passé la frontière depuis la Jordanie à pieds. Il est aussi possible de venir à Jerusalem depuis Amman, capitale de la Jordanie, en passant par la frontière nord, King Hussein Bridge

Dans la ville, il est facile de se déplacer car une grande partie des points d’interets sont à faire à pieds. Pour se rendre d’un bout à l’autre, de la gare d’autobus à Jerusalem Est par exemple, le tram est direct. Pour sortir de la ville, vous trouverez des bus et des mini bus à la Porte de Damas. Partez du principe qu’en quittant Jerusalem pour aller en territoires palestiniens, vous passerez un check point et longerez probablement un mur de béton de 8M de haut.

cover-blog

Partir en week end à Sintra au Portugal

Après avoir profité de Lisbonne et de ses charmes, il est possible de vous échapper non loin de la capitale le temps d’un WE. La destination proche la plus prisée, aussi bien par les portugais que par les touristes, est la région de Sintra, située à 25km au nord ouest de Lisbonne.

Sintra est un lieu idéal pour les marcheurs, pour ceux qui veulent faire le plein de nature mais aussi, profiter d’une architecture assez singulière et d’une histoire locale riche. C’était autrefois une destination prisée par la bourgeoisie portugaise, qui y ont fait construire des demeures extravagantes. Les palais ont des influences orientales, asiatiques, du Brésil ou encore d’Inde. L’équilibre entre le patrimoine de cette ville et les forets qui l’entoure ont fait que Sintra ait obtenu de l’UNESCO le statut de « paysage culturel » au Patrimoine Culturel de l’Humanité.

Malgré sa petite taille, Sintra compte 10 monuments nationaux, que ce soit de superbes maisons ou des ruines, en passant par les palais. La plupart sont reliés par des sentiers de randonnée, qui passent par les collines et ses forets. Le centre historique est constitué de petites ruelles pavées, avec des cafés traditionnels, autour du Palais National et son style gothique. C’est une destination, il faut le dire, tout à fait romantique. C’est une excursion phare depuis Lisbonne, il faut donc s’attendre à être entouré de touristes dans les principales attractions. Même le 1er WE de novembre, près d’1/2h d’attente m’ont été nécessaire pour entrer au Quinta de la Regaleira.

COMMENT S’Y RENDRE :

Au départ de la gare de Rossio (quartier Baixa à Lisbonne), desservie par le métro, et prenez un train pour Sintra, ce qui vous coutera 2,15€ et 30 min de trajetUn bus (434)  rejoint le centre ville et les lieux d’intérêts, ce qui vous évitera de grimper les collines abruptes à pieds, notamment pour le Château des Maures. La ligne directe et le petit prix rendent ce moyen de transport incontournable pour se rendre à Sintra, prévoyez donc de voyager avec beaucoup de monde à bord.

Pour ma part, c’est en voiture que j’y suis allée, impliquant un trafic important pour sortir de Lisbonne et des difficultés pour se garer en ville à Sintra (les places de parking sont rares). C’est cependant un moyen plus rapide de se rendre aux points d’intérêts autour de Sintra, car le bus 434 réalise une boucle, 2x par heure, il faut donc être patient pour arriver à destination. La voiture est possible en basse saison mais mission impossible l’été. Comptez seulement une cinquantaine de places pour toute la ville, et des rues étroites bondées…

A VOIR :

  • Palacio Nacional

Sintra

  • Castelo dos Mouros

Sintra

  • Palacio da Pena

Sintra

  • Quinta de la Regaleira

Sintra

  • Convento dos Capuchos
  • Palacio de Monserrate

Où DORMIR :

Il est assez courant au Portugal de dormir dans des « pensions« , ce que nous appelons aussi « B&B ». Il s’agit généralement d’une chambre chez l’habitant, avec le petit déjeuner inclus. A côté de Sintra, j’ai logé dans une pension « écolo », au calme, qui propose des chambres et des appartements, un parking, un grand jardin et une piscine avec vue imprenable sur la vallée. A partir de 60€ / nuit.      

