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Faire un voyage à Jérusalem

Quelle ville au monde ne fait pas autant débat que Jérusalem ? Jérusalem est une destination passionnante à visiter, plus encore si on s’intéresse à l’histoire et l’origine des religions.  Un séjour la bas ne vous laisse pas indifférent, quel que soit votre avis géopolitique, tant les découvertes sont nombreuses et riches. Qu’on y aille en mode backpack ou en pèlerinage, des milliers de gens font le chemin vers Jerusalem. C’était donc une étape incontournable dans mon voyage en Israel et Palestine. Lorsque j’ai préparé mon itinéraire en Terre Sainte, je n’ai trouvé que peu de récits sur les blogs de voyage. Comment croire que cette destination soit peu fréquentée par les voyageurs ?

La ville tient une place très importante dans les sentiments des 3 principales religions monothéistes que sont les Juifs, les Chrétiens et les Musulmans. Ceux ci vivent en cohabitation permanente et tentent de faire perdurer leur foi au regard des autres religions. Avec des lieux sacrés comme le Mur occidental (pour les juifs), l’église du St Sépulcre (pour les chrétiens) et l’esplanade des Mosquées (pour les musulmans), la ville est dite « 3 fois Sainte ».  Raison pour laquelle son statut est est le fruit de tant de débats à l’échelle internationale.

A VOIR

Le cas du Mont du Temple (appelé ainsi par les Juifs uniquement), situé dans Jérusalem Est, est le plus brulant exemple de cette cohabitation tendue, qu’on ne peut ignorer en se rendant à Jerusalem. Ce qui était mon cas en arrivant puisque j’ai naïvement choisi une auberge se situant devant l’entrée du lieu le plus emblématique de la ville, et donc entourée de forces de sécurité et sous surveillance H24… A chaque entrée ou sortie de l’hostel, situé devant les grilles du Mont du Temple, je passais devant 2 barrages de 2 policiers. En plein quartier musulman, ce lieu est le plus sujet aux tensions dans la vieille ville de Jerusalem (délimitée par des remparts).

D’après la tradition, Abraham monta sur ce Mont avec son fils pour l’offrir en sacrifice à Dieu et plus tard, Salomon y bâtit le Temple de Jerusalem, qui abrita l’arche d’alliance (et les tables de la Loi). Un 2nd Temple fut bâti (Temple d’Herode) dont le seul vestige est aujourd’hui le Mur occidental, ou Mur des Lamentations. C’est le lieu saint le plus important du peuple Juif. Or sur ce site fut aussi érigé le Dôme du Rocher, 3ème lieu saint de l’islam sunnite (après la Mecque et Médine) et abritant le rocher où Mahomet serait arrivé depuis La Mecque, et la mosquée al-Aqsa, d’où son appellation par les musulmans: l’esplanade des Mosquées (al-Haram as Sarif). L’accès au public est très surveillé et n’est possible que quelques heures par semaine. J’ai vu des Juifs faire une visite en groupe, escortés par des militaires israéliens et surveillés par le Waqf, l’institution islamique chargée d’administrer le lieu.

Le Mur des Lamentations est un peu comme un iceberg : la partie la plus significative est cachée sous nos pieds. A gauche du Mur se trouve l’entrée du Tunnel du Kotel, qui voit se dévoiler ses fondations en nous emmenant sous terre. On y voit les bases du Temple d’Herode, les vestiges antiques de cet édifice colossal et les couches de civilisations qui se sont succédées. Une synagogue souterraine permet aux Juifs de prier à proximité de ce qui était la partie la plus sacrée du Temple.

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Outre le Mont du Temple/Esplanade des Moquées, la vieille ville est un vrai labyrinthe où j’ai aimé me perdre au début, puis j’ai vite trouvé mes repères dans les rues étroites et pavées. On se repère aux militaires à chaque angle, postés là en continu. Au bout de 3 jours, je faisais la causette avec ceux de ma rue. Entourée de remparts, il existe 5 portes pour entrer dans la vieille ville (aussi appelé Jerusalem Est) : les portes du Lion, d’Hérode, de Damas, de Jaffa et de Sion. On y compte 4 quartiers : musulman, chrétien, arménien et juif. C’est dans cette partie de Jerusalem que vous trouverez les lieux Saints (mentionnés plus haut).

J’y ai pour ma part fait le Chemin de la Croix, organisé et mené chaque vendredi à 16h par les franciscains. Des centaines de pèlerins prennent la « Via Dolorosa », qui selon la tradition, à été emprunté par Jésus portant sa croix, du jugement de Pilate (Porte des Lions) jusqu’à la crucifixion (Eglise St Sépulcre). La procession s’étend sur 500m et s’arrête à 9 stations (+ 5 dans l’église), en lien avec l’histoire biblique. A la fin, après un peu de d’attente, l’on peut se rendre dans la grotte où le corps du Christ aurait été déposé après sa mort, le tombeau de Jésus.

La Porte du Lion est le chemin qui mène vers le Mont des Oliviers. Avant de le gravir, on passe par l’Eglise de Toutes-les-Nations, qui renferme le rocher au pieds duquel selon la tradition, Jésus pria dura son agonie avant son arrestation. A mi chemin, on trouve une église Russe orthodoxe ornée de bulbes dorés, Ste Marie Madeleine. En haut, la vue est imprenable sur Jerusalem Est, le Dôme du Rocher et au premier plan, le plus grand cimetière juif du monde.

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Jérusalem, ce n’est pas que la vieille ville et ses lieux Saints, c’est aussi une ville de près de 900 000 habitants qui s’étend sur 200km2. Porte de Damas, vous pouvez prendre le Tram jusqu’au Mont Herzl, à l’autre bout de la ville, pour vous rendre au Musée et au Mémorial Yad Vashem, construit en mémoire des victimes de la Shoah. Comptez 3-4h pour faire le tour de ce complexe immense qui comprends plusieurs bâtiments et un parc avec des monuments commémoratifs.

Vous pouvez terminer votre visite de Jésursalem par le marché Yehuda, un grand « souk » où tout le monde se bouscule pour acheter de bons produits très variés. Ce grand marché ultra vivant où les vendeurs scandent leurs prix m’a rappelé l’ambiance des autres pays du Moyen Orient, que je n’ai pas trouvé ailleurs en Israel. Tout le monde s’y agite, surtout le vendredi, où c’est le meilleur endroit pour ses courses pour Shabbat. A la sortie, prenez Jaffa Street, LA rue du Jérusalem « moderne » pour faire son shopping et profiter des boutiques occidentales.

AMBIANCE / SECURITE

La situation « tendue » à Jérusalem est ainsi faite et il faut s’en accommoder, avec toutes les précautions nécessaires, sachant que les touristes sont peu concernés. Les faits divers existent bien, du petit incident au meurtre en pleine rue, mais entre les communautés religieuses locales. La vieille ville est ultra surveillée, je ne me suis jamais sentie en insécurité. Peu être un peu mal à l’aise la nuit tombée où les rues sont littéralement vides car peu de gens habitent à Jérusalem Est, dont les rues ne sont que des échoppes. Il est d’ailleurs impossible de trouver de quoi manger après 19h, tout étant fermé et désert.

