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Bangkok : bienvenue à plastique-land

Bangkok n’a pas de qualités architecturales (si ce n’est ses temples bien sur !), subie des embouteillages toute la journée, dégage une odeur de crasse et de pollution, et à cause de la forte présence d’humidité dans l’air, il y fait une chaleur pesante… Mais c’est sans compter sur ses déchets, et notamment, le plastique omniprésent et sur-consommé (et donc jeté).

Du fait de son climat particulier, le système de canalisation de la ville est un élément important en période de mousson. Pour y être allée à cette période, les pluies sont torrentielles et s’abattent avec puissance d’un instant à l’autre, si fort que les véhicules peuvent être bloqués en quelques instants tant les routes n’ont pas le temps d’absorber l’eau. Bref. Ces tuyaux, Bangkok doit les récurer car ils sont encombrés par les déchets plastiques et bloquent le système de drainage ! Emballages, bouteilles, barquette, sacs… Notamment engendrés par la cuisine de rue, qui fait partie intégrante du mode de vie thaïlandais.

Un thaïlandais utilise en moyenne 8 sacs plastiques jetables / jour (contre 80 / an pour un français) ! Au supermarché, des cuillères en plastiques sont données pour l’achat d’un yaourt, des distributeurs en libre service proposent sodas et cafés dans des gobelets jetables, une mini poche plastique avec un trou au milieu est donnée pour y mettre le gobelet, des sacs jetables sont distribués à l’entrée des centres commerciaux pour y mettre son parapluie, l’eau de coco est bue à même un sac plastique avec une paille… et j’en passe ! Avec la cuisine de rue, beaucoup de produits sont vendus en petites portions individuelles, sous emballage plastique. Les thaïlandais cuisinent peu à domicile alors chaque jours, ils descendent dans les rues et repartent avec leurs repas sur-emballés.

Bangkok

La capitale de 15 millions d’habitants produit 11.500 tonnes d’ordures et moins de 16% est recyclé, même si le tri artisanal par des chiffonniers est développé. Chaque jour, 2000 tonnes de déchets sont sortis des canaux qui parcourent la ville. Pendant la saison des pluie, les déchets sont plus nombreux car la ville est en aval du fleuve, et donc de nombreux sacs se coincent dans les structures de pompage. Du coup, Bangkok fait partie des pires élèves de la planète en terme de déchets rejetés en mer. L’ONG Ocean Conservancy affirme que cinq pays sont responsables de 60% des déchets plastiques présents dans les océans: la Chine, l’Indonésie, les Philippines, le Vietnam et la Thaïlande.

Le phénomène est si grave qu’il y a plusieurs mois, un énorme amas de déchets plastiques flottait au large des côtes sud de la Thaïlande, à 300km de Bangkok. Cette décharge flottante, qualifiée d »ile poubelle », mesure un kilomètre de long et pèse une centaine de tonnes. Lors d’inondations, fréquentes avec la mousson, les eaux se sont écoulées vers le golfe de Thaïlande, elles ont emporté des dizaines de tonnes de déchets plastiques coincés dans les voies de drainage. Il faut ajouter que souvent les décharges en Thaïlande sont placées près des canaux ou des fleuves, ce qui facilite évidemment l’évacuation vers la mer. Certains animaux marins, notamment les dauphins et les tortues de mer, peuvent mourir en avalant ces sachets plastiques qu’ils prennent pour des méduses. Les détritus plastiques peuvent aussi étouffer les coraux. Les déchets que l’on peut voir flotter à la surface ne représentent que 5 % du total de la masse des détritus. Le reste se trouve sous le niveau de la mer.