Sintra

-> http://www.quintaverdesintra.com

 

Lisbonne

Lisbonne : mes bonnes adresses

C’est LA destination pour s’échapper le temps d’un WE, à des prix abordables (vol à partir de 65€ A/R depuis Nantes) et profiter encore du soleil, même fin Octobre. Comme une impression de vacances lorsque l’on flâne dans les rues pavées dans la capitale portugaise aux 7 collines. Après un peu de tourisme (lire l’article : Lisboa la Grande), rien de tel que de découvrir des lieux et endroits où se détendre…

OÙ MANGER

  • Restaurant Espumantaria do Petisco – Calçada do Marquês de Tancos, 1100-001 (Castelo)

Ici, le but c’est de partager des petits plats (« petiscar »), en tirasse sur cette placette pavée de la colline du château ou entouré de bouteilles à l’intérieur. On y picore des portions de salade de poule, de traditionnelle morue ou encore des soupes, ou bien on peut choisir des plats plus consistants. C’est branché, bon et convivial.

  • Mercado da Ribeira – 481, Av. 24 de Julho, 1200 Lisbon (ouvert du dimanche au mercredi de 10 à minuit, et du jeudi au samedi du 10h à 2h).

Ce lieu d’effervescence est devenu « the place to be » pour la bonne gastronomie et l’épicerie fine. Dans les halles du marché historique situées en face de la gare de Cais do Sodré, une 2nd vie a été donné à cet espace qui accueille une vingtaine de kiosques pour manger sur le pouce. On y trouve de tout : des burgers, du poisson, des sushis, des fromages, de la charcuterie… dans une ambiance de self géant où tout le monde mange ensemble à de grande tables. Produits de qualité sont au RDV donc plus cher que de la simple street food !

dsc_1091

  • Restaurant Ponto Final – R. do Ginjal 72, 2800 Almada

Pour trouver cette perle (qui n’est plus rare car le BAO va vite), il faut prendre le Ferry à Cais do Sodré vers Cacilhas (1,5€ le ticket) et traverser le Tage (15 minutes). Arrivés à Almada et dès la sortie du bateau, prendre à droite et longer les quais, abandonnés. Jusqu’au bout. Et là, une petite lueur apparait à la fin du quai, vous y êtes, la terrasse du Ponto Final qui plonge dans l’eau. De nuit, la vue sur Lisbonne et le bon est incroyable. Si vous ne réservez pas, attendez vous à faire la queue, même un dimanche soir. Puis vous pourrez déguster de bons plats de poissons emmitouflés dans un plaid (ou « manta » comme ils disent). Attention, fermé le mardi.

dsc_1127

OÙ BOIRE

  • Café A Brasileira – R. Garrett 120, 1200 Lisboa

C’est un peu notre café de Flore. Un lieu chargé d’histoire, situé dans le quartier du Chiado, autrefois fréquenté par les artistes et les intellectuels. Son style Art Nouveau attire aujourd’hui les touristes qui s’arrêtent prendre une collation. Sur la terrasse, on trouve une statue du poète Pessoa, qui fut un habitué.

dsc_1088

  • Librairie Ler Devagar – Rua Rodrigues Faria, 103, 1300-501 Lisboa (LX Factory)

LX Factory est un ensemble d’usines désaffectées situées dans le quartier de l’Alcantara, au pied de l’immense Pont du 25 avril, devenu un ensemble mêlant cafés, boutiques, art, gastronomie… Les branchés s’y donnent rendez vous et y ont même installé leurs bureaux. Au milieu, la librairie Les Devagar, la plus belle de Lisbonne, fait aussi dans l’originalité. Un hangar avec des milliers de livres qui se superposent, où l’on peut manger, boire ou assister à des événements. Le tout entoure des machines d’imprimeries conservées en l’état, où la déco s’est aménagée autour.

dsc_1098

  • By the Wine – 1200 014, Rua das Flores 41

Une cave design, où l’on s’attable au bar pour déguster de bons vins en mangeant une planche de fromage ou de charcuterie. Au dessous de vous, un plafond de bouteilles, un dôme de verre. Ici, on se pose entre copains, pour diner ou pour l’apéro, avec de produits de qualités.