Il convient d’être habillé convenablement pour TOUS les lieux religieux (à peu près partout où vous irez donc), à savoir jambes et épaules couvertes. Pour le Mur des Lamentations, les femmes doivent se couvrir totalement les bras et les cheveux et lorsque vous aurez terminé votre recueillement, il convient de ne PAS tourner le dos au Mur et de revenir sur vos pas en marche arrière. Inutile de préciser qu’hommes et femmes ont des accès séparés au Mur 😉

Le Ministère des Affaires Etrangères recommande une vigilance particulière dans et autour des Lieux Saints, et en particulier l’esplanade des Mosquées. Il déconseille d’aller à Jerusalem Est le vendredi après midi, temps des prières, mais non seulement je l’ai fait sans problème, mais j’ai marché avec d’autres chrétiens dans la Via Dolorosa pendant que le muezzin faisait son appel… De manière générale, tous les lieux publics sont surveillés, votre sac sera souvent contrôlé donc veillez à avoir toujours votre passeport et votre papier d’autorisation de séjour provisoire. Si cela peut apparaitre pénible, contentez vous de coopérer avec le sourire :)

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SE DEPLACER

Pour venir à Jérusalem, il est possible d’utiliser plusieurs moyens de transports. Le plus classique est de prendre l’avion depuis Paris jusqu’à Tel Aviv pour lequel il existe des vols directs quotidiens, à partir de 200€ A/R. Depuis l’aéroport Ben Gourion, vous pouvez rejoindre Jerusalem en bus. A côté des portes d’embarquement 21 et 23, une navette fait la route jusqu’à la station de bus située au carrefour EIAI. D’ici, de nombreux bus partent vers Jerusalem et sa gare d’Autobus appelée Thanat Merkazit (les Egged 945 et 947), toutes les 30 minutes environ.

Un des moyens les plus accessibles, les plus confortables et les plus populaires est aussi d’utiliser le shérout (taxi collectif), qui stationne devant la porte de sortie en face de la rotonde des arrivées de l’aéroport Ben Gourion. Il faut savoir que le shérout de 10 places ne partira qu’une fois toutes les places occupées et que les passagers sont répartis dans les différents shérout suivant le quartier de leur destination à Jérusalem. 

Israel est très bien desservi niveau bus, avec des stations dans chaque ville et des horaires précis. On peut traverser tout le pays en utilisant la compagnie Egged. C’est donc comme ça je que je suis arrivée à Jerusalem, avec un bus pris depuis Eilat au sud du pays, après avoir passé la frontière depuis la Jordanie à pieds. Il est aussi possible de venir à Jerusalem depuis Amman, capitale de la Jordanie, en passant par la frontière nord, King Hussein Bridge

Dans la ville, il est facile de se déplacer car une grande partie des points d’interets sont à faire à pieds. Pour se rendre d’un bout à l’autre, de la gare d’autobus à Jerusalem Est par exemple, le tram est direct. Pour sortir de la ville, vous trouverez des bus et des mini bus à la Porte de Damas. Partez du principe qu’en quittant Jerusalem pour aller en territoires palestiniens, vous passerez un check point et longerez probablement un mur de béton de 8M de haut.

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Road trip en Israel et en Palestine

Après avoir passé 10 jours en Jordanie, j’ai passé la frontière au Sud du pays, près d’Aqaba, sur les bords de la mer rouge. C’est à pied avec mon sac sur le dos que j’ai traversé entre les préfabriqués du « Goodbye Jordan » et ceux de « Welcome Israel », une centaine de mètre entourée de barbelés entre 2 pays.

La frontière passée, je suis allée à la station de bus d’Eilat, la 1ère ville israélienne, où j’ai pris un billet pour Be’er Sheva. Au guichet, on m’indique que le bus pour Be’er Sheva est complet et que je dois prendre le suivant (à 1h du matin…). Je n’en fait rien, je prends le 1er qui passe par cette ville, le chauffeur m’accepte et j’ai bien eu raison car il n’était pas complet…

JOUR 1-2: Be’er Sheva – Jerusalem

Je suis arrivée à Be’er Sheva de nuit et j’ai rejoint à pieds un logement situé près de l’Université, une chambre chez l’habitant en AirBnB. Le lendemain matin, j’échange un peu avec mon hôte, étudiante, nous marchons ensemble puis je pars vers le soit disant fameux marché bédouin, qui n’a lieu que le jeudi matin, ce que nous sommes. Partout, les guides en parle, avec « les odeurs d’épices, les plats traditionnels… », il n’en est rien… Que des habits, des jouets en plastique, des cosmétiques… Aucun intérêt.

Direction Jerusalem en bus. Ici, ce n’est pas comme en Jordanie (ou les autres pays du Moyen Orient d’ailleurs), il y a des horaires fixes, des compagnies de bus et des arrêts. Ca me fait bizarre. Je découvre avec surprise en arrivant à Jerusalem qu’il y a un tramway, pratique pour relier la station de bus et la vieille ville. Mon auberge est située dans le quartier musulman de Jerusalem Est, à l’entrée du Mont du Temple. Etant donné l’importance politico-religieuse des lieux, le quartier est bouclé par la police. Pendant 3 jours, matin et soir, je vais passer des barrières de sécurité et saluer ces policiers pour accéder à mon auberge.

A ce moment, je comprends qu’on ne peut pas venir en Israel, et plus encore à Jerusalem, sans se renseigner un minimum sur la situation locale. Parfois il faut faire un peu de géopolitique quand on voyage. Le conflit Israelo-Palestinien m’était totalement inconnu, je n’y connaissais rien, je ne savais rien des uns et des autres, du pourquoi et du comment. Et en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, c’est devenu le fil rouge de mon périple à travers le pays.

Ainsi donc, mon auberge se trouve au pied du lieu le plus emblématique de la ville, le Mont du Temple, où d’après la tradition Abraham monta avec son fils pour l’offrir en sacrifice à Dieu et où Salomon bâtit le Temple de Jerusalem, qui abrita l’arche d’alliance. Dessus fut érigé le Dôme du Rocher, 3ème lieu saint musulman et abritant le rocher où Mahomet serait arrivé depuis La Mecque, et la mosquée al-Aqsa. Un endroit d’une importance majeur pour Juifs et Musulmans.

Pendant près de 3 jours, je vais découvrir les multiples facettes de Jerusalem, la ville la plus importante des 3 principales religions monothéistes. Chaque rue, chaque événement, chaque lieu de la vieille ville a un lien avec une communauté religieuse, qui vit sa foi dans une extrême proximité avec ceux qui n’ont pas les mêmes croyances. J’ai suivi le chemin de croix de Jesus mené par les franciscains et avec des centaines de pèlerins chrétiens, pendant que le muezzin faisait l’appel à la prière et entourée de juifs en tenue traditionnelle. Des religions qui se croisent, qui se cherchent, qui perdurent dans un climat relativement tendu.

On fait assez vite le tour de Jerusalem. Après la vieille ville, faire un tour sur Jaffa street et au marché Mahaneh Yehuda, une visite du musée et mémorial Yad Vashem et une balade sur le Mont des Oliviers. Après 2 jours 1/2, je me repérais dans le labyrinthe de Jerusalem Est sans plan et sympathisais avec des marchands, tant je repassais souvent au même endroit.

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JOUR 3 : JERUSALEM – BETHLEHEM

Bethlehem n’est qu’à une dizaine de km de Jerusalem et au delà de l’aspect historico-religieux, cela représentait ma 1ère étape en Palestine. Partout j’avais lu de ne pas prendre les transports en commun pour s’y rendre, à cause du côté « imprévisible » lié à certaines « attaques » de bus. Y aller via une excursion organisée (ce que je déteste) ou comme les locaux a été un vrai moment de réflexion, alimenté de recherches. Après m’être assuré des modalités (ligne de bus, passage du check point…), j’ai pris les transports en commun.

Pour se rendre à Bethlehem en bus, 2 solutions : prendre un bus israélien qui s’arrêtera au check point, puis prendre un taxi jusque dans le centre ou prendre un bus arabe qui va jusque dans le centre. Vous vous doutez bien que j’ai opté pour la 2eme solution. Il m’a suffit de prendre le bus n°21 depuis la Porte de Damas, aucun stop au check point, et en moins d’une demi heure j’étais dans Bethlehem.

La tradition juive fait de Bethlehem le lieu de naissance et de couronnement du roi David et les chrétiens la considère comme le lieu de naissance de Jésus. Ce lieu est marqué d’une étoile, dans une grotte, abritée dans la Basilique de la Nativité, une des plus vieilles églises du monde. Plus loin, on trouve la Grotte du Lait, où serait venue souvent Marie pour y allaiter Jesus et changer ses langes. La légende dit que la grotte apporte la fertilité aux femmes qui y viennent. Je vous en dirai des nouvelles… 😉

Après avoir passé l’après midi à Bethlehem, je prends le même bus pour le retour. Apparemment, sortir d’Israel ne pose pas de problème, y re rentrer est une autre histoire. Le bus marque donc un arrêt au check point, à la demande des militaires. Presque mécaniquement, le 3/4 des passagers descendent du bus et se mettent en file indienne sur le bord de la route. Je ne comprends pas et au moment où je me lève pour faire de même, le chauffeur m’indique que comme les quelques autres « étrangers/touristes », je dois rester dans le bus. Les militaires montent, jètent un oeil à mon passeport et passent leur chemin. Tous ceux qui sont dehors sont des palestiniens… Ils ne remonteront dans le bus que si l’armée les y autorise. Un par un, ils sont contrôlés, questionnés, et fouillés. A travers la vitre, je regarde cette étrange scène où moi, étrangère, je suis assise confortablement dans le bus et eux, chez eux, sont contrôlés sur le trottoir. Après une petite demi heure, le bus repart vers Jerusalem et l’armée arrête le bus suivant…

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JOUR 4 : JERICHO – MER MORTE

Pour avoir un peu de liberté et aller dans des endroits où les transports ne vont pas, j’ai loué une voiture pendant 2 jours. Circuler en voiture de location en Israel n’est pas forcément le moyen recommandé du fait des diverses complications liées à la situation locale. Mais en fait, tout ça c’est est un peu exagéré. Le loueur demande où je veux aller, et comme je comptais aller à Jericho (Palestine), je le mentionne. Avec une voiture à plaque israélienne, le loueur m’indique que je ne peux pas aller à Jericho car l’assurance du véhicule ne le permet pas. Je demande où je peux la garer pour m’y rendre en taxi, aucune réponse. En fait tout est fait pour dissuader de vous rendre en Palestine et vous faire peur (« si vous laissez la voiture sans surveillance, elle brulera »). Loupé, il n’en faut pas moins pour me donner envie d’y aller.

On me donne une carte du pays avec un code couleur selon qui « contrôle » les routes. La plupart des axes routiers de Palestine sont aux mains des israéliens, jusqu’aux entrées de ville. Et d’autres où les israéliens ont interdiction de se rendre… Je roule jusqu’aux rives du Jourdain, frontière naturelle avec la Jordanie, pour aller à Qasr El Yahud, le site du baptême. Gratuit, ouvert 7jrs/7, aménagé avec des rampes pour permettre d’accéder à l’eau, c’est ici que selon la tradition chrétienne, Jean le Baptiste a baptisé Jesus. Le lieu a ouvert au public en 2011 suite à un accord entre Israel et la Jordanie, celui ci étant fermé depuis 60 ans étant une zone militarisée. Il faut d’ailleurs bien rester sur la route puisque le coin est parsemé de mines anti personnel. Des militaires israéliens de mon côté surveillent le site pendant que je descends dans l’eau calme du Jourdain. A 3 mètres en face de nous, des militaires jordaniens de l’autre côté de la rive et des pèlerins qui comme moi, sourient d’être si proches et pourtant si « loin » implicitement…

Je me dirige vers le poste de frontière proche de là, Allenby bridge, me disant que je pourrai garer la voiture sous la surveillance des militaires et prendre un taxi pour aller à Jericho. Loupé, je me fais refouler par l’armée, qui non seulement n’en a rien faire de où je gare ma voiture, mais se fiche bien de savoir comment je peux me rendre à Jericho. Un taxi palestinien passe, je l’arrête et lui demande si il peut me conduire à Jericho pendant que je laisse ma voiture ici. Il refuse et veut que je le suive à Jericho avec ma voiture ! Je lui explique que c’est dangereux, que je n’ai pas s’assurance,  que je le payerai ce qu’il faut. Rien à faire, il refuse mon argent et propose de me guider et de me montrer que c’est « peace, no problem ». Un peu stressée par l’idée, j’accepte. Le taxi m’ouvre la route jusqu’au centre de Jericho sans aucun problème (pas de check point). Je suis la seule voiture avec une plaque israélienne, autant vous dire que je m’arroche au volant comme une moule à son rocher.

Jericho est l’une des plus vieilles villes du monde (10 000 ans av. J.C.) et selon la bible, où Jesus y guérit 2 aveugles et rencontra Zachée. Je me rends au Monastère de la Tentation sur le Mont du même nom, où toujours selon la tradition chrétienne, Jesus fut tenté par le diable, après 40 jours et 40 nuits de jeun. Le téléphérique est réactivé pour moi, étant la seule touriste. D’en haut, on a une vue magnifique sur Jericho jusqu’à la Jordanie et la Mer Morte. Le monastère grec orthodoxe est taillé à même la montagne, autour de la grotte où séjourna Jesus.

Après une pause déjeuner, je quitte Jericho sans encombre et file vers la Mer Morte par la route 90. Un paysage magnifique et désertique longe la mer, calme, plane, avec la Jordanie en face. En plein après midi, sous 45°, je m’arrête au milieu de cette fournaise pour me baigner dans une eau chaude. Il n’y a rien n’y personne autour, le calme, la chaleur. Il est impossible de mettre le pieds au sol à moins de se bruler la plante des pieds. Je me baigne donc en sandales… Quelques jours plus tôt, c’est côté Jordanien que je découvrais la Mer Morte !

Je passerai la nuit dans une tente, à flanc de montagne, au dessus de la mer avec une vue imprenable…

Jericho

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JOUR 5 : MASSADA – EIN GEDI

Au petit matin, je prends la route pour Massada, au sud, au bout de la mer morte. C’est un des lieux les plus touristiques du pays, les restes d’une forteresse antique perchée sur un socle de granit, au sommet d’une montagne dans le désert de Judée. La falaise surplombe la Mer Morte et le désert, avec une vue depuis le plateau où se trouve les ruines, imprenable. Massada est accessible par téléphérique ou à pied avec le sentier du serpent pour les plus téméraires (compter une petite heure).

Après avoir fondu comme neige au soleil en parcourant le site, je reprends la voiture pour un endroit un peu plus « frais » : Ein Gedi. Je remonte la route 90 vers le nord et m’arrête à cette oasis dont il est fait référence dans la bible, notamment comme lieu où se cacha David. Ce parc national est un lieu TRES touristique et malheureusement, perd du coup tout son charme. Il est possible d’effectuer plusieurs marches, allant plus ou moins loin dans la montagne. Le 1er chemin que j’emprunte est tellement fréquenté que je ne peux pas avancer… Que des jeunes américains qui débarquent en maillot de bain pour passer la journée dans la rivière et sous les cascade. Je peine à profiter des lieux, d’autant que je suis en tenue de rando, pas de plage.

J’emprunte un 2eme chemin, plus éloigné et là, il n’y a personne. Je profite de la balade sous le soleil cuisant, les pieds (avec les Converse) dans l’eau fraiche. La chaleur est telle que je m’allonge dans l’eau, habillée, avec comme seul bruit de fond celui des cascades. Il faudrait plus de temps et moins de chaleur pour découvrir les 25km2 de cette réserve naturelle, et je n’ai ni l’un ni l’autre. Je reprends la route et fais le chemin inverse jusqu’à Jerusalem.

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JOUR 6 : TIBERIADE

Depuis Jerusalem, je prends le bus 961 pour la Galilée, et plus précisément, Tibériade (Tiberias ici), où j’arrive 3h plus tard. Située tout au Nord d’Israel, c’est sur la rive ouest du Lac de Tibériade que je pose mon sac dans cette ville devenue station balnéaire. Elle a peu d’intérêt touristique, comparé à ce qui l’entoure (de nombreux sites archéologiques dans la région). Il est agréable de s’y balader et de se baigner dans le lac depuis la seule « plage » en ville. C’est un lieu important du judaïsme, avec les tombeaux des sages de l’histoire juive. Ce serait sur les eaux du Lac Tibériade que Jesus aurait marché, de nombreuses églises ont donc été érigés dans les environs.