Les initiatives lancées par le gouvernement sont faibles tant c’est toute une éducation / sensibilisation qu’il faut effectuer auprès des thaïlandais, qui consomment toujours plus de plastique. Il est nécessaire que des mesures fortes soient prisent pour inciter les habitants à changer leurs modes de vie, en faisant d’abord preuve de pédagogie. Car pour les thaïlandais, cette question ne se pose pas du tout dans leur quotidien ! Lors de mes achats, je refusais le sac plastique, montrant que j’avais un sac à dos, et mes interlocuteurs ne comprenaient pas pourquoi je m’embêtais à tout faire rentrer dedans quand je pouvais prendre un sac plastique ! Ils pensent à l’envers, le chemin est long… Les thaïlandais jettent impunément et n’importe où tout ce dont ils ont besoin de se débarrasser : sur les trottoirs, sur les routes, dans la mer… (il n’y a pas de poubelles dans les rues de Bangkok). Et l’environnement est bien la dernière de leurs préoccupations. Cela ne changera pas tant qu’il n’y aura pas de véritable incitation au tri sélectif des déchets. Il  faut comme dans certains pays, interdire complétement la distribution de sacs plastiques jetables (ex : le Kenya vient de prendre la décision d’interdire les sacs en plastique, sous peine d’amende) et inciter les thaïlandais à descendre dans la rue avec leur contenant afin d’y mettre la nourriture. Le vrac est présent partout ! Il n’y a qu’à faire évoluer les mentalités sur la question d’utiliser un emballage durable et non jetable.

Pourtant, la filière du recyclage n’a pas attendu le gouvernement, pas prompt pour agir, pour commencer à s’activer. Le travail des chiffonniers, qui parcourent les rues avec leur chariot, était considéré comme sale et dévalorisant. Mais aujourd’hui, ils participent à une action environnementale globale en récoltant tous les matériaux qui peuvent être réutilisés. Cartons, bouteilles en plastique, boîtes de conserve, etc, sont ensuite vendus à un négociant, puis des usines de traitement. Les chiffonniers sont de plus en plus nombreux tant il y a du travail et de la demande. Idem pour les négociants, les usines qui traitent, celles qui transforment… Les déchets sont un facteur de développement économique pour la Thaïlande. Les déchets aideraient aussi à sortir de la pauvreté (ou au moins, à aider les plus pauvres à subvenir à leurs besoins) : à Bangkok, un groupe de coopératives permet d’échanger les ordures (ensuite vendues à des usines de recyclage) contre des biens de première nécessité (produits alimentaires et d’hygiène…).

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Préserver l’Islande du tourisme de masse

Le tourisme en Islande a littéralement changé le pays et impacté la vie de ses habitants. L’afflux de touristes en masse a commencé en 2010, lors de l’éruption du volcan Eyjafjallajökull. Le monde avait alors (re)découvert la beauté des paysages d’Islande. Depuis, le nombre de visiteur n’a fait que croître. Bien que le tourisme contribue à développer l’activité économique du pays, les sites naturels pourtant relativement préservés jusque là pourraient être menacés à l’avenir. Depuis 2000, le nombre de visiteurs étrangers a dépassé le nombre d’habitants sur l’île.

En 2016, l’Islande a accueilli 1,7 millions de touristes, soit 2x plus qu’en 2010 ! Sachant que la population de l’île est de 330 000 habitants. Le tourisme est devenu une industrie plus rentable que la pêche et la production d’aluminium : en 2015, il a rapporté 208,4 milliards de couronnes (1,6 milliard d’euros) au pays.

Pourtant, 75% de la population estiment que la pression du tourisme sur la nature est trop élevé, selon un sondage réalisé par l’Université d’Islande et l’Office du tourisme islandais. Ils souhaitent que leur pays améliore les infrastructures et les transports en commun pour mieux canaliser le trafic des visiteurs. Conséquence inévitable : la fréquentation se concentre autour de certains lieux stratégiques et du coup, en change radicalement le visage. À cette allure, les globe-trotters qui rêvent de la nature islandaise pourraient bien en modifier durablement le paysage.