  • Le Park Bar – Parking de Bairro Alto

L’un des meilleurs rooftop de la capitale et aussi l’un des plus mystérieux. Pour trouver le park bar, il faut se rendre au parking de Bairro Alto puis prendre l’escalier de service, comme vous veniez chercher votre voiture. Montez jusqu’au dernier niveau (il n’y a pas d’indications). Et là, vous trouvez l’entrée de ce bar à cocktails (à partir de 6€), ambiance cool et DJ le soir venu. La terrasse végétalisme offre de jour un superbe jardin suspendu. Clientèle jeune, musique lounge, transat en bois pour profiter de la vue… On est bien au park bar !

OÙ DORMIR

  • Hotel The Keep – Costa do Castelo 74, 1100 Lisboa

Pour la vue et le rapport qualité prix. Oui, les chambres ont un confort très modique, une déco vétuste, et ne sont pas lumineuses. Voir sans wifi (que l’on capte au rdc par contre). Mais ce petit hôtel est niché sur la colline du château, dans les rues pavées pittoresques de la vieille ville, et a une terrasse offrant une vue panoramique sur le reste de Lisbonne. Alors pour 35€ / nuit (à 2), petit dej’ inclus, on chipote pas.

  • People Hostel – R. dos Jerónimos 16, 1400-211 Lisboa

Cette auberge de jeunesse est située à l’autre bout de Lisbonne, dans le quartier de Belem, où vous serez obligé de vous rendre de part ses monuments et attractions touristiques. Une auberge conviviale, familiale, avec le minimum de confort nécessaire. J’y ai apprécié la cour intérieur et la salle de bain moderne. Un vieux tram vous emmène direct dans le centre en longeant le Tage. A partir de 15€ / nuit pour un lit en dortoir.

L’homme et la mer. #Lisbonne #Lisboa #Portugal #Voyage #Tourisme #RoadTrip #TravelBlogger #Bridge #Boat #Sea

Une photo publiée par Constance 🌍 Travel Blogger (@laplanneuse) le

Cover Blog

Road trip en Israel et en Palestine

Après avoir passé 10 jours en Jordanie, j’ai passé la frontière au Sud du pays, près d’Aqaba, sur les bords de la mer rouge. C’est à pied avec mon sac sur le dos que j’ai traversé entre les préfabriqués du « Goodbye Jordan » et ceux de « Welcome Israel », une centaine de mètre entourée de barbelés entre 2 pays.

La frontière passée, je suis allée à la station de bus d’Eilat, la 1ère ville israélienne, où j’ai pris un billet pour Be’er Sheva. Au guichet, on m’indique que le bus pour Be’er Sheva est complet et que je dois prendre le suivant (à 1h du matin…). Je n’en fait rien, je prends le 1er qui passe par cette ville, le chauffeur m’accepte et j’ai bien eu raison car il n’était pas complet…

JOUR 1-2: Be’er Sheva – Jerusalem

Je suis arrivée à Be’er Sheva de nuit et j’ai rejoint à pieds un logement situé près de l’Université, une chambre chez l’habitant en AirBnB. Le lendemain matin, j’échange un peu avec mon hôte, étudiante, nous marchons ensemble puis je pars vers le soit disant fameux marché bédouin, qui n’a lieu que le jeudi matin, ce que nous sommes. Partout, les guides en parle, avec « les odeurs d’épices, les plats traditionnels… », il n’en est rien… Que des habits, des jouets en plastique, des cosmétiques… Aucun intérêt.

Direction Jerusalem en bus. Ici, ce n’est pas comme en Jordanie (ou les autres pays du Moyen Orient d’ailleurs), il y a des horaires fixes, des compagnies de bus et des arrêts. Ca me fait bizarre. Je découvre avec surprise en arrivant à Jerusalem qu’il y a un tramway, pratique pour relier la station de bus et la vieille ville. Mon auberge est située dans le quartier musulman de Jerusalem Est, à l’entrée du Mont du Temple. Etant donné l’importance politico-religieuse des lieux, le quartier est bouclé par la police. Pendant 3 jours, matin et soir, je vais passer des barrières de sécurité et saluer ces policiers pour accéder à mon auberge.

A ce moment, je comprends qu’on ne peut pas venir en Israel, et plus encore à Jerusalem, sans se renseigner un minimum sur la situation locale. Parfois il faut faire un peu de géopolitique quand on voyage. Le conflit Israelo-Palestinien m’était totalement inconnu, je n’y connaissais rien, je ne savais rien des uns et des autres, du pourquoi et du comment. Et en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, c’est devenu le fil rouge de mon périple à travers le pays.