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JOUR 7 : TIBERIADE

Depuis Tibériade, je prends un bus qui longe le lac et me lache à un croisement, à côté de Tabgha. J’y arrive après 2km de marche au bord de la route. Situé sur la rive nord du Lac de Tibériade, la tradition biblique y localise le miracle de la multiplication des pains et l’apparition du Christ ressuscité.

Mon 1er stop est donc l’église de la multiplication. Profanée par des juifs d’extreme droite en 2014 puis incendiée par de nouveaux extrémistes juifs en 2015, elle est en cours de reconstruction mais conserve cependant ses mosaïques de l’époque byzantine, dont la plus célèbre représente la multiplication des pains et des poissons.

En face, se trouve le Mont des Béatitudes, où Jesus aurait prononcé le Sermon sur la montagne. Je me faufile par un chemin de sable au milieu de l’herbe desséchée par le soleil et arrivée épuisée en haut du sommet, qui – et c’est cocasse- est le plus bas du monde (25m SOUS le niveau de la mer). Une magnifique église y a été construite, entourée d’un parc et avec une vue remarquable sur le Lac de Tibériade. Epuisée par la chaleur, le gardien, qui doit fermer pour la pause déjeuner, propose de me conduire à Capharnaüm, où je veux me rendre.

C’est la ville la plus citée dans la bible, après Jerusalem, notamment pour être la ville de Jesus. Autrefois un village de pêcheurs, c’est aujourd’hui un site où l’on trouve les vestiges d’une synagogue, de la maison de l’apôtre Pierre et une église grec orthodoxe aux dômes rose, un peu en retrait de l’ancienne ville. A ce moment là, je suis à moins de 5km du plateau du Golan, un territoire syrien occupé par Israel depuis la guerre des 6 jours. Israel a annexé le Golan à son territoire mais celle ci a été condamnée par le Conseil de Sécurité, notamment parce que les 120 000 syriens qui y vivaient à l’époque en ont été chassés ou ont du fuir. Zone sensible donc.

Je marche ensuite sur 3km en bord de route pour aller à l’église de la Primauté, où Jesus ressuscité apparu à  l’apôtre Pierre la garde de son Eglise. On y trouve un rocher à la forme particulière, appelé « Mensa Christi », c’est à dire la table qui aurait servi au repas préparé par le Christ pour ses apôtres. Un vêtement de Jean Paul II y est conservé, vénéré par les nombreux pèlerins et les moins franciscains qui ont en charge l’église.

Je repars à pied vers le croisement où le bus m’avait arrêté. Marchant le long de la route, une voiture s’arrête près de moi alors que je suis pratiquement arrivée à l’intersection. Une jeune israelienne propose de me ramener à Tibériade. Apparemment, le stop est une pratique très courante dans la région. Elle m’explique qu’elle ne peut pas allumer la radio pour mettre de la musique car nous sommes dans les derniers 9 jours de la période des 3 semaines qui marquent le deuil de la destruction du Temple de Jerusalem. Elle habite sur le Golan, qui pour elle en plus d’être bien sur israélien, n’a pas de problème de sécurité. Nous passons par un kibboutz, une particularité d’Israel qu’elle m’explique : un village collectiviste où la notion de propriété privé n’existe pas, censé pourvoir aux besoins de ses habitants.

Rentrée à Tibériade, je prends le bus 431 pour Nazareth.

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JOUR 8 : NAZARETH

Nazareth est la plus grande ville arabe d’Israel, avec 70% de musulmans et 30% de chrétiens. D’après la tradition de ces derniers, c’est la ville de Joseph et de Marie. On y trouve la Basilique de l’Annonciation, la plus grande église du Moyen Orient et qui est magnifique. Elle a été construite sur la grotte associée à l’apparition de l’ange Gabriel à Marie, que l’on trouve au rdc de l’église. A l’étage (oui c’est assez curieux une église à étage) se réunit la communauté, entourée de fresques contemporaines qui viennent du monde entier et représentent la Vierge et l’enfant Jesus.

Tout à Nazareth est lié à l’histoire de Marie. A côté de la basilique, on trouve l’église St Joseph, à l’emplacement de son atelier de charpentier, et en sortant, le Centre international Marie de Nazareth, conçu par un français. Les meilleurs spécialistes se sont réunis pour proposer au grand public un lieu pour découvrir ce mystère qu’est la Mère de Dieu. Le parcours multimédia est intéressant à visionner, tout comme les échanges avec les bénévoles (catholiques et musulmans) du lieu.

Il est intéressant de se rendre à l’église St Gabriel, considérée par les orthodoxes comme le vrai lieu de l’Annonciation, proche de la fontaine de Marie. Il faut aussi arpenter les rues de la vieille ville et du souk, entre la synagogue et la mosquée, et monter jusqu’à l’église Salisian qui offre une belle vue sur tout Nazareth.

Ambiance conviviale à mon auberge le soir, avec une séance de cinéma improvisée ouverte à tous. Un drap est tendu entre 2 portes, le salon ouvert sur la rue, les habitants invités à venir s’assoir dans de vieux fauteuils pour profiter de la projection. C’est un film de Banksy sur le street art… Cocasse (ou volontaire) quand on sait que Banksy est allé à Gaza en 2015 pour dénoncer la vie quotidienne des palestiniens, 10 ans après qu’il ait réalisé plusieurs oeuvres sur le mur construit par Israel entourant Bethlehem.

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JOUR 9-10-11 : TEL AVIV

C’est la ville où je voulais le moins aller dans mon voyage, je n’en avais vraiment pas hâte. Et je n’avais pas l’intention d’y passer 2 jours 1/2, mais je n’ai pas eu le choix. J’ai voulu partir de Nazareth en sheirut, un mini bus collectif qui ne part que quand il est plein. J’ai attendu 1h30 avant qu’il se décide à partir pour Tel Aviv, où je suis arrivée en tout début d’après midi. A mon auberge, je me renseigne sur les transports pour aller à Acre le lendemain, mais voilà, c’est samedi. Pire, c’est la fin des 9 jours, il n’y a donc rien. Déçue, me voilà à Tel Aviv pour le WE.

Ma consolation, c’est qu’en ce vendredi soir, je vais faire Shabbat chez des compatriotes français que je ne connais pas encore, expatriés ici, au sud de Tel Aviv. C’est la 1ère fois que je fais Shabbat. Il débute un peu avant le coucher du soleil par l’allumage de 2 bougies par l’épouse et est avant tout un moment de convivialité, entre amis ou en famille. L’hospitalité, et j’en bénéficie, est donc un élément fort. Est récité la sanctification du jour du Shabbat (Kidouch) sur une coupe de vin kasher, pendant laquelle nous sommes debout autour de la table sur où se trouve 2 Halot (pain traditionnel) recouverts d’un linge.

Puis vient le rituel du lavage des mains (Netilat Yadayim). Ecoutant les consignes, je verse 3 fois de l’eau sur ma main droite puis 3 fois sur ma main gauche avant de réciter en hébreu : Baroukh atah Ado-naï E-loheinou Melekh haolam achère kidechanou bemitsvotav vetsivanou al nétilat yadayim. [Béni sois-Tu Éternel notre Dieu, Roi de l’univers, qui nous a sanctifié par ses commandements et nous a prescrit le lavage des mains]. L’astuce, c’est que ce rituel n’intervient que si l’on mange plus de 56 (oui c’est précis) grammes de pain. Après mon « lavage », mon hôte ne dit plus rien. En fait, on ne peut pas parler après l’ablution des mains jusqu’à ce qu’à table, on ait mangé du pain. Viennent de délicieux et fastueux plats, préparés avant Shabbat car on ne peut pas cuisiner pendant. Les lumières de l’appartement sont allumées avant partout aussi, car on ne peut toucher un interrupteur. S’en suit un beau diner dans la bonne humeur !

Les 2 jours qui suivent, je flâne dans les rues de Tel Aviv. Le quartier de Jaffa vaut le détour, avec son port, son marché, la tour de l’horloge et l’église St Pierre. On a aussi une belle vue sur les plages de Tel Aviv et les buildings. Je me balade au Tel Aviv Museum of Art, arpente les quartiers de Florentin, Rothschild boulevard, le Carmel Market, les ruelles calmes de Neve Tsedeq… N’attendant pas grand chose de cette ville, je marche des heures, sans trop savoir où. C’est une bulle pour la jeunesse en quête de fêtes et de plages déconnectée du reste du pays. Mon auberge est remplie d’américains qui n’iront pas plus loin que Tel Aviv et diront « je connais Israel » alors qu’il n’en est rien. Je suis blasée devant la légèreté ambiante alors que la situation locale, à quelques km et dans tout le pays, mérite qu’on s’y attarde.

Tel Aviv

Avant d’y venir, j’avais discuté avec un Palestinien a qui j’ai dit : « Ce qui se passe à Tel Aviv, ça ne m’intéresse pas. C’est pour les touristes, les occidentaux et les expatriés qui n’osent pas se confronter aux réalités du pays. » Il avait répondu que c’est la 1ere fois qu’il entendait ça. Et c’est exactement ce que j’ai trouvé. C’est une des rares fois, parmi mes nombreux voyages, où j’avais hâte de quitter une ville. C’est avec le sourire que je suis allée à l’aéroport et que j’ai quitté Israel…

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Découvrir la cité de Petra en Jordanie

J’en rêvais depuis Indiana Jones et la dernière croisade, de voir apparaitre le Temple Al-Khazneh dans le creux de l’étroitesse du canyon. Et bien c’est chose faite, et je n’ai pas été déçue ! La Cité sculptée dans la pierre est telle qu’on l’imagine. Grandiose.

AVANT D’arriver

Le site de Petra est situé dans le sud de la Jordanie, à 200km de la capitale soit environ 3h de route en voiture. Des mini bus partent d’Amman tous les jours pour un cout modique, depuis l’une des stations en bordure de la ville (notamment Abdali) vers Wadi Musa (la ville qui entoure Petra, où vous logerez probablement).

Pour dormir, le choix est large étant donné que c’est le 1er lieu touristique du pays. Du low budget au 4**** ou même des campements de bédouins. Dans tous les cas, étudiez bien la localisation de votre hôtel, car Wadi Musa est une ville en hauteur donc si vous devez vous rendre à Petra et revenir à pieds, sous la chaleur, vous allez déchanter. De nombreuses structures proposent de vous conduire et vous ramener entre l’hôtel et l’entrée de Petra. Ils proposent aussi des paniers repas pour que vous ayez une collation pendant la visite.

L’entrée au site coute 50JOD pour 1 jour, jusqu’à 60 JOD pour 3 jours. Ce tarif élevé s’explique par les frais engendré par l’entretien et la restauration de la Cité. Je conseil fortement, étant donné le montant, de prendre un Jordan Pass avant votre entrée en Jordanie. Détails ici > http://laplanneusesupertramp.fr/la-jordanie-bonnes-adresses-conseils-et-budget/ Le site ouvre de 6h à 18h (16h en hiver), je ne saurai que trop vous conseiller d’arriver le plus tôt possible le matin, d’une part pour profiter mais surtout pour ne pas subir la chaleur.

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SUR PLACE

Selon les évènements dans les pays autour, Petra reçoit entre 200 et 400 000 visiteurs par an. Pour ma part, au mois d’Aout (hors saison touristique donc, à cause de la chaleur), j’ai du croiser 50 personnes sur une journée… Agréable car on se sent vraiment seul au monde dès qu’on sort de la route principale. Mais attristant de voir si peu de monde pour un lieu de cette ampleur. La Jordanie subie directement l’instabilité politique de la région avec une baisse du tourisme.

Petra a été occupée par les nabatéens au 6ème siècle av. J.C., qui y ont prospéré grâce à sa position stratégique pour le commerce. Classé patrimoine mondial de l’UNESCO, le site a aussi souvent été citée parmi les 7 merveilles du monde, de part son aspect monumental.

On accède à Petra par un sentier sculpté dans un canyon, le Siq. Sur 2km, on marche entouré de hautes parois rocheuses, aux formes et aux couleurs étonnantes. A l’extrémité du Siq, on découvre Al Khazneh (le Tresor), le temple le plus célèbre de la cité (et le plus photographié). Et là, on se sent tout petit face à cette façade de 45m de haut, taillée à même la roche.

Petra, ce sont des centaines de tombeaux creusés dans les rochers, des temples, des ruines, un amphithéâtre, une rue à colonnades… De quoi en prendre plein la vue. Et ces vestiges se découvrent en parcourant des chemins qui vous mèneront dans les hauteurs. De 1h à 5h de marche, c’est via ces sentiers que l’on découvre la beauté de cet endroit, à travers des points de vus exceptionnels. Que ce soit la route qui mène au roche face au Tresor pour le voir d’en haut, à celui jusqu’au lieu du sacrifice ou les 800 marches qui mènent au monastère Ad Deir. Bref, il faut non seulement beaucoup marcher, mais il faut aussi se prendre dans cette immensité.

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Conseils

Si tu ne supporte pas la chaleur, ne viens pas en été (la saison touristique étant Avril-Mai ou Octobre). Mais si, comme moi, tu n’aime pas les endroits bondés de touristes, alors viens souffrir au soleil en Aout 😀 Dans tous les cas, de l’eau est à prévoir (à acheter avant d’entrer car les prix doublent sur le site) ainsi qu’une collation pour le déjeuner (quasi pas de restauration sur place). Mais surtout, ne pas négliger l’essentiel : lunettes de soleil – casquette – crème solaire ! Et des bonnes chaussures de marche, parce que ça grimpe.

Il n’y pas (ou très peu) de poubelles sur place, il faut donc faire attention à ses déchets et à l’emprunte que l’on laisse sur le site. Petra est déjà bien assez amochée comme ça ! Le site est en danger et notamment mal protégé du comportement des touristes (et des locaux…).

Les bédouins offrent aux touristes des promenades à dos d’âne, en cheval ou en chameau, mais cette pratique est déconseillée par les autorités et l’UNESCO notamment parce que leurs pas endommages les ruines en bougeant le sable. Mais en plus d’abimer le site, ces animaux sont loin d’être bien traités. J’ai vu des gamins fouetter, taper et même jeter des pierres à leurs ânes avec une violence inouïe. Je n’ai pour ma part pas envie de cautionner ce genre d’activité, libre à vous…

Mon dernier conseil serait de passer au moins 2 jours sur le site, pour avoir le temps de faire toutes les marches proposées aux différents coins de la cité. En venant tôt (en plus la météo sera un peu plus clémente), vous pourrez profiter de Petra en vous y perdant, en arpentant des chemins peu empruntés, et capter la grandeur de l’endroit dans une parfaite solitude la plupart du temps…

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Jordanie

Road trip en Jordanie

J’ai passé 10 jours en Jordanie, sac sur le dos et en solo. Enfin presque solo, car je ne me suis jamais sentie seule. Ce pays, j’en rêvais depuis longtemps et il ne m’a pas déçue.

Avant toute chose : la Jordanie n’est pas touchée (en tout cas directement) par les conflits dont elle est entourée. Il n’y a pas la guerre et il n’y a pas de lieux d’affrontements. Le pays est malheureusement confondu avec ses voisins et en souffre (baisse significative du tourisme). C’est un pays sur, dans lequel je n’ai jamais eu un seul problème, ni me suis sentie en insécurité. Les précautions d’usage lorsqu’on est une fille qui voyage seule sont bien sur à prendre, comme dans d’autres pays. J’insiste car ce pays en a besoin et qu’il ne mérite pas de pâtir des conflits qui sont autour. La Jordanie a été pour moi une magnifique découverte, et l’accueil et la gentillesse des jordaniens y a largement contribué.

La plupart des touristes qui viennent en Jordanie se contentent de louer une voiture et d’aller de points en points avec leur véhicule. J’ai préféré me confronter à la population locale en me déplaçant comme eux. La véritable aventure ! Si les trajets en bus sont très abordables, certaines zones ne sont accessibles que par voiture, et là, le compteur monte vite pour demander à un jordanien de vous y emmener !

JOUR 1 : JERASH – AMMAN

Arrivée dans la nuit à l’aéroport d’Amman, j’ai comme souvent, attendu patiemment sur place le petit jour pour le quitter. Le moyen le plus économique ? Un bus qui vous amène à « Amman Bus Station » au nord de la ville pour 3 JOD (4€). D’ici, vous trouverez des bus qui partent pour tout le pays ou des taxis pour aller downtown (l’hyper centre d’Amman).

Aller à Jerash de là ne cout qu’1 JOD (1,5€) par le bus, si on est patient (j’ai attendu 1h, vu qu’il ne part que quand il est plein). Les chauffeurs de taxi vous feront croire qu’il n’y a pas de bus pour vous faire payer la course ! Le site archéologique de Jerash est situé en entrée de ville, gardez l’œil ouvert et dès que vous apercevez les ruines, demandez au chauffeur de vous arrêter.

Jerash est un site immense. Il ne faut pas moins de 3h pour en faire le tour. C’est l’une des villes provinciales romaines les mieux conservées au monde, avec des vestiges vraiment impressionnants. Rues pavées, colonnades, temples, théâtres, thermes… La totale. A chaque point d’intérêt, la police touristique est là pour veiller, assise tranquillement à l’ombre à vous observer.

Jerash

Jerash

L’après midi, je suis à Amman, la capitale de 2 millions d’habitants. Je loge downtown, dans un dortoir, d’où je peux à la fois « profiter » de l’effervescence de la ville (même la nuit…) et tout faire à pieds. Le principal internet est la Citadelle, qui offre une superbe vue sur la capitale. Il faudra grimper un peu pour y accéder.

Puis vous pouvez prendre une bière au Book@café, le 1er internet café du Moyen Orient et à avoir affiché hommes et femmes assis ensemble pour un verre. Mêlez vous au brouhaha qui règne dans le Souk, imprégniez vous de l’ambiance agitée et *légèrement* bordélique 😉

Le soir, les guides recommandent de prendre Rainbow street, mais je n’y ai trouvé que peu d’intérêt. Une succession de bars et de restau, pour la jeunesse qui s’occidentalise et les touristes. J’ai plutôt «diné » dans un bouiboui caché derrière un immeuble, dans une petite cour, où se retrouve les familles du quartier pour partager du Houmous avec du thé.

Amman

Amman

JOUR 2 : AMMAN – MADABA

Le matin, visite de l’autre site touristique qui mérite le détour à Amman, c’est l’immense amphithéâtre romain. Situé en plein centre ville, c’est le plus grand de Jordanie et accueille encore jusqu’à 6000 spectateurs.

Amman

Je quitte la capitale en bus pour Madaba, située à une trentaine de km et mon point de chute pour les jours qui suivent pour visiter aux alentours. La ville est connue pour ses mosaïques, notamment celle de l’église St George : la plus vieille carte de la Terre Sainte au monde (VIème siècle). J’ai fait un tour à l’école de mosaïques, où j’ai eu la chance de visiter les ateliers et d’échanger avec une professeure qui m’a expliqué le processus de création et de restauration d’œuvres.

Avec un taxi (pas le choix), je suis allée au Mont Nébo, mentionné dans la bible comme étant le lieu où Dieu amena Moise pour qu’il contemple la Terre Sainte qu’il offrait aux hébreux, avant d’y mourir. La vue est impressionnante, jusqu’à la Mer Morte et toute la vallée du Jourdain.

Madaba

JOUR 3 : MADABA – MER MORTE

Le seul moyen d’aller à la Mer Morte depuis Madaba, c’est le taxi/chauffeur. Autant dire que les prix sont élevés. J’ai donc fait du porte à porte aux hôtels la veille en quête de touristes qui veulent se rendre joindre à moi. C’est après avoir pris le thé avec un chrétien syrien dans sa boutique, qu’en ce 3eme jour je reçois un message de son cousin qui m’a trouvé un taxi avec 2 Suissesses. Parfait !

Je fais donc le trajet avec 2 supers Suissesses qui voyagent entre copines pendant que leurs maris font de même. Elles ne font que l’aller, nous nous quittons devant leur hôtel et je me remets en route avec mon chauffeur, Ahmad. Le peu d’endroits aménagés pour se baigner sont payants, ce qui n’est pas dans mes plans. Compréhensif, Ahmad me trouve un endroit où il n’y a rien, ni personne, si ce n’est une flaque d’eau douce pour pouvoir se rincer. Je profite pendant 2h de cette eau ultra salée (oui on flotte vraiment), du silence et du fameux gommage à la boue qui rend la peau toute douce !

Mer morte

mer morte

Au retour, Ahmad passe par le desert et me laisse conduire ! Mais chut, il ne veut surtout pas que ça se sache… 😉

JOUR 4 : MADABA – WADI MUJIB

La veille j’ai fait la connaissance de Nicolas, un québécois qui fait le tour du monde. Cherchant à partager le cout du taxi pour aller au Wadi Mujib, et lui aussi dans un souci d’économie, nous décidons d’y aller ensemble.

Le Wadi Mujib est un canyon superbe, face à la Mer Morte. Le Siq Trail est un itinéraire de 2km dans l’eau, de la cheville au cou ! Il est indispensable de prévoir un sac étanche (par chance Nicolas en avait un) si vous voulez prendre avec vous un appareil photo. Prévoyez des chaussures qui peuvent aller dans l’eau (exit les grosses paires de randonneurs) : pour ma part, les Converse ont très bien fait l’affaire. La marche se fait au milieu des hautes parois étroites et rouges. Attention, c’est un parcours parfois difficile ! Certains obstacles, avec le courant fort de la rivière, ne sont pas évidents. Parfois, il y a des employés sur le parcours qui aident à passer, ce qui s’avère utile.

Arrivée au bout du parcours (la cascade), il n’y a plus qu’à refaire le chemin inverse. Quitte à se laisser porter par le courant sur quelques mètres en étant intégralement dans l’eau… Prévoir 2h-3h aller retour.

Wadi Mujib

Mardi Mujib

JOUR 5 : MADABA-AMMAN-DANA

Pour nous rendre à Dana, avec Nicolas, nous prenons un 1er bus qui nous ramène à Amman, à la station sud « Al Janoob ». Puis depuis Al Janoob, prendre un bus vers Qadisyya, en précisant au chauffeur que vous allez à Dana après et qu’il faudra vous arrêter à l’intersection qu’il faut.

Après plus de 2h de bus, il nous largue à un rond point. Ni une ni deux, sans trop que l’on comprenne, l’un des passagers descend et nous embarque dans la voiture d’un de ses amis. A 5 dans la voiture, vitres fermés et clopes au bec des jordaniens, nos sacs sur les genou, c’est assez folklorique. Après quelques minutes, 2eme largage, à un angle de rue. On nous emmène dans une nouvelle voiture qui nous emmène à Dana. Tout est parfaitement synchronisé et c’est là que l’on comprend la sympathie des jordaniens qui se sont organisés sans qu’on le sache pour que l’on arrive à destination.

Dana est un village plus ou moins abandonné, plus ou moins en ruines, qui trône au dessus de la magnifique vallée de Dana, une réserve naturelle. Nos paquetages posés, nous partons dès le début d’aprèm en randonnée. Le silence et le chemin au milieu des montagnes est assez génial à faire, bien que difficile. Le retour (la montée) est d’une certaine difficulté, surtout sous le soleil. Près de 4h de randonnée dans la nature, c’est exténuant mais ca fait du bien.

Superbe diner à l’hôtel, avec un large choix de plats traditionnels que l’on mange sous les étoiles. Les loups et chacals se font entendre et hurleront toute la nuit…

Dana

Dana

JOUR 6 : DANA – PETRA

Marche en solitaire autour du village au petit matin, à flanc de montagne. Je croise un jeune berger qui bouge son troupeau en jouant de la flute. Au milieu de la vallée et avec l’écho, c’est assez enchanteur.

En rentrant à Dana, je tombe sur mes amies les Suissesses ! Elles aussi doivent se rendre à Petra, nous décidons donc de faire à nouveau chauffeur commun, ce qui reviendra même moins cher que le bus ! Elles décident de venir dans le même hôtel que nous.

Après le check in, nous arrivons à Petra, enfin ! Un rêve depuis tellement longtemps. Cette 1ere demi journée nous offre un beau 1er aperçu de l’étendue de la Cité nabatéenne. L’entrée se fait par un canyon, le Siq, sur 2km, et qui s’achève sur le Trésor, le temple le plus célèbre du site. Ensuite, de nombreux sentiers de marche partent de tous les côtés depuis l’allée centrale de la cité. Nous prenons celui qui permet de voir le Trésor vue d’en haut. Il est faisable en 1h30 A/R. Les premières marches du sentier offrent des vues magnifiques sur l’allée principale de la cité jusqu’aux montagnes.

Petra

Petra

JOUR 7 : PETRA

L’entrée de Petra étant chère (70€), autant en profiter 2 jours, d’autant plus que vous trouverez de quoi voir étant donnée la taille du site.

Si les ruines, les temples et les tombeaux ont leur importance, ce qui m’a le plus fasciné, c’est bien les sentiers en hauteur, les marches à grimper, pour atteindre des points à couper le souffle. Et le tout dans une solitude absolue ! Et oui parce que même dans le site le plus touristique du pays, je n’ai pas du croiser plus de 100 touristes sur le chemin principal. Alors imaginez le bonheur en sortant des sentiers battus… Le revers de la médaille, c’est que les locaux sont TRES insistants pour vous prendre tour en chameau ou en âne… Mais en grimpant dans les rochers vous serez tranquilles.

Après plus de 4h de marche autour du « funeral trail », jusqu’au lieu du Sacrifice et la descente dans la vallée d’à côté, nous avons entamé la montée des 800 marches qui mènent au Monastère, le bout de Petra. Un chemin épuisant mais qui vaut le coup, notamment jusqu’à la colline qui se revendique « plus beau point de vue de Jordanie ».

Marcher hors des sentiers battus, arpenter les temples et les tombeaux, flâner entre les rochers… Tout ça est possible à Petra, dans une grande liberté et pour des vues incroyables.

Petra

Petra

JOUR 8 : WADI RUM

Je quitte Petra avec Nicolas tôt le matin avec un couple espagnol pour toujours plus de partage des frais 😉 Nous avons rendez vous à l’entrée du Wadi Rum avec Majed, notre guide bédouin pour cette étape dans le désert. Il nous accueille chaleureusement, nous emmène chez lui pour le thé puis nous entrons dans le désert à bord de sa vieille Jeep.

Et là, on en prend plein la vue. Du sable rouge, de la roche rouge, un paysage incroyable. Le Wadi Rum est un petit désert, lieu de passage de Lawrence d’Arabie, terre des bédouins. Majed met l’ambiance dans la voiture, la liberté est le mot d’ordre. On boit le thé au milieu de nul part, on escalade des rochers, on danse dans ce désert silencieux, on marche dans le sable brulant.

Toute la journée, déjeuner compris, Majed nous a baladé dans le Wadi Rum avec sa joie et nous en avons pris pleins les yeux. Jusqu’au coucher du soleil, où nous sommes montés sur un rocher et avons contemplé le soleil couchant seuls au monde, face au désert.

Le diner et la nuit se passe dans un campement aménagé, avec des tentes. Je conseille vivement de sortir le matelas, de l’installer dans le sable, et de contempler les étoiles. C’est parfois avec pas grand chose que l’on vit les meilleurs moments…

Wadi Rum

Wadi Rum

JOUR 9 : WADI RUM – AQABA

Quel plaisir de se lever (même très tôt) dans le désert… De prendre un petit déjeuner sous la tente, toujours entouré par les formations rocheuses et le sable. Majed nous ramène au village pour prendre un thé chez lui. C’est là que Mathias, rencontré à Petra, nous retrouve !

Comme il est en voiture, nous roulons ensemble jusqu’à Aqaba, la pointe sud de la Jordanie, le seul port du pays. Apres les adieux avec Nicolas (que je recroiserai en Israel, mais je ne le sais pas encore) qui remonte en bus vers Amman, Mathias et moi nous rendons dans la baie au sud de la ville, où se trouve notre hôtel.

Aqaba, c’est le paradis des plongeurs. Le corail, les épaves et la richesse des fonds marins de la mer rouge en font un endroit idéal pour ça. Et donc pour la détente… Après plus d’une semaine de vadrouille intense à travers le pays, c’est que je fais. Etant donné qu’il fait 47°, les activités sont limitées, je me contente donc de profiter de la piscine de l’hôtel, où nous sommes seuls… De même au restaurant pour diner, nous étions les seuls clients.

JOUR 10 : AQABA – EILAT (ISRAEL)

Après (courte) réflexion, j’ai craqué pour l’excursion plongée, un incontournable quand on est ici. Etant donné que nous sommes les seuls touristes, le tarif est imbattable et nous avons un guide par personne. Le luxe 😉

On embarque en fourgon avec nos guides et le matériel vers un site de plongée tout près de l’hôtel. Briefing sur la plage sur le matériel, les conditions, les gestes, les attitudes à avoir. Nous plongerons une grosse demi heure et jusqu’à 10M de profondeur.

Mon moniteur s’appelle Captain Mahmoud, il me prend par la main jusqu’à ce que je sois sous l’eau ! Et sous l’eau, c’est magique, dès la première respiration par la bouche, ce qui se fait finalement très naturellement. Au milieu du corail, des poissons, l’épave d’un tank ! La sensation est incroyable, et même si j’avais une appréhension avant, elle a totalement disparue sous l’eau.

Aqaba

Aqaba

Dans l’après midi, mon paquetage fait, c’est l’heure de quitter les lieux et la Jordanie. Nous partageons un taxi avec Mathias, qui m’emmène à la frontière israélienne, que je traverserai à pieds… Mais ca, c’est une autre histoire 😉

[Lire l’article sur les bonnes adresses, les conseils et le budget en Jordanie]

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Road trip au Liban : l’itinéraire

Le Liban, bordé par la Méditerranée et traversé par 2 chaines de montagnes parallèles, semble suspendu entre ciel et mer. C’est ce petit pays mais pour autant plein de diversité que j’ai eu envie de visiter, en le parcourant avec les moyens du bord, seule (à lire : voyager seule au Liban quand on est une fille). Décrire le Liban est une chose vaine tant ce pays est riche et offre des contrastes surprenants. Le Liban ne se décrit pas, il se vit.

Pour vous donner envie à votre tour d’aller le parcourir, voici mon itinéraire d’une semaine aux quatre coins du pays.

JOUR 1 : Aeroport > Beyrouth > Ain El Kabou > Bsharre

Alors oui, ca fait beaucoup pour un seul jour. Mais dans les faits, je suis arrivée à l’aéroport dans la nuit puis j’ai « dormi » (3h…) à Beyrouth. C’est d’ici qu’au petit matin j’avais rdv avec Amine, Directeur Général de l’entreprise Mymoune. Nous avons pris la route des montagnes jusqu’au village Ain El Kabou, là où sont fabriqués les produits (confitures et sirops naturels de qualité) de Mymoune depuis sa création. J’y ai passé la matinée et ce fut une très belle entrée en matière du Liban (à lire : Mymoune, le gout du Liban traditionnel).
Amine m’a ensuite emmené déjeuner dans la marina de la baie de Jounieh, surplombée par Notre Dame du Liban. Je découvre les Mezze, spécialité libanaise qui est un ensemble de plats traditionnels à partager et à mélanger.
Puis 1ère expérience de déplacement « local », je monte dans un bus pour Bsharre, à environ 3h de route, dans la montagne. Pendant le trajet, je fais la connaissance d’Elie qui se propose d’être mon guide pour le lendemain.
Nuit chez l’habitant, dans une famille qui m’accueille bras ouverts avec de la citronnade maison. Il n’y a pas l’eau chaude mais j’ai le wifi 😉

JOUR 2 : Bsharre – Vallée Qadisha

Comme promis la veille, Elie vient me chercher pour me servir de guide dans la vallée Qadisha, ou vallée Sainte. Chrétien maronite, habitant de Bsharre, il me raconte l’histoire de cette région qui a servi de refuge aux patriarches pendant des siècles de persécution. Elle regorge de couvents et de monastères incrustés dans la roche, dans un cadre naturel préservé et classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Elie me conduit au monastère St Antoine, incroyablement greffé à la montagne, au milieu de la foret. Le calme et le silence donne à l’endroit un air de sainteté et de paix.
Puis visite du couvent St Elisée, construit dans une enclave rocheuse. Son eglise est taillée à même la pierre de la montagne, tout comme les cellules aménagées par et pour les ermites.
Randonnée dans la vallée, dans un silence apaisant, au milieu de la nature sauvage et grandiose. Au bout du chemin (1h30 de marche), Notre Dame de Qannoubin, un monastère qui a servi de résidence patriarcale maronite. Construite dans le creux du rocher, l’église compte une fresque remarquable du couronnement de la Vierge par la Trinité.
Après le chemin retour, je laisse Elie et m’en vais découvrir la foret des cèdres de Dieu, symbole du pays, qui compte des arbres millénaires.
Nuit à Bsharre, chez la famille qui m’accueille.

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JOUR 3 : Batroun – Byblos

Après un petit déjeuner traditionnel et dit au revoir à mes hôtes après 2 nuits chez eux, je prends le bus à la « station », sur la place de l’église principale de Bsharre. De la montagne à la mer, je m’arrete à Batroun. Ville portuaire fondée par les phéniciens, elle en garde l’emprunte. A voir donc, le mur phénicien se lequel se jettent les vagues et que l’on aperçoit depuis l’église Notre Dame de la Mer. Les autres sites sont le fort de Mseilha, le théatre romain (ou ce qu’il en reste), et l’église Estephan qui donne sur le port. Après m’être baladée/perdue au hasard des rues, nouveau bus pour Byblos, une étape touristique indispensable.
Il faut se promener dans le souk, quoi que très attrape touriste, jusqu’à l’église St Jean Marc, bâtie par les croisés et le vieux port pittoresque. Puis, consacrez 2h pour découvrir le fameux site antique qui se dresse face à mer avec une vue imprenable sur la baie, jusqu’à Beyrouth. Ce sont les restes d’une cité phénicienne, autour d’un château, d’un temple, d’un amphithéâtre romain et de sarcophages. Bref un condensé d’histoire de Byblos, où serait né l’alphabet. La vue depuis le toit du château est incroyable et reste un moment fort de mon voyage au Liban.
Fin de journée, retour à Beyrouth par le bus.

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JOUR 4 : Beiteddine – Réserve du Chouf

Bus matinal depuis Beyrouth pour le Palais de Beiteddine, chef d’œuvre de l’architecture libanaise. Attention, aucun bus direct, il faut indiquer sa destination au chauffeur qui vous lâchera à l’angle entre la route principale et celle emmenant au Palais. Le stop ou la marche est ensuite votre ami pour 2km. Beiteddine, c’est le Versailles du Liban, le Palais des Emirs, avec ses cours, ses fontaines, ses jardins et ses nombreuses pièces. Entre marbre, balcons, boiseries, vitraux et portes imposantes.
Puis direction Barouk (en stop) et la montagne du même nom pour aller dans la réserve naturelle du Chouf, qui couvre 5% de la superficie du Liban. C’est une zone importante pour sa densité de cèdres, la conservation des oiseaux et l’éco-tourisme. Je pars en montagne et pleine nature en randonnée pendant plus de 4h, profitant d’une vue sur toute la vallée. L’occasion de respirer à plein poumons et profiter de la quiétude des lieux donnant l’impression d’être seul au monde.
Fin de journée, retour sur Beyrouth en bus.

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JOUR 5 : Tyr – Saïda

Toujours en bus depuis la capitale, direction Tyr (Sour en libanais) au sud du pays. Cette ville portuaire maintes fois citée dans la Bible a rayonné sur toute la Méditerranée et fût la convoitise de Nabuchodonosor et Alexandre le Grand. Le site antique de la cité romaine offre quelques vestiges, mal préservés (on peut marcher sur les pierres…) et une allée de colonnes qui semblent se plonger dans la mer. Balade dans les rues de Tyr, du port jusqu’à la nécropole qui compte des sarcophages et un arc de triomphe donnant sur un hippodrome romain. Mieux vaut savoir avant où aller car personne ne vous l’indiquera. Je n’ai trouvé aucun habitant pour me renseigner ou savoir de quoi je parlais. Sachant que le site est à côté d’un camp de réfugiés palestiniens où il est interdit aux étrangers d’approcher, éclipsant l’aspect touristique de l’endroit.
Puis à nouveau en bus pour aller à Saïda (Sidon en libanais), un peu plus au Nord. Le vestige le plus significatif est le château de la Mer, datant des croisades, qui se dresse fièrement à l’épreuve des vagues à l’entrée du port. On parle aussi du château de la Terre, ou château St Louis, ayant été sa demeure lors de sa venue au Liban. Il n’en reste que la muraille, étouffée au milieu des barres d’immeubles. Voir aussi le Khan el Franj (caravanserail), le long des souks des artisants aux voutes médiévales, et la Grande Mosquée.
Reprise du bus pour retourner vers Beyrouth.

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Saida

JOUR 6 : Beyrouth

Après avoir vagabondé toute la semaine aux 4 coins du pays, je consacre une journée pour découvrir la capitale. Par chance, je suis logée (chez les Sœurs) dans le quartier central et animé de Hamra, je me balade donc qu’à pieds. Beyrouth, c’est la ville de tous les contrastes, la ville aux 1000 visages, dont celui encore visible, de la guerre. Bruyante, effervescente, sale dans certains quartiers, immaculée dans d’autres, entre marchands ambulants et boutiques de luxe, entre bâtiments délabrés et tours de verre miroitantes. A voir, la place de l’étoile, où il règne un calme plat du fait des barrages militaires autour qui empêchent toute circulation. A côté, l’église orthodoxe, qui fait face à l’église maronite, elle même à côté de la grande mosquée au magnifique dôme bleu. Il y a aussi le grand sérail, la promenade le long de la corniche Raouché (2km) jusqu’à la grotte aux pigeons, un immense arc rocheux qui sort de la mer. Le soir, la ville change de couleurs. J’ai découvert la nuit beyrouthine en allant au Music Hall, un club en extérieur au milieu des conteneurs, un des plus célèbres de la capitale notamment pour les stars locales qui s’y produisent. Mon cousin joue dans le brass band qui y anime les soirées 3 fois par semaine, alors j’en profite. Et c’est à guichet fermé.

Beyrouth

Beyrouth

JOUR 7 : Jezzine – Beyrouth

Au petit matin, je prends un bus pour Saïda, puis un taxi pour Jezzine (20LL), une des rares villes chrétiennes du sud Liban. Située à 1000m d’altitude, Jezzine est connue pour sa cascade (un filet d’eau plutot) de 40m, son artisanat (la coutellerie) et la statue de la Vierge qui domine la vallée à l’entrée de la ville. Jezzine est à flanc de falaise, ce qui offre une vue parfaite sur les villages alentours, la foret de pins pignons de Bkassine, la plus grande de Méditerranée, et les montagnes.
Retour à Beyrouth après des péripéties en stop, taxi et bus. Je profite de mes derniers moments au Liban pour tester la mer, dans laquelle je n’ai toujours pas mis un doigt ! Ne comptez pas sur les plages, il n’y en a pas. Ou alors mal fréquentées et sales. Pour pouvoir poser sa serviette en toute tranquillité et profiter d’une zone d’eau propre, je suis allée au Sporting Club. En plus des transats et de la piscine, se baigner dans la mer à côté du rocher aux pigeons est extra. Le cadre idéal jusqu’au coucher de soleil…
Mes aventures libanaises se terminent, et après un dernier diner de mezze, je file à l’aéroport.

Jezzine

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