L’augmentation touristique est si soudaine que les autorités n’ont pas le temps de s’organiser pour faire face à l’afflux. Ainsi, les sites naturels particulièrement prisés comme les geysers manquent cruellement de structures d’accueil et ne peuvent recevoir autant de personnes qu’actuellement sans que cela ait un impact direct. De nombreux experts s’inquiètent des conséquences d’une telle hausse du tourisme sur l’environnement. Anna Dora Saeporsdottir, responsable du département des sciences environnementales de l’université d’Islande, déclare :

« 80 % des touristes viennent ici pour profiter de la nature. Cela crée une pression énorme sur nos sites naturels. Les visiteurs piétinent la végétation, des formations géologiques ou encore des sols qui sont très fragiles. D’ailleurs, nous constatons déjà des effets très visibles sur notre environnement. Bien sûr, cela nous inquiète. »

Si l’Islande a pris des mesures pour concilier le tourisme et la préservation de la nature en mettant en place un instrument qui permet de mesurer les ressources énergétiques à préserver et à exploiter, l’OCDE notait dans une étude en 2014 que « le tourisme fait peser des pressions sur les écosystèmes fragiles. » Concilier un développement économique et une protection majeure reste donc un enjeu majeur pour l’île.

Les paysages grandioses et une nature à l’état brut, c’est ce qui attire les voyageurs en Islande, mais c’est une richesse fragile et difficile à protéger. Avec les 4×4 de plus en plus nombreux sur les pistes à l’intérieur du pays et le camping sauvage dans la nature, la virginité de ces écosystèmes est menacée. Ces personnes qui affluent du monde entier pour visiter les glaciers islandais, se promener à cheval le long des fjords ou observer les aurores boréales durant l’hiver influent sur la nature et les ressources de l’île.

Afin de gérer la nouvelle popularité de l’Islande, certains suggèrent que le nombre de touristes soit limité aux destinations les plus populaires. Certains professionnels du tourisme de l’île préconisent notamment de se concentrer sur ceux qui sont prêts à payer un “prix réaliste” pour visiter les sites protégés. En somme, moins de touristes, mais des touristes qui dépensent davantage. De nouvelles liaisons aériennes depuis l’étranger vers les zones les moins visitées de l’île, notamment dans l’Est, pourraient, aussi, permettre de mieux répartir les visiteurs. Reste à trouver les financements pour que l’île s’adapte et puisse continuer à accueillir ses nouveaux admirateurs.

Le boom touristique incite aujourd’hui le gouvernement islandais à repenser ses politiques environnementales. La faune et la flore, notamment, doivent être protégées. Un des parcs nationaux les plus fréquentés a d’ailleurs décidé d’interdire l’utilisation des drones dans son enceinte. Les responsables du parc de Vatnajökull ont en effet jugé que ceux-ci portaient préjudice à la vie animale, notamment à celle des faucons présents sur le site.

Mon point de vue, c’est que la communication qui est fait autour de l’Islande se concentre uniquement sur certaines zones, alors que le pays regorge de surprises qui ne demandent qu’à être vues ! Le golden circle n’a pas plus d’intérêt que d’autres points à l’opposé de l’île. Aussi, la question est celle de la répartition de la masse touristique sur le territoire, pour éviter d’en concentrer les effets négatifs, et que les effets positifs puissent bénéficier à tous les habitants. L’Islande a de la place pour tout le monde. Reste maintenant à en modifier la promotion et à sensibiliser les étrangers à l’impact de leurs gestes sur le territoire.

voyage zero déchet

Voyager et réduire ses déchets

Comment faire pour créer un minimum de déchets lors d’un road trip ou un voyage sac sur le dos ? L’écologie n’as pas de frontières, ce que l’on jète ici se ressent à l’autre bout du monde. Et donc ce que l’on ne produit / jète pas aussi. Si à titre personnel, je me suis lancée dans cette démarche qui à pour but de tendre vers le « zéro déchet », il s’agit de l’appliquer autant que possible lors de mes voyages. Car ce que je réduis chez moi n’a pas d’intérêt si je le créé ailleurs. La démarche est globale et à l’échelle de la planète.