Ainsi donc, mon auberge se trouve au pied du lieu le plus emblématique de la ville, le Mont du Temple, où d’après la tradition Abraham monta avec son fils pour l’offrir en sacrifice à Dieu et où Salomon bâtit le Temple de Jerusalem, qui abrita l’arche d’alliance. Dessus fut érigé le Dôme du Rocher, 3ème lieu saint musulman et abritant le rocher où Mahomet serait arrivé depuis La Mecque, et la mosquée al-Aqsa. Un endroit d’une importance majeur pour Juifs et Musulmans.

Pendant près de 3 jours, je vais découvrir les multiples facettes de Jerusalem, la ville la plus importante des 3 principales religions monothéistes. Chaque rue, chaque événement, chaque lieu de la vieille ville a un lien avec une communauté religieuse, qui vit sa foi dans une extrême proximité avec ceux qui n’ont pas les mêmes croyances. J’ai suivi le chemin de croix de Jesus mené par les franciscains et avec des centaines de pèlerins chrétiens, pendant que le muezzin faisait l’appel à la prière et entourée de juifs en tenue traditionnelle. Des religions qui se croisent, qui se cherchent, qui perdurent dans un climat relativement tendu.

On fait assez vite le tour de Jerusalem. Après la vieille ville, faire un tour sur Jaffa street et au marché Mahaneh Yehuda, une visite du musée et mémorial Yad Vashem et une balade sur le Mont des Oliviers. Après 2 jours 1/2, je me repérais dans le labyrinthe de Jerusalem Est sans plan et sympathisais avec des marchands, tant je repassais souvent au même endroit.

Jerusalem

JOUR 3 : JERUSALEM – BETHLEHEM

Bethlehem n’est qu’à une dizaine de km de Jerusalem et au delà de l’aspect historico-religieux, cela représentait ma 1ère étape en Palestine. Partout j’avais lu de ne pas prendre les transports en commun pour s’y rendre, à cause du côté « imprévisible » lié à certaines « attaques » de bus. Y aller via une excursion organisée (ce que je déteste) ou comme les locaux a été un vrai moment de réflexion, alimenté de recherches. Après m’être assuré des modalités (ligne de bus, passage du check point…), j’ai pris les transports en commun.

Pour se rendre à Bethlehem en bus, 2 solutions : prendre un bus israélien qui s’arrêtera au check point, puis prendre un taxi jusque dans le centre ou prendre un bus arabe qui va jusque dans le centre. Vous vous doutez bien que j’ai opté pour la 2eme solution. Il m’a suffit de prendre le bus n°21 depuis la Porte de Damas, aucun stop au check point, et en moins d’une demi heure j’étais dans Bethlehem.

La tradition juive fait de Bethlehem le lieu de naissance et de couronnement du roi David et les chrétiens la considère comme le lieu de naissance de Jésus. Ce lieu est marqué d’une étoile, dans une grotte, abritée dans la Basilique de la Nativité, une des plus vieilles églises du monde. Plus loin, on trouve la Grotte du Lait, où serait venue souvent Marie pour y allaiter Jesus et changer ses langes. La légende dit que la grotte apporte la fertilité aux femmes qui y viennent. Je vous en dirai des nouvelles… 😉

Après avoir passé l’après midi à Bethlehem, je prends le même bus pour le retour. Apparemment, sortir d’Israel ne pose pas de problème, y re rentrer est une autre histoire. Le bus marque donc un arrêt au check point, à la demande des militaires. Presque mécaniquement, le 3/4 des passagers descendent du bus et se mettent en file indienne sur le bord de la route. Je ne comprends pas et au moment où je me lève pour faire de même, le chauffeur m’indique que comme les quelques autres « étrangers/touristes », je dois rester dans le bus. Les militaires montent, jètent un oeil à mon passeport et passent leur chemin. Tous ceux qui sont dehors sont des palestiniens… Ils ne remonteront dans le bus que si l’armée les y autorise. Un par un, ils sont contrôlés, questionnés, et fouillés. A travers la vitre, je regarde cette étrange scène où moi, étrangère, je suis assise confortablement dans le bus et eux, chez eux, sont contrôlés sur le trottoir. Après une petite demi heure, le bus repart vers Jerusalem et l’armée arrête le bus suivant…

