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Bangkok : le guide de survie

J’ai passé une semaine dans la bouillonnante capitale thaïlandaise. Le dépaysement est total. À force de voyager, j’ai appris à m’adapter très vite à une ville, à observer puis m’approprier la manière dont elle bouge. Au Liban, un beyrouthien m’avait dit : « tu sais mieux te déplacement que moi dans mon propre pays ». Voici donc quelques conseils pour s’y retrouver et bouger à Bangkok comme un thaïlandais (et pas comme un touriste).

Prendre (tous) les transports locaux

Parce qu’il n’y a pas que le taxi dans la vie ! C’est beaucoup trop simple et pas très « backpacker ». Je suis toujours surprise de lire sur des blogs de voyage « en arrivant à l’aéroport, prenez un taxi » alors que d’autres solutions existent. En arrivant à Bangkok, la solution simple et économique, c’est « airport rail link », un train que l’on prend au sous sol, qui coute 40THB (1€) et vous amène au MRT (metro) en une quinzaine de minutes (arret : Makkasan) ou au skytrain (arret : Phaya Thai). Il faut acheter un nouveau billet lors du changement, le prix dépendant de la longueur de votre trajet. Bien sur, je vous recommande d’avoir préalablement choisi un logement situé proche d’un arret de metro ou de skytrain.

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Incontestablement, le transport le plus extra, c’est le bateau. Bangkok, bâtie sur un marais, vie au rythme du fleuve Chao Praya et de ses khlongs (canaux). Là encore, je vous recommande de choisir un hébergement proche d’un embarcadère, qui est en fait juste une plateforme qui tangue sur l’eau (parfois difficile à trouver). Pour aller voir les temples, découvrir le fleuve, aller au marché aux fleurs (Pak Khlong) ou dans le quartiers des centres commerciaux, le bateau public est LA solution. ATTENTION, sur le Chao Praya, plusieurs lignes circulent : prenez le bateau au drapeau orange fluo ! Il s’arrête à tous les arrêts, le trajet coute 14THB (0,36ct) et il faut payer quand on monte à bord uniquement. Le « contrôleur » secoue sans cesse un cylindre en métal pour se faire connaître, à vous de lui tendre la monnaie pour qu’il vous donne un ticket. Il existe des bateaux (drapeau bleu) appelés « tourist boat » qui font LE MEME trajet mais coutent 50THB ! A l’embarcadère, les rabatteurs du « tourist boat » (compagnie privée) vous diront que si vous voulez prendre un bateau, il faut payer avant de monter. Refusez ! Insistez sur le fait que vous prenez le « orange line », comme les locaux. Si vous voulez découvrir les khlongs sans vider votre porte monnaie en excursion privée en longboat (les rabatteurs demandent 2000 THB pour 1h30 de balade…), prenez le khlong sain express boat : au départ de l’embarcadère Panfa Leelard (en face du golden mount), une balade 18km pour attend à travers différents quartiers de Bangkok pour 20 THB ! Descendez à l’arrêt Pratunam pour vous retrouver au milieu des immenses centres commerciaux pour votre halte shopping.

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Le tuk tuk est aussi un moyen de se déplacer dans la ville, mais attention, ce transport traditionnel est plutôt devenu une attraction pour touristes. Sympa à prendre une fois, histoire de, mais plutôt sur une courte distance et en ayant bien négocié le prix avant. Il est possible que vous négociiez avec un type, et qu’il amène un de ses collègues pour vous conduire. A ce moment là, re confirmez bien le prix, pour éviter toute mésaventure.

Non, tu n’iras pas à Khao San Road

C’est LA rue des backpackers, là où tout est fait pour le jeune touriste en quête d’exotisme et de détente. Tous les guides recommandent cette rue, les blogs et les forums disent que c’est une étape non négligeable de Bangkok. Bien sur, la curiosité m’y a poussé. Et bien comme je le pensais (mais même pire) : ça n’a aucun intérêt. S’enchainent les bars, restau et magasins de fringues et souvenirs divers. Sauf que tout est plus cher qu’ailleurs. Bah oui, le touriste est un porte monnaie sur pates, c’est bien connu. Il n’y a que des occidentaux qui s’entassent là. Je ne comprends pas le concept d’aller s’héberger dans un quartier à touristes. J’ai déambulé une demi heure, déjeuner compris. Ce n’est ni là que vous ferez des affaires, ni ici que vous rencontrerez des locaux, et encore moins, le moindre intérêt culturel.

Manger dans la rue

Je pense que c’est le truc que j’attendais le plus de Bangkok. La street food thaïlandaise, j’en ai rêvé. Je n’ai jamais vu une telle vie dans la rue, tournée autour des stands de nourriture, où l’on mange toute la journée assis sur une chaise en plastique sur le trottoir, frôlé par les hordes de scooters. C’est exactement comme je l’avais imaginé. Je n’ai pas mis les pieds dans un restaurant en 8 jours, je n’ai mangé que ce qui m’a été préparé dans la rue au milieu de l’agitation. En fonction des heures, c’est le bal des chariots ambulants, qui servent à conserver et cuire les aliments, chacun bien compartimentés et près à être jetés au feu. Manger dans la rue, c’est gouter à la vie thaïlandaise, et à sa nourriture.