Pourtant, voyager peut largement décourager ce que vous vous acharnez à faire chez vous. Quand vous en êtes à fabriquer vous même votre dentifrice pour éviter de jeter un tube en plastique tous les 4 mois et que vous longez des routes jonchées de bouteilles et de sacs plastiques, il y a de quoi être découragé. Et pourtant, il faut tenir, faire de la pédagogie, expliquer, tenter de convaincre… Se dire qu’il y autant, voir plus, de déchets chez nous sauf qu’ils sont enfouis, à l’abri des regards. Une manière de les ignorer alors qu’ils s’amoncellent.

Quelques actions simples peuvent pourtant réduire votre impact sur place et aider, à votre échelle, un peu cette planète.

L’EAU :

Qu’elle ne fut pas ma déception quand j’ai lu sur le blog d’un célèbre videaste voyage, que j’apprécie, qu’il n’est pas nécessaire de s’encombrer d’une gourde en voyage car « il suffit d’acheter des bouteilles d’eau sur place »… Car c’est bien l’inverse qu’il faut faire ! La gourde, ou poche à eau, est l’accessoire primordial d’un voyage « zéro déchet ». Je n’ai jamais acheté de bouteille d’eau en France, ce n’est pas à l’étranger que je vais commencer… L’idéal, c’est la gourde pliable : elle ne pèse RIEN, s’enroule et se clips avec un boutons pression pour ne prendre aucune place, et le best, elle a un mousqueton pour l’accrocher à la ceinture (idéal pour la rando, l’escalade, le canyoning… – cf photo ci dessous). La mienne est en plus BPA free 😉 Il n’y a plus qu’à remplir votre gourde chaque matin avant de partir en vadrouille !

jordanie

Concernant les pays où l’eau n’est pas potable, il est possible de filtrer l’eau avant de la boire via différentes méthodes. Afin de limiter les risques, quelques conseils :

  • Prélevez l’eau la plus claire possible
  • Prélevez l’eau le plus loin possible de toutes activités polluantes et le plus en amont d’activités humaines.
  • Evitez l’eau stagnante, les micro-organismes s’y développent plus facilement.

Pour filtrer l’eau, vous pouvez vous procurer un tube filtrant ou bien une gourde qui en intègre un. Le principe d’un filtre est simple : l’eau passe à travers des pores de petite taille qui retiennent les organismes et particules. La taille des pores varie – plus les pores sont petits plus le filtre est efficace. La plupart des filtres actuels ont des pores d’une taille de 0.1 à 0.3 microns  et retiennent tout ce qui a une taille supérieure à cela. Je précise que dans certains pays, l’eau est potable / bue par les locaux, mais indiquée comme déconseillée pour les occidentaux. À chacun de voir mais pour ma part, c’est ce qu’on m’avait dit en Jordanie, où j’ai bu l’eau du robinet pendant 10 jours sans problème. En Turquie, où l’eau n’est pas potable, j’ai bu beaucoup de Thé :) Renseignez vous bien sur la qualité de l’eau avant de vous lancer.

MANGER :

C’est quand on sort un peu de sa zone de confort et de ses habitudes que l’on se rend compte à quel point il est facile de trouver des produits en vrac. Votre principal allié ? Un ou 2 sacs en tissu, toujours avec vous, pour acheter au poids et sans emballage sur les marchés. Partout, vous vous rendrez compte qu’il est facile d’acheter à manger en vrac, sans aller au supermarché du coin. C’est d’ailleurs souvent de meilleurs produits et typiquement locaux ! Une pochette en tissu, votre sac à dos de journée, et hop, plus besoin de sacs plastiques pour vos courses :)

Une application mobile permet de repérer les supérettes atour de vous où vous pouvez trouver des produits en vrac (alimentation, hygiène, beauté…) : BULK. Sachant qu’elle ne recense pas tous les marchés, les souks, les bazar, les stands de rue…

Pour préparer à manger, si vous êtes en auberge ou chez l’habitant, vous utiliserez la cuisine et une vaisselle classique pour faire vos repas donc pas de problème. Si vous êtes en mode camping, en plus du réchaud, je ne peux que vous conseiller d’avoir une popote, avec des ustensiles réutilisables. J’y ajoute un couteau Opinel, un couteau suisse pouvant aussi faire l’affaire. Pensez à la serviette en tissu, au lieu d’un bout d’essuie tout ! Elle peut aussi servir à envelopper un reste de repas ou un sandwich pour remplacer l’allu :)

turquie

DANS LA VALISE :

Chaque femme à ses habitudes « beauté ». Pour ma part, j’ai fait une croix sur le maquillage quand je voyage. Je n’emporte donc aucun cosmétique dans ma valise. Si les règles d’hygiène de base sont essentielles en toutes circonstances, voyager est parfois synonyme de changement d’habitudes. Il s’agit alors de faire preuve d’ouverte d’esprit, en envisageant de se débarbouiller dans une rivière ou de se laver à l’eau salée (comme c’est le cas à Beyrouth, où l’eau des canalisations vient directement de la mer). Alors oubliez les produits de beauté, les fers à lisser et autre sèches cheveux ! Vous n’en voyagerez que plus léger.

Dans le choix des produits, il existe une multitude de solutions zéro déchet, que vous pouvez adopter selon votre degré d’implication. Le gel douche / shampoing peut être trouvé en vrac et transporté dans votre propre récipient (< 100ml en bagage cabine). Pour certains, un bon pain de savon de Marseille fait l’affaire. En effet, opter pour des produits solides peut être une bonne alternative, que ce soit la pierre d’Alun en déodorant ou un dentifrice solide / sec à la menthe poivrée. Vous pouvez opter pour une brosse à dent en bambou, compostable, biodegradable et vegan (295 millions de brosses à dents en plastique sont jetées chaque année en France…). Pour aller plus loin, il est possible d’utiliser un rasoir « durable », en métal auquel il faudra seulement changement la lame. Enfin, pour l’intime, certaines ont sans doute entendu parler de la cup en silicone et de ses avantages.

TRANSPORTS :

J’entends déjà certains dire : « prendre l’avion, c’est pas très écolo ». Je n’ai jamais dit que j’étais parfaite et sans reproche d’un point de vue environnemental. Je ne prétends pas l’être ! Je ne suis pas un ermite, je suis réaliste et je tente de faire du mieux possible, à mon échelle. Prendre l’avion est une étape par laquelle on doit passer pour voyager, j’assume pleinement le prendre régulièrement. Dans ma vie de tous les jours, je n’ai pas de voiture personelle et me déplace majoritairement à pieds (tram ou vélo électrique occasionnellement). Je fais mes trajets plus longs en covoiturage depuis des années (fière Ambassadrice de Blablacar, yeah !). Donc quand je n’ai pas le choix, je m’autorise à prendre l’avion. Fin du débat.

Lorsque l’on est en voyage, il n’y a rien de tel que les transports locaux pour découvrir vraiment un pays et sa population et réduire son impact sur l’environnement. J’aime le bordel organisé des Bus et de leurs relais les Dolmus, en Turquie, qui permettent de vadrouiller dans tout le pays. J’adore le bazar insoluble et bruyant des stations de Bus et de Taxis collectifs des abords de Beyrouth qui partent vers tout le pays quand ils sont pleins. Je sourie en repensant à ce chauffeur de « taxi » officieux qui m’a laissé le volant de sa voiture au milieu du désert de Moab (Jordanie) et m’a dit « secret, just you and me » de peur que ses collègues sachent qu’il a laissé une femme conduire. J’adore le vieux tram des années 30 de Lisbonne, toujours bondé et qui frôlent les bâtiments. J’ai aimé prendre le train de nuit entre Bucarest et Sofia (10h de voyage pour 350km), avec les couchettes improvisées, la lenteur, la possibilité de passer la tête dehors pour prendre l’air en pleine route. Passée par 48 pays, j’ai pleins d’exemples en tête de rencontres, d’anecdotes, de découvertes, en utilisant les moyens de transports des locaux. A ces arguments s’ajoutent l’aspect écologique et économique !

tram porto

Les règles de Béa Johnson, auteur du livre « zero déchet » :

  • Refuser -> stopper la demande de produits superflus et/ou à usage unique. Que ce soit les objets promo gratuits, les sacs plastiques, les prospectus ou même les échantillons individuels (fast food, hôtels…).
  • Réduire -> cela passe par plus de simplicité et donc un désencombrement de ce qui nous entoure. Si le minimalisme s’installe dans votre quotidien, il n’en sera que plus facile de faire votre valise ! C’est comme ça que j’arrive à voyager plusieurs semaines avec seulement un bagage cabine :)
  • Réutiliser -> donner plusieurs fonctions aux objets, les détourner, les fabriquer soi-même ou les acheter d’occasion. Une quantité phénoménale de marchandise circule déjà sur notre planète, avant d’acheter neuf, autant reprendre ce qui est déjà produit et marche.
  • Recycler -> où que vous soyez sur la planète, vous laissez une emprunte, le but étant qu’elle soit la plus minime possible. Si vous triez chez vous, alors triez ailleurs. Normalement si les conseils appliqués ci dessus sont appliquées, il reste peu à recycler. Certains pays ne proposent pas encore de tri direct dans les poubelles car les déchets sont triés manuellement à la décharge. Ceci dit, l’objectif n’est pas tant de plus ou mieux recycler mais de ne pas jeter du tout.
  • Composter -> comme vous le feriez chez vous, les restes de nourriture (trognons, épluchures…) peuvent retourner à la terre, si vous pique niquez ou mangez dans un parc.

Imprégnez vous de bonnes habitudes, qui deviendront des automatismes naturels : refuser la paille dans sa boisson (pour ne pas qu’elle ne finisse dans la narine d’une tortue) , ne pas toucher aux produits individuels dans les hôtels et venir avec les siens, arrêter les mouchoirs en papier, voyager avec une tasse en inox pour en finir avec les verres en plastique, avoir sa carte d’embarquement en version mobile pour ne pas avoir à l’imprimer…

Voyager est avant tout un plaisir, aussi l’objectif de cet article n’est pas de forcer la main ou de faire culpabiliser. Choisissez les actions qui vous semblent les plus réalisables, sans vous mettre de pression. Chaque geste, même petit, est déjà une bonne initiative ! Alors si chacun s’y met, mis bout à bout… :)

 

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Voyager autrement : immersion, authenticité et éco-tourisme

Ceux qui suivent un peu ce blog savent que je voyage seule, avec l’idée que même avec un petit budget, on peut s’en sortir. Pour cela, il suffit de bien s’organiser certes, mais aussi ne pas être trop gourmand, et voyager autrement. S’éloigner des stations balnéaires, du tourisme de masse, bannir les tours opérateurs et les excursions organisées. Oui au voyage en immersion, pour s’imprégner le plus possible de l’ambiance locale, des traditions, des habitudes de vie et provoquer les rencontres avec les habitants. Sortir des sentiers battus (dans tous les sens du terme), à l’écart des grosses attractions, des attrapes touristes, des chemins balisés (là aussi dans tous les sens du terme), pour découvrir votre propre parcours, unique, caché. Choisissez d’acheter le plus possible les objets et mets locaux (plutôt que vous taper un Mc Do et acheter des sucreries au Duty Free…), afin de participer à l’économie du pays et soutenir les commerçants.

Pour une meilleure immersion, et des souvenirs inoubliables, privilégiez les transports locaux (même si le covoiturage ou le stop peut aussi être une solution économique, écologique et l’occasion de faire des rencontres), et/ou dormir chez l’habitant pour partager leur mode de vie et se plonger dans leur culture. Exit les guides privés et les transports privatifs qui vont avec : privilégiez la mobilité douce (bus) ou non polluante (à pieds, vélo, kayak…). Si vous choisissez de faire un road trip, privilégiez un véhicule qui consomme peu, et partagez le à plusieurs.

Adaptez vous aux usages vestimentaires, notamment dans les lieux saints comme les mosquées, ou les églises. Persister avec sa mini jupe (même si il fait chaud) vous attirera plus d’ennuis qu’autre chose. Les tenues trop moulantes ou ostentatoires/décontractées sont, dans certains pays, susceptibles de choquer. De même pour des gestes physiques, comme caresser la tête d’un enfant, s’assoir à côté d’une femme ou lui serrer la main, s’embrasser en public… Il convient de s’adapter à chaque culture locale, et ne pas rester dans ses habitudes d’occidental.

Lorsque l’on voyage, quelque soit l’endroit sur terre, ne doit rester après notre passage que l’emprunte de nos pas. Il s’agit donc d’éviter de laisser derrière soi des déchets (gardez les dans votre sac jusqu’à ce que vous trouviez un endroit pour les jeter), ou de ramener en France ce qui ne peut pas être jeté/recyclé sur place (piles…). Pour les fumeurs, privilégiez les cendriers de poche, que vous viderez en fin de journée à votre hôtel. N’emportez pas d’emballages inutiles (laissez les chez vous, en France) et choisissez des flacons réutilisables que vous n’aurez qu’à remplir avant votre voyage (savon, shampoing, crème…).

Ne gaspillez pas (que ce soit en France ou en voyage d’ailleurs) : ni l’eau (évitez de vous laver les mains avec de l’eau en bouteille dans la rue, dans un pays où l’on ne boit pas au robinet…!), ni l’électricité, ni la nourriture (prenez uniquement ce que vous mangerez, notamment lors des petits déjeuners buffet). Ne prenez pas les échantillons de savon/shampoing (emballages inutiles), ne prenez pas les flyers, ne demandez pas un nettoyage systématique (tous les jours) de vos serviettes de toilettes et/ou de votre chambre, c’est purement inutile.

Ayez une pensée à l’esprit : lorsque vous touchez une statue, des milliers de personnes l’ont fait avant vous ! On pense ces œuvres qui ont traversé les siècles, inébranlables, mais rien n’est moins vrai. Pensez à leur conservation avant de vouloir toucher toutes ces vieilles pierres, ou vous assoir n’importe où sur un site archéologique. Préservez les zones fragiles en évitant de rapporter des « souvenirs » qui font partie du patrimoine naturel, y compris sous marin.

Enfin, voyagez LEGER. Et je m’adresse particulièrement à vous mesdames… Adaptez votre bagage à votre destination, selon la météo et les coutumes vestimentaires. Pas besoin de talons, de fer à lisser, de sèche cheveux ou de crèmes de jour/nuit/matin/ et j’en passe… Une trousse de toilette avec le minimum syndical (pour le deo, on choisit une pierre d’Alun plutôt que ces horreurs de pshit !) et des produits réutilisables (je préconise l’utilisation d’une Cup pour les femmes, afin d’éviter la galère des tampons/serviettes). L’objectif est d’avoir des tenues décontractes et confortables, pour le style on repassera.

A lire : 80 Conseils pour voyager éco-responsable >> http://blog.voyages-eco-responsables.org/l-association/les-chartes/