Bethlehem

JOUR 4 : JERICHO – MER MORTE

Pour avoir un peu de liberté et aller dans des endroits où les transports ne vont pas, j’ai loué une voiture pendant 2 jours. Circuler en voiture de location en Israel n’est pas forcément le moyen recommandé du fait des diverses complications liées à la situation locale. Mais en fait, tout ça c’est est un peu exagéré. Le loueur demande où je veux aller, et comme je comptais aller à Jericho (Palestine), je le mentionne. Avec une voiture à plaque israélienne, le loueur m’indique que je ne peux pas aller à Jericho car l’assurance du véhicule ne le permet pas. Je demande où je peux la garer pour m’y rendre en taxi, aucune réponse. En fait tout est fait pour dissuader de vous rendre en Palestine et vous faire peur (« si vous laissez la voiture sans surveillance, elle brulera »). Loupé, il n’en faut pas moins pour me donner envie d’y aller.

On me donne une carte du pays avec un code couleur selon qui « contrôle » les routes. La plupart des axes routiers de Palestine sont aux mains des israéliens, jusqu’aux entrées de ville. Et d’autres où les israéliens ont interdiction de se rendre… Je roule jusqu’aux rives du Jourdain, frontière naturelle avec la Jordanie, pour aller à Qasr El Yahud, le site du baptême. Gratuit, ouvert 7jrs/7, aménagé avec des rampes pour permettre d’accéder à l’eau, c’est ici que selon la tradition chrétienne, Jean le Baptiste a baptisé Jesus. Le lieu a ouvert au public en 2011 suite à un accord entre Israel et la Jordanie, celui ci étant fermé depuis 60 ans étant une zone militarisée. Il faut d’ailleurs bien rester sur la route puisque le coin est parsemé de mines anti personnel. Des militaires israéliens de mon côté surveillent le site pendant que je descends dans l’eau calme du Jourdain. A 3 mètres en face de nous, des militaires jordaniens de l’autre côté de la rive et des pèlerins qui comme moi, sourient d’être si proches et pourtant si « loin » implicitement…

Je me dirige vers le poste de frontière proche de là, Allenby bridge, me disant que je pourrai garer la voiture sous la surveillance des militaires et prendre un taxi pour aller à Jericho. Loupé, je me fais refouler par l’armée, qui non seulement n’en a rien faire de où je gare ma voiture, mais se fiche bien de savoir comment je peux me rendre à Jericho. Un taxi palestinien passe, je l’arrête et lui demande si il peut me conduire à Jericho pendant que je laisse ma voiture ici. Il refuse et veut que je le suive à Jericho avec ma voiture ! Je lui explique que c’est dangereux, que je n’ai pas s’assurance,  que je le payerai ce qu’il faut. Rien à faire, il refuse mon argent et propose de me guider et de me montrer que c’est « peace, no problem ». Un peu stressée par l’idée, j’accepte. Le taxi m’ouvre la route jusqu’au centre de Jericho sans aucun problème (pas de check point). Je suis la seule voiture avec une plaque israélienne, autant vous dire que je m’arroche au volant comme une moule à son rocher.

Jericho est l’une des plus vieilles villes du monde (10 000 ans av. J.C.) et selon la bible, où Jesus y guérit 2 aveugles et rencontra Zachée. Je me rends au Monastère de la Tentation sur le Mont du même nom, où toujours selon la tradition chrétienne, Jesus fut tenté par le diable, après 40 jours et 40 nuits de jeun. Le téléphérique est réactivé pour moi, étant la seule touriste. D’en haut, on a une vue magnifique sur Jericho jusqu’à la Jordanie et la Mer Morte. Le monastère grec orthodoxe est taillé à même la montagne, autour de la grotte où séjourna Jesus.

Après une pause déjeuner, je quitte Jericho sans encombre et file vers la Mer Morte par la route 90. Un paysage magnifique et désertique longe la mer, calme, plane, avec la Jordanie en face. En plein après midi, sous 45°, je m’arrête au milieu de cette fournaise pour me baigner dans une eau chaude. Il n’y a rien n’y personne autour, le calme, la chaleur. Il est impossible de mettre le pieds au sol à moins de se bruler la plante des pieds. Je me baigne donc en sandales… Quelques jours plus tôt, c’est côté Jordanien que je découvrais la Mer Morte !

Je passerai la nuit dans une tente, à flanc de montagne, au dessus de la mer avec une vue imprenable…

Jericho

Jericho

DSC_0747

JOUR 5 : MASSADA – EIN GEDI

Au petit matin, je prends la route pour Massada, au sud, au bout de la mer morte. C’est un des lieux les plus touristiques du pays, les restes d’une forteresse antique perchée sur un socle de granit, au sommet d’une montagne dans le désert de Judée. La falaise surplombe la Mer Morte et le désert, avec une vue depuis le plateau où se trouve les ruines, imprenable. Massada est accessible par téléphérique ou à pied avec le sentier du serpent pour les plus téméraires (compter une petite heure).

Après avoir fondu comme neige au soleil en parcourant le site, je reprends la voiture pour un endroit un peu plus « frais » : Ein Gedi. Je remonte la route 90 vers le nord et m’arrête à cette oasis dont il est fait référence dans la bible, notamment comme lieu où se cacha David. Ce parc national est un lieu TRES touristique et malheureusement, perd du coup tout son charme. Il est possible d’effectuer plusieurs marches, allant plus ou moins loin dans la montagne. Le 1er chemin que j’emprunte est tellement fréquenté que je ne peux pas avancer… Que des jeunes américains qui débarquent en maillot de bain pour passer la journée dans la rivière et sous les cascade. Je peine à profiter des lieux, d’autant que je suis en tenue de rando, pas de plage.

J’emprunte un 2eme chemin, plus éloigné et là, il n’y a personne. Je profite de la balade sous le soleil cuisant, les pieds (avec les Converse) dans l’eau fraiche. La chaleur est telle que je m’allonge dans l’eau, habillée, avec comme seul bruit de fond celui des cascades. Il faudrait plus de temps et moins de chaleur pour découvrir les 25km2 de cette réserve naturelle, et je n’ai ni l’un ni l’autre. Je reprends la route et fais le chemin inverse jusqu’à Jerusalem.

DSC_0757

Ein Gedi

JOUR 6 : TIBERIADE

Depuis Jerusalem, je prends le bus 961 pour la Galilée, et plus précisément, Tibériade (Tiberias ici), où j’arrive 3h plus tard. Située tout au Nord d’Israel, c’est sur la rive ouest du Lac de Tibériade que je pose mon sac dans cette ville devenue station balnéaire. Elle a peu d’intérêt touristique, comparé à ce qui l’entoure (de nombreux sites archéologiques dans la région). Il est agréable de s’y balader et de se baigner dans le lac depuis la seule « plage » en ville. C’est un lieu important du judaïsme, avec les tombeaux des sages de l’histoire juive. Ce serait sur les eaux du Lac Tibériade que Jesus aurait marché, de nombreuses églises ont donc été érigés dans les environs.

tiberiade

JOUR 7 : TIBERIADE

Depuis Tibériade, je prends un bus qui longe le lac et me lache à un croisement, à côté de Tabgha. J’y arrive après 2km de marche au bord de la route. Situé sur la rive nord du Lac de Tibériade, la tradition biblique y localise le miracle de la multiplication des pains et l’apparition du Christ ressuscité.

Mon 1er stop est donc l’église de la multiplication. Profanée par des juifs d’extreme droite en 2014 puis incendiée par de nouveaux extrémistes juifs en 2015, elle est en cours de reconstruction mais conserve cependant ses mosaïques de l’époque byzantine, dont la plus célèbre représente la multiplication des pains et des poissons.

En face, se trouve le Mont des Béatitudes, où Jesus aurait prononcé le Sermon sur la montagne. Je me faufile par un chemin de sable au milieu de l’herbe desséchée par le soleil et arrivée épuisée en haut du sommet, qui – et c’est cocasse- est le plus bas du monde (25m SOUS le niveau de la mer). Une magnifique église y a été construite, entourée d’un parc et avec une vue remarquable sur le Lac de Tibériade. Epuisée par la chaleur, le gardien, qui doit fermer pour la pause déjeuner, propose de me conduire à Capharnaüm, où je veux me rendre.

C’est la ville la plus citée dans la bible, après Jerusalem, notamment pour être la ville de Jesus. Autrefois un village de pêcheurs, c’est aujourd’hui un site où l’on trouve les vestiges d’une synagogue, de la maison de l’apôtre Pierre et une église grec orthodoxe aux dômes rose, un peu en retrait de l’ancienne ville. A ce moment là, je suis à moins de 5km du plateau du Golan, un territoire syrien occupé par Israel depuis la guerre des 6 jours. Israel a annexé le Golan à son territoire mais celle ci a été condamnée par le Conseil de Sécurité, notamment parce que les 120 000 syriens qui y vivaient à l’époque en ont été chassés ou ont du fuir. Zone sensible donc.

Je marche ensuite sur 3km en bord de route pour aller à l’église de la Primauté, où Jesus ressuscité apparu à  l’apôtre Pierre la garde de son Eglise. On y trouve un rocher à la forme particulière, appelé « Mensa Christi », c’est à dire la table qui aurait servi au repas préparé par le Christ pour ses apôtres. Un vêtement de Jean Paul II y est conservé, vénéré par les nombreux pèlerins et les moins franciscains qui ont en charge l’église.

Je repars à pied vers le croisement où le bus m’avait arrêté. Marchant le long de la route, une voiture s’arrête près de moi alors que je suis pratiquement arrivée à l’intersection. Une jeune israelienne propose de me ramener à Tibériade. Apparemment, le stop est une pratique très courante dans la région. Elle m’explique qu’elle ne peut pas allumer la radio pour mettre de la musique car nous sommes dans les derniers 9 jours de la période des 3 semaines qui marquent le deuil de la destruction du Temple de Jerusalem. Elle habite sur le Golan, qui pour elle en plus d’être bien sur israélien, n’a pas de problème de sécurité. Nous passons par un kibboutz, une particularité d’Israel qu’elle m’explique : un village collectiviste où la notion de propriété privé n’existe pas, censé pourvoir aux besoins de ses habitants.

Rentrée à Tibériade, je prends le bus 431 pour Nazareth.

DSC_0820

DSC_0845

JOUR 8 : NAZARETH

Nazareth est la plus grande ville arabe d’Israel, avec 70% de musulmans et 30% de chrétiens. D’après la tradition de ces derniers, c’est la ville de Joseph et de Marie. On y trouve la Basilique de l’Annonciation, la plus grande église du Moyen Orient et qui est magnifique. Elle a été construite sur la grotte associée à l’apparition de l’ange Gabriel à Marie, que l’on trouve au rdc de l’église. A l’étage (oui c’est assez curieux une église à étage) se réunit la communauté, entourée de fresques contemporaines qui viennent du monde entier et représentent la Vierge et l’enfant Jesus.

Tout à Nazareth est lié à l’histoire de Marie. A côté de la basilique, on trouve l’église St Joseph, à l’emplacement de son atelier de charpentier, et en sortant, le Centre international Marie de Nazareth, conçu par un français. Les meilleurs spécialistes se sont réunis pour proposer au grand public un lieu pour découvrir ce mystère qu’est la Mère de Dieu. Le parcours multimédia est intéressant à visionner, tout comme les échanges avec les bénévoles (catholiques et musulmans) du lieu.

Il est intéressant de se rendre à l’église St Gabriel, considérée par les orthodoxes comme le vrai lieu de l’Annonciation, proche de la fontaine de Marie. Il faut aussi arpenter les rues de la vieille ville et du souk, entre la synagogue et la mosquée, et monter jusqu’à l’église Salisian qui offre une belle vue sur tout Nazareth.

Ambiance conviviale à mon auberge le soir, avec une séance de cinéma improvisée ouverte à tous. Un drap est tendu entre 2 portes, le salon ouvert sur la rue, les habitants invités à venir s’assoir dans de vieux fauteuils pour profiter de la projection. C’est un film de Banksy sur le street art… Cocasse (ou volontaire) quand on sait que Banksy est allé à Gaza en 2015 pour dénoncer la vie quotidienne des palestiniens, 10 ans après qu’il ait réalisé plusieurs oeuvres sur le mur construit par Israel entourant Bethlehem.

Nazareth

JOUR 9-10-11 : TEL AVIV

C’est la ville où je voulais le moins aller dans mon voyage, je n’en avais vraiment pas hâte. Et je n’avais pas l’intention d’y passer 2 jours 1/2, mais je n’ai pas eu le choix. J’ai voulu partir de Nazareth en sheirut, un mini bus collectif qui ne part que quand il est plein. J’ai attendu 1h30 avant qu’il se décide à partir pour Tel Aviv, où je suis arrivée en tout début d’après midi. A mon auberge, je me renseigne sur les transports pour aller à Acre le lendemain, mais voilà, c’est samedi. Pire, c’est la fin des 9 jours, il n’y a donc rien. Déçue, me voilà à Tel Aviv pour le WE.

Ma consolation, c’est qu’en ce vendredi soir, je vais faire Shabbat chez des compatriotes français que je ne connais pas encore, expatriés ici, au sud de Tel Aviv. C’est la 1ère fois que je fais Shabbat. Il débute un peu avant le coucher du soleil par l’allumage de 2 bougies par l’épouse et est avant tout un moment de convivialité, entre amis ou en famille. L’hospitalité, et j’en bénéficie, est donc un élément fort. Est récité la sanctification du jour du Shabbat (Kidouch) sur une coupe de vin kasher, pendant laquelle nous sommes debout autour de la table sur où se trouve 2 Halot (pain traditionnel) recouverts d’un linge.

Puis vient le rituel du lavage des mains (Netilat Yadayim). Ecoutant les consignes, je verse 3 fois de l’eau sur ma main droite puis 3 fois sur ma main gauche avant de réciter en hébreu : Baroukh atah Ado-naï E-loheinou Melekh haolam achère kidechanou bemitsvotav vetsivanou al nétilat yadayim. [Béni sois-Tu Éternel notre Dieu, Roi de l’univers, qui nous a sanctifié par ses commandements et nous a prescrit le lavage des mains]. L’astuce, c’est que ce rituel n’intervient que si l’on mange plus de 56 (oui c’est précis) grammes de pain. Après mon « lavage », mon hôte ne dit plus rien. En fait, on ne peut pas parler après l’ablution des mains jusqu’à ce qu’à table, on ait mangé du pain. Viennent de délicieux et fastueux plats, préparés avant Shabbat car on ne peut pas cuisiner pendant. Les lumières de l’appartement sont allumées avant partout aussi, car on ne peut toucher un interrupteur. S’en suit un beau diner dans la bonne humeur !

Les 2 jours qui suivent, je flâne dans les rues de Tel Aviv. Le quartier de Jaffa vaut le détour, avec son port, son marché, la tour de l’horloge et l’église St Pierre. On a aussi une belle vue sur les plages de Tel Aviv et les buildings. Je me balade au Tel Aviv Museum of Art, arpente les quartiers de Florentin, Rothschild boulevard, le Carmel Market, les ruelles calmes de Neve Tsedeq… N’attendant pas grand chose de cette ville, je marche des heures, sans trop savoir où. C’est une bulle pour la jeunesse en quête de fêtes et de plages déconnectée du reste du pays. Mon auberge est remplie d’américains qui n’iront pas plus loin que Tel Aviv et diront « je connais Israel » alors qu’il n’en est rien. Je suis blasée devant la légèreté ambiante alors que la situation locale, à quelques km et dans tout le pays, mérite qu’on s’y attarde.

Tel Aviv

Avant d’y venir, j’avais discuté avec un Palestinien a qui j’ai dit : « Ce qui se passe à Tel Aviv, ça ne m’intéresse pas. C’est pour les touristes, les occidentaux et les expatriés qui n’osent pas se confronter aux réalités du pays. » Il avait répondu que c’est la 1ere fois qu’il entendait ça. Et c’est exactement ce que j’ai trouvé. C’est une des rares fois, parmi mes nombreux voyages, où j’avais hâte de quitter une ville. C’est avec le sourire que je suis allée à l’aéroport et que j’ai quitté Israel…