C’est incroyable ce qui sort de ces vieux woks en moins de 3 min. Je n’ai jamais négocié un repas, ni même demandé le prix avant de commander, tant il est déjà invraisemblable de payer si peu cher (ex : 40 THB, soit 1€, pour un Pad Thai – la spécialité thaïlandaise -). Pour des questions de santé et d’hygiène, je vous recommande de ne manger que la viande bien cuite, d’éviter les fruits et légumes crus, ainsi que les poissons (étant donné l’état du fleuve…) et ne pas boire le sirop ou le verre de glaçons souvent offert. Les âmes sensibles auront du mal avec la street food si elles regardent de plus près comment les plats sont préparés (notamment sur la conservation des produits frais) ou si l’odeur permanente de crasse et de pollution leur coupe l’appétit. Pour ma part, j’ai préféré ne pas me poser de questions 😉

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Risquer ta vie… en traversant la rue

Quand on voyage seule comme moi, on entend toute sortes de choses quand on part en Thaïlande : « c’est le pays du tourisme sexuel, c’est surement dangereux, il y a des pickpockets, il y a des risques de maladie graves… » Franchement, tout ça, c’est rien. Le vrai danger : traverser la rue. Plus d’une fois j’ai vraiment cru que j’allais y passer. Je vous dis ca en ayant un flash de moi au milieu d’un boulevard tournant la tête pour voir arriver une voiture en trombe, pas prête de s’arrêter, klaxonnant pour que je dégage, je recule d’un pas pour la laisser passer et c’est un scooter qui me frôle par derrière. PFIOU.

Déjà, je ne savais pas que l’on conduisait à droite en Thailande. Au début je me suis dit, il faut que je fasse attention à bien regarder du bon côté. Mais ça ne sert à rien car personne ne respect un hypothétique code de la route et ça arrive de tous les côtés ! Quand je dis tous, c’est que les scooters roulent en sens inverse des voitures en zig zaguant entre elles ! Sans parler des chariots ambulants (qui parfois continuent de cuisiner au milieu des voitures) et des mecs qui trimbalent de la marchandise sur leur diable ! Bref, ça déboule de partout. Au milieu de ce joyeux bordel, sachez qu’il n’existe pas de feux pour piétons, et que les feux pour voitures sont plus ou moins respectés donc quand tu dois traverser, réfléchis bien à ton coup. Les piétons n’existent pas, personne ne s’arrêtera. Ma technique (avoir manqué de me faire arracher une jambe) : rester derrière un thaïlandais et marcher dans ses pas au moment de traverser.

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Tomber malade à cause de la chaleur… et de la clim

Lorsque je suis sortie de l’avion qui m’a débarqué à Bangkok, j’ai senti comme un brutal étouffement, l’impression d’être dans un sauna. Un passager à côté de moi me dit « vous inquiétez pas, c’est parce qu’on est passé devant le réacteur de l’avion, et il envoi de l’air chaud ». OK. Sauf qu’en fait pas du tout : en sortant de l’aéroport, je me rends compte que c’est la météo normale… Le problème, ce n’est pas tant la température (33-34°), que l’humidité ! 75% d’humidité dans l’air, autant dire que sans bouger d’un pouce on transpire comme jamais. Le tout sous un ciel gris et pesant, sans le moindre vent. Rajoutez le fait de devoir porter un pantalon et une étole pour visiter les temples, et vous obtenez les conditions météo de l’horreur.  Du coup, la bonne idée des thaïlandais, c’est de bombarder de l’air frais à coups de clim et de ventilo dans le moindre espace fermé (métro, magasins, hôtels…). Sur l’espace d’un mètre, vous perdez 15°. Et comme ça, tout le long de la journée, vous passez de l’ultra chaud à l’ultra frais. Votre corps adore. Ou pas. Atchoum.

Le Bangkok d’en haut et le Bangkok d’en bas

Si on lève les yeux, on peut voir le train futuriste de la capitale, glisser au dessus des avenues bondées, vissé sur ses pilonnes de béton. Le skytrain, tube aérien sur-climatisé,  surf d’un quartier à l’autre de la ville, bien loin de la masse qui s’agglutine et de la pollution qui déferle plus bas. Comme si le bordel et les déchets n’existaient pas dans le monde merveilleux du skytrain. A certains endroits, on peut relier des rues juste par les chemins piétons en hauteur, sans avoir à poser le pieds sur les trottoirs, plus bas, où une thaïlande populaire s’est appropriée la rue. J’ai marché de longues minutes dans ces couloirs perchés, qui sont comme de véritables rues, avec des embranchements, des directions indiquées. Ces « couloirs » rentrent directement dans ces immenses temples de la consommation que sont les centres commerciaux thaïlandais.

Ainsi, sans toucher le sol, on peut arriver dans ces buildings dédiés au shopping mais où l’on peut aussi manger, boire, faire la fête et même dormir. En bas, c’est la jungle, entre les embouteillages et la foule qui ne peut marcher sur le trottoir à cause des vendeurs de rue et slalome entre les scooters. De nouveaux gratte ciels sont tout le temps en construction, pour voir toujours de plus haut le Bangkok populaire. Les constructions en béton s’élèvent, pendant que les marchés flottants traditionnels perdurent. D’en bas, dans le train rouillé et bruyant, on peut apercevoir en levant les yeux, toujours plus de pillons de bétons en constructions pour de nouvelles routes toujours plus hautes. A construire des routes sur les unes sur les autres, Bangkok pense éviter ce qu’il y a au sol ? La ville est saturée, bondée, étouffante et ne s’arrête jamais. Déplacer le problème de plus en plus haut n’y changera rien